L’épilogue

lundi 12 avril 2010
par  BM

Le texte à étudier, Chapitre 11 de la Troisième partie

Un jour qu’il était allé au marché d’Argueil pour y vendre son cheval, - dernière ressource, - il rencontra Rodolphe.

[...]

Depuis la mort de Bovary, trois médecins se sont succédé à Yonville sans pouvoir y réussir, tant M. Homais les a tout de suite battus en brèche. Il fait une clientèle d’enfer ; l’autorité le ménage et l’opinion publique le protège.

Il vient de recevoir la croix d’honneur.

Les éléments à étudier dans cet extrait

- La phrase mystérieuse : « Il l’ouvrit et ne trouva rien. » Signification littéraire quant à la vacuité du personnage de Charles ? Rapport évident avec les remarques de Canivet lors de l’empoisonnement d’Emma.

- Une autre phrase mystérieuse : « Il aurait voulu être cet homme. » Désir rétroactif d’être un séducteur ? D’être aimé de sa femme ?

- L’ellipse narrative des derniers paragraphes, le raccourci, et l’usage des temps. Le résumé de toute l’affaire Bovary dans la phrase concernant Homais et sa légion d’honneur, comme si les aventures d’Emma et de Charles n’avaient servi qu’à cela : aboutir à la décoration d’un imbécile représentant la bêtise humaine dans sa splendeur.

- Homais décoré ! Un moyen de bien situer le passage, si l’on a une question sur Homais, est de remonter une page ou deux plus haut, et de partir de cette phrase, et des mots qui ont un double sens possible : « florissante », « fortuné », « hommes » :

« En face de lui s’étalait, florissante et hilare, la famille du pharmacien, que tout au monde contribuait à satisfaire. Napoléon l’aidait au laboratoire, Athalie lui brodait un bonnet grec, Irma découpait des rondelles de papier pour couvrir les confitures, et Franklin récitait tout d’une haleine la table de Pythagore. Il était le plus heureux des pères, le plus fortuné des hommes.

Erreur ! une ambition sourde le rongeait : Homais désirait la croix. Les titres ne lui manquaient point ».

Il faudrait aussi pouvoir montrer qu’une grande partie de ce chapitre final concerne Homais, ses idées pour le tombeau d’Emma, ses intrigues contre l’Aveugle, son succès professionnel (la pharmacie, le journalisme) et familial. Il faudrait montrer que pour Flaubert, cette caricature de la cuistrerie et de la bêtise représente l’essence même de la stupidité humaine, celle qui s’oppose à l’idéal tout en prétendant en avoir un (relisez II, 1 : « Mon Dieu, à moi, c’est le Dieu de Socrate, de Franklin, de Voltaire et de Béranger ! » ).

- Un mot-clé, issu du vocabulaire romantique : « C’est la faute de la fatalité ! » Retrouvez l’usage de ce mot par Rodolphe, lors de sa discussion avec Emma le jour des Comices, et dans la lettre de rupture. La fatalité s’appelle Gustave Flaubert.

- L’atmosphère vaguement érotique du jour de la mort de Charles (Recherchez les connotations des mots suivants : « feuilles de vigne », « jasmin », « cantharides », « effluves amoureux ») : ironie de Flaubert.

- Le résumé de la conversation entre les deux hommes : ironie de Flaubert, souvenir du discours des Comices (« parler culture, bestiaux, engrais »).

- La tonnelle où Rodolphe et Emma se donnaient rendez-vous : ironie de Flaubert, puisque Charles y est d’abord cocu, puis mort.

Cette tonnelle a déjà servi à revoir Léon, le jour où il est revenu à Yonville.

- Le réalisme des détails concrets : notion importante, souvenir peut-être de vos cours de seconde.

- Etc.

A poursuivre avec vos analyses personnelles.


Brèves

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vendredi 9 mai 2014

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Antigone relue ...

lundi 9 septembre 2013

Une réécriture irrespectueuse

Les boloss des Belles Lettres ont commis un nouvel attentat contre la majesté de l’écriture antique. C’est ici.

Essayez aussi la « Twittérature », pour voir.
La réécriture de Madame Bovary est savoureuse ... c’est ici.

12 années d’EAF en métropole

vendredi 21 juin 2013

- 2002 : ES-S Argumentation L Poésie
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- 2013 : ES-S Roman L Réécritures

Et pour la suite, voyez le site de Philippe Lavergne !

Lorenzaziccio en TL ...

samedi 16 mars 2013

Deux réécritures amusantes, mais irrespectueuses.
Zazie ici, Lorenzaccio .
Lorenzaziccio

Antigone, arts plastiques

samedi 16 février 2013

Des peintres contemporains ont représenté Antigone.
En voici une première de Claude Creach, une autre de Sylvie Reboulleau.
Caroline Jegouic, sur son blog, montre deux de ses œuvres, que l’on ne peut pas copier : Antigone et Le cri d’Antigone.
Une sculptrice contemporaine, Michèle Charron-Wolf, a réalisé une Antigone en terre cuite, un sculpteur, Fernand Pouillon, une Antigone en pierre de Bourgogne.

Réécrire : pourquoi ?

mercredi 19 décembre 2012

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