Rodolphe aux Comices

samedi 10 avril 2010
par  BM

Le texte à étudier, Chapitre 8 de la Deuxième partie

M. Lieuvain se rassit alors ; M. Derozerays se leva, commençant un autre discours. Le sien peut-être, ne fut point aussi fleuri que celui du Conseiller ; mais il se recommandait par un caractère de style plus positif, c’est-à-dire par des connaissances plus spéciales et des considérations plus relevées.

[...]

Rodolphe ne parlait plus. Ils se regardaient. Un désir suprême faisait frissonner leurs lèvres sèches ; et mollement, sans effort, leurs doigts se confondirent.

Les éléments importants à étudier dans cet extrait

- Le procédé d’entrecroisement des deux discours : celui du président du jury, M. Derozerays de la Panville (blabla endormant, clichés à la gloire de l’agriculture, morceaux de discours surnageant sur un bruit de foire aux bestiaux), et celui de Rodolphe (autre série de clichés à la gloire du cœur et des emportements sentimentaux). Notez bien qu’ici Emma ne parle pas, ne parle d’ailleurs plus jusqu’à la fin du chapitre.

- L’ironie de Flaubert qui fait tenir à Derozerays un langage mêlé de culture classique, de souvenirs d’Histoire, et de technique agricole. Cette ironie s’affirme dans le choix de juger le style des orateurs, ou de le commenter précisément. On pourra notamment relever :

« Le sien peut-être, ne fut point aussi fleuri que celui du Conseiller ; mais il se recommandait par un caractère de style plus positif, c’est-à-dire par des connaissances plus spéciales et des considérations plus relevées. » = Discours caractérisé par le contenu, non par la forme.

« Remontant au berceau des sociétés, l’orateur vous dépeignait ces temps farouches » = Discours descriptif et organisé selon une progression chronologique.

« M. Derozerays se posait ce problème. » = Discours délibératif fondé sur une question rhétorique, puisque l’agriculture est obligatoirement valorisée en cette occasion, et qu’elle est une solution.

« M. le président citait Cincinnatus à sa charrue, Dioclétien plantant ses choux, et les empereurs de la Chine inaugurant l’année par des semailles » = Discours appuyé sur des connaissances littéraires et historiques très éloignées de la réalité normande.

Les séries de phrases nominales ou de mots isolés contribuent à donner un aspect très concret à cet ensemble de propos.

- De son côté, le discours de Rodolphe a aussi ses caractéristiques, qui le rendent assez proche de celui du président du jury :

« Rodolphe, avec madame Bovary, causait » = On a une conversation dont le thème est plus important que le style.

« peu à peu, Rodolphe en était venu » = Le discours de Rodolphe aussi est construit, et il se dirige vers une déclaration en bonne forme.

« le jeune homme expliquait à la jeune femme que ces attractions irrésistibles tiraient leur cause de quelque existence antérieure » = Discours explicatif appuyé sur des croyances aussi vagues et lointaines que celles du président.

« Ainsi, nous, disait-il, pourquoi nous sommes-nous connus ? » = La question rhétorique n’a d’autre raison d’être que de justifier le discours amoureux, qui est aussi une solution aux besoins sentimentaux des jeunes gens.

Discours un peu moins concret, donc, mais Rodolphe ne se contente pas de parler, il regarde Emma de très près, et agit par sa présence physique.

- Le mélange de récit et de discours : Rodolphe parle beaucoup, agit peu, mais calcule tout, et on a le portrait en action d’un séducteur.

- Le ridicule des clichés amoureux utilisés par Rodolphe, dont l’addition devient incohérente : « rêves », « pressentiments », « magnétisme », « affinités », « attractions », « hasard », « fleuves », « charme », « souvenir », « ombre », « pensée ».

- Le comique verbal provenant de certains noms propres dans le discours officiel : « Lehérissé », « Cullembourg ».

Quand on regarde les brouillons, on voit qu’une page entière était consacrée à prévoir des listes de noms de famille, sans doute choisis parmi de véritables patronymes, mais aussi fabriqués avec des consonances normandes. Voici cette liste :

« Beaudoin, Leblond, Petit, Mr Massif, Bizet, Leherissé, Caudron, Papillon, Cullembourg, Suin, Lebourgeois, Huault, Turpin, Avril, Caron, Anquetil, Canu, Leplichey, Levavasseur, Belot, Pouiller, Dedessus la marre, Graindorge »

On voit que ces deux noms (qui appartiennent effectivement à l’onomastique de la région Normandie, avec des orthographes assez voisines) sont restés intacts du premier brouillon au texte final, aux côtés de : « M. Bizet, de Quincampoix, M. Caron, d’Argueil, M. Bain, de Givry-Saint-Martin, M. Belot, de Notre-Dame, Catherine-Nicaise-Elisabeth Leroux ».

On en vient à se demander si Flaubert n’a pas voulu faire un jeu de mots dans le genre de la contrepèterie.

- Un autre comique verbal provenant de l’entrecroisement : « Race porcine » juste après « votre pensée », et « Fumiers » juste entre deux phrases intéressantes : « Cent fois même j’ai voulu partir, et je vous ai suivie, je suis resté. » et « Comme je resterais ce soir, demain, les autres jours, toute ma vie ! »

Les mots « ce soir » sont une évocation directe d’une nuit avec elle, et le jeu des conjugaisons fait habilement passer Rodolphe d’un vague souvenir du passé à l’affirmation d’un souhait pour l’avenir. Le choix du conditionnel est une habileté supplémentaire, puisqu’il se place sous la dépendance du bon vouloir d’Emma, et qu’il se rapproche phonétiquement de la conjugaison du futur.

- Ces mots sonnent comme une interprétation des intentions et de la psychologie de Rodolphe, insulté indirectement par Derozerays ; c’est un fumier, un porc. Le discours amoureux devient ainsi un sous-discours, comme celui de Derozerays. Des morceaux de discours suffisent à le faire comprendre, et on rejoint ainsi le procédé de Flaubert, qui entrecroise et morcelle ces deux paroles parallèles et concurrentes.

- L’image de la « tourterelle captive », qui fait de Rodolphe un prédateur.

- Le cliché final, par lequel Flaubert semble lui-même aller au bout du ridicule romantique : « Un désir suprême faisait frissonner leurs lèvres sèches ; et mollement, sans effort, leurs doigts se confondirent ». On y trouve l’hyperbole de « suprême », la métaphore du frisson des lèvres et de la sécheresse, et l’hyperbole des doigts qui se confondent.

- Une référence obligatoire : Dom Juan de Molière, et particulièrement la scène 2 de l’acte I. Dom Juan est un guerrier, il conquiert les femmes, et tous les moyens lui sont bons. Ce passage de Molière peut aussi servir à discuter de la fin du chapitre 7 de la Deuxième partie.

Dom Juan

Quoi ? tu veux qu’on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu’on renonce au monde pour lui, et qu’on n’ait plus d’yeux pour personne ? La belle chose de vouloir se piquer d’un faux honneur d’être fidèle, de s’ensevelir pour toujours dans une passion, et d’être mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux ! Non, non : la constance n’est bonne que pour des ridicules ; toutes les belles ont droit de nous charmer, et l’avantage d’être rencontrée la première ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu’elles ont toutes sur nos cœurs. Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne. J’ai beau être engagé, l’amour que j’ai pour une belle n’engage point mon âme à faire injustice aux autres ; je conserve des yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les hommages et les tributs où la nature nous oblige. Quoi qu’il en soit, je ne puis refuser mon cœur à tout ce que je vois d’aimable ; et dès qu’un beau visage me le demande, si j’en avais dix mille, je les donnerais tous. Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l’amour est dans le changement. On goûte une douceur extrême à réduire, par cent hommages, le cœur d’une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès qu’on y fait, à combattre par des transports, par des larmes et des soupirs, l’innocente pudeur d’une âme qui a peine à rendre les armes, à forcer pied à pied toutes les petites résistances qu’elle nous oppose, à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur et la mener doucement où nous avons envie de la faire venir. Mais lorsqu’on en est maître une fois, il n’y a plus rien à dire ni rien à souhaiter ; tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillité d’un tel amour, si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre cœur les charmes attrayants d’une conquête à faire. Enfin il n’est rien de si doux que de triompher de la résistance d’une belle personne, et j’ai sur ce sujet l’ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits. Il n’est rien qui puisse arrêter l’impétuosité de mes désirs : je me sens un cœur à aimer toute la terre ; et comme Alexandre, je souhaiterais qu’il y eût d’autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses.

Pour approfondir votre lecture : une proposition de plan du chapitre entier

Le chapitre est composé de neuf mouvements successifs, alternant assez régulièrement des points de vue portant sur l’ensemble de la cérémonie et/ou sur le cas particulier Rodolphe-Emma.

- Première partie : du début jusqu’à « Aux Beaux-Arts ».
- Deuxième partie : jusqu’à « C’était un enjôleur, un rampant... »
- Troisième partie : jusqu’à « aussitôt, on se poussa, pêle-mêle, vers le village. »
- Quatrième partie : jusqu’à « complètement dénué de ce qui s’appelle le génie des arts. »
- Cinquième partie : jusqu’à « le fardeau de vos pénibles sacrifices ! ».
- Sixième partie : jusqu’à « leurs doigts se confondirent. »
- Septième partie : jusqu’à « en se penchant vers le notaire. »
- Huitième partie : jusqu’à « Et, s’étant salués, on se tourna le dos ».
- Neuvième partie : jusqu’à la fin du chapitre.

Analyse sommaire :

- Les deux premières parties évoluent d’une vision d’ensemble très large à un dialogue sur deux cas particuliers, à propos des Comices proprement dits, et légèrement en marge : ce sont les préparatifs de la cérémonie publique, avec deux points de vue opposés sur la fête qui se prépare. On y voit surtout la stupidité d’Homais.
- La troisième partie est une relation mouvante de deux autres cas particuliers, Rodolphe et Emma, qui se promènent à travers les Comices, circonstance et occasion de parler de tout et de rien : ce sont les préparatifs de la séduction. On y voit un mélange de bucolique et de réalisme grotesque, du fait des constants changements de direction opérés par les deux promeneurs, et du fait de leurs écarts par rapport aux mœurs campagnardes du reste du public.
- La quatrième partie est un retour à la vision d’ensemble, montrant le grotesque de la préparation des discours et de l’auditoire, mélange de récit et de description.
- Les cinquième et sixième parties montrent la relation assez statique de deux cas particuliers, à travers les discours des Comices et ceux de Rodolphe, en parallèle. C’est évidemment le sommet du chapitre, mélange de grotesque et de marivaudage.
- La septième partie est un retour à une vision de détail des Comices, par le récit et la description, gros plan caricatural. C’est une scène de genre, ironique et réaliste.
- La huitième partie est une vision d’ensemble des personnages, et aussi de la relation particulière de Rodolphe et Emma, à travers la fin de la cérémonie des Comices. C’est un passage d’analyse psychologique, ponctué par le grotesque des apparitions d’Homais, et c’est la véritable conclusion de Flaubert sur cette journée : les Comices sont terminés, l’amitié entre Emma est Rodolphe commence.
- La neuvième partie est un commentaire global, avec un recul de deux jours, selon le point de vue du pharmacien, sur les Comices considérés comme un objet essentiel à la vie du village, alors que l’aventure Rodolphe-Emma est complètement évacuée du résumé, épiphénomène invisible dans la foule. Homais devenu journaliste étale lui-même sa bêtise ... en croyant conclure, alors que Flaubert l’a déjà fait ... et en omettant tout ce que le romancier, par son regard omniscient, nous a montré : les parties 3-5-6-8. Ce compte-rendu est ridicule par son style, et surtout par sa péroraison sur les jésuites, et la certitude « qu’aucun événement fâcheux n’est venu n’est venu troubler cette réunion de famille. »

Interprétation et tentatives de conclusion :

- Le compte-rendu journalistique répète la moitié de ce que Flaubert a décrit et raconté, mais dans un autre style.
- Flaubert donne à lire le supplément de chacun des deux événements de la journée.
- Charles est absent de tout ...
- Flaubert montre que le manège particulier de deux individus noyés dans une masse est plus important que la cérémonie pompeuse, importante seulement aux yeux des grotesques, le maire, le capitaine des pompiers, le conseiller de préfecture, le président du jury, les paysans récompensés, le public, et Homais.
- Le mélange de grotesque et de "sérieux" est permanent, soit qu’il s’agisse de grotesque au premier degré (1-2-4-7-9), soit de grotesque au deuxième degré (3-5-6-8), car Rodolphe le séducteur est sérieusement caricaturé, de même qu’Emma la fausse naïve.

- Élargissement : Rodolphe est-il victime, ou bénéficiaire, de toutes les interruptions qu’il subit au cours de cette journée, dans sa marche d’approche d’Emma ? A vous de juger ...


Commentaires  (fermé)

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mardi 20 avril 2010 à 15h50, par  Julie P. et Lucie B.

- Dans cet extrait, il y a 2 discours résumés : celui de Rodolphe à Emma et celui de M.Derozerays au public des Comices.

- Le discours de Flaubert ou du narrateur sert à commenter, à critiquer le discours des 2 personnages.

- On peut y relever des éléments d’explication de texte :
« en était venus aux »,
« expliquait »,
« se posait ce problème »,
« citait »,
« on y voyait le rapport »,
« y tenait moins de place ».

- Flaubert décrit donc la forme des 2 discours.

- Il y a 2 thèmes : 1 concret (l’agriculture) et un sentimental.

- Grâce au vocabulaire du rapprochement entre deux corps, Rodolphe annonce son implication amoureuse. On a donc la mise en place du blabla de Rodolphe. A travers les mots « attractions irrésistibles » du vocabulaire scientifique, Rodolphe montre sa certitude de Don Juan, il est certain d’avance qu’il va séduire Emma.

- La mention de nombreuses sommes d’argent dans le discours du président fait penser que Rodolphe est en train de séduire, de faire céder Emma comme on marchande.

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mardi 20 avril 2010 à 15h50, par  Manon G. et Marie-Pierre S.

Le registre didactique accentue la position de Rodolphe de fin stratège.

- On a pu voir que Rodolphe, dans son discours à Emma, emploie un raisonnement argumentatif fondé, et ordonné, s’appuyant au départ sur un détail scientifique : le magnétisme.

- Flaubert employant le verbe expliquer pour caractériser ce discours de Rodolphe, on comprend qu’il s’agit là d’un discours didactique. En effet, il souhaite démontrer à Emma qu’il lui sera impossible de lui résister et qu’un amour réciproque est déjà prédestiné pour eux.

- Le registre didactique nous montre que Rodolphe est le maître de la situation, il a ainsi déjà tout calculé, tout manigancé.

- Comme il prend la position d’enseignant c’est lui qui explique le déroulement des choses à Emma et elle n’a d’autre issue que d’agir en élève appliquée croyant au raisonnement logique et organisé de Rodolphe.

- Il est ainsi un manipulateur et Emma se retrouve face à lui telle une proie, bien qu’elle soit pourtant d’une certaine manière consentante.

Marie-Pierre S. et Manon G.

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mardi 20 avril 2010 à 15h50, par  Cassandra P. et Clélie R.

- Le premier passage est constitué de deux discours résumés, ainsi que de la description et du discours du narrateur (Flaubert).

- Il sert à comparer les discours de Rodolphe et de Derozerays, à faire de l’ironie et un jugement de valeur. Il fait une critique du texte.

- Certains mots du texte nous montrent la forme des deux discours comme "expliquait", "se posait ce problème", "citait", "on y voyait le rapport", "y tenait moins de place" ; on observe ainsi que le discours tenu par Derozerays a pour thème la religion, l’agriculture, l’évolution historique de l’agriculture et la civilisation, tandis que le discours tenu par Rodolphe concerne le magnétisme, les rêves, les pressentiments, les attractions et les affinités.

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mardi 20 avril 2010 à 15h50, par  Julie N. et Jessica L.

- Flaubert résume le discours de Rodolphe comme un discours essentiellement sentimental. Rodolphe est tout de suite vu comme un séducteur. On peut voir qu’il utilise le vocabulaire du rapprochement pour séduire Emma, et non celui de la rupture.

- Rodolphe utilise un discours didactique lorsqu’il s’adresse à Emma, ce discours est argumentatif et contient des enchainements. Cela montre que Rodolphe est sûr de lui, il est certain de séduire Emma et que celle-ci sera séduite ("attractions irrésistibles").

Logo de Mélanie G. et Alicia T.
mardi 20 avril 2010 à 15h50, par  Mélanie G. et Alicia T.

Dans le commencement de l’extrait jusqu’à "antérieure", on constate la présence de discours indirect et narrativisé, de récit, de deux discours résumés de la description ainsi que la critique qui compare les deux discours, où Flaubert utilise l’ironie ainsi que les jugements de valeur.

- Il fait en quelque sorte un commentaire de texte du discours du Président ainsi que de celui de Rodolphe.

- Certains mots du vocabulaire de l’explication de texte mettent en évidence la forme des discours :

Rodolphe "expliquait" et le président "citait".

- Le contenu des deux discours est mis en évidence par leur thématique : Derozerays parle de la religion, de l’agriculture, de l’évolution historique ainsi que la civilisation.

- Rodolphe, quant à lui, évoque le magnétisme, le rêve, les pressentiments, l’attraction et les affinités.

- Ces deux thèmes sont opposés : en effet celui de Rodolphe est sentimental et donc abstrait, alors que l’autre est concret.

- Le vocabulaire de Rodolphe annonce l’affirmation amoureuse implicitement.
C’est donc la mise en place du "blabla" de Rodolphe.

- On s’aperçoit que Rodolphe utilise le vocabulaire du rapprochement pour s’approcher d’Emma.

- On constate un parallélisme entre son discours et celui Derozerays.
Le magnétisme , utilisé et venant de la médecine est un mot concret. On remarque alors un procédé à partir d’un détail scientifique.

- Rodolphe utilise une argumentation logique "expliquait", on a donc un discours didactique.

- "Affinités et attractions irrésistibles" manifeste la certitude du Don Juan de séduire Emma.

Logo de Anne-Pénélope K. et Virginie B.
mardi 20 avril 2010 à 15h49, par  Anne-Pénélope K. et Virginie B.

- Dans ce passage de Madame Bovary, Rodolphe tient un discours didactique à Emma. Le verbe "expliquer" est employé par Rodolphe qui se montre expert en matière d’amour.

- Il a une argumentation suivie, son discours fonctionne avec enchaînement :
rêves -> magnétisme -> affinités -> attractions.

- Par l’emploi du mot "irrésistibles" Flaubert montre que Rodolphe est certain d’avance qu’il séduira la charmante (ou pas) Mme Bovary.

- Cette construction et cet emploi didactique(s) permet(tent) donc à Rodolphe de montrer son assurance, son expérience.

Logo de Jeanne B. et Mathilde A.
mardi 20 avril 2010 à 15h49, par  Jeanne B. et Mathilde A.

- Nous pouvons voir que dans cet extrait que Flaubert fait un commentaire littéraire des deux discours de Rodolphe et du Président.

- De plus, les discours sont expliqués grâce à des mots ayant trait au thème de l’argumentation (comme "expliquait", "citait").

- Flaubert peut donc, grâce au discours du Président, faire une critique du discours de Rodolphe, et de son caractère de séducteur et bonimenteur.

- La critique est rendue possible grâce aux rapprochements faits par Flaubert lorsqu’il entrecroise les discours de Rodolphe et du Président.

- Les exemples flagrants sont "Fumiers", qui semble s’adresser à Rodolphe, ou les noms "Cullembourg" et "Lehérissé" qui sont des contrepèteries grivoises de Flaubert, et qui peuvent être rapprochées du discours de Rodolphe, qui reflète essentiellement son attirance physique pour Emma (exemple du magnétisme).

- Nous avons donc affaire à une critique d’un Dom Juan par une dévalorisation du discours de Rodolphe.

Logo de Aloïs R.
mardi 20 avril 2010 à 15h48, par  Aloïs R.

- Dans la première partie de ce passage Flaubert fait un résumé du discours des 2 personnes. Il fait ainsi un commentaire de texte.

- Les thèmes des deux discours sont très différents : il y en a un de concret, celui de Derozerays, et un sentimental, celui de Rodolphe.

- Ces deux thèmes sont liés par le "magnétisme", ils parlent tous deux d’attirance.

Ce passage est une mise en place du boniment de Rodolphe qui utilise le vocabulaire du rapprochement pour se rapprocher d’Emma.

Logo de Marylène & Joséphine
mardi 20 avril 2010 à 15h48, par  Marylène & Joséphine

- Pour illustrer le phénomène de "l’attraction amoureuse", Rodolphe utilise un vocabulaire qui annonce implicitement le discours amoureux.
Il imite le discours de Derozerays en partant d’un terme scientifique et médical (ex : magnétisme) pour appuyer l’argumentation.

- Ce vocabulaire scientifique de rapprochement sert à approcher Emma.

Rodolphe adopte le statut de séducteur et tient un discours didactique.

Marylène D. & Joséphine M.

Logo de Baptiste F. et Alexandre S.
mardi 20 avril 2010 à 15h47, par  Baptiste F. et Alexandre S.

- Il y a 3 discours :

Celui de Rodolphe
Celui de Derozerays
Celui de Flaubert

- Flaubert compare les deux discours de Rodolphe et de Derozerays. Il effectue une critique, un commentaire de texte du discours du Président.

- Le contenu des deux discours est différent :

Derozerays parle de Religion, d’agriculture, et de l’évolution historique de l’agriculture. Il parle également un peu de civilisation.

Rodolphe parle de magnétisme, de rêve, de pressentiments, d’attraction et d’affinité.

- Il y a donc deux thèmes : Un thème concret pour Derozerays (agriculture) et un thème sentimental pour Rodolphe (rêve).

- Le vocabulaire de Rodolphe annonce implicitement l’affirmation amoureuse. Il utilise le vocabulaire du rapprochement pour se rapprocher d’Emma.

Logo de Julien B. et Andréï G.
mardi 20 avril 2010 à 15h46, par  Julien B. et Andréï G.

- Le thème du discours de Derozerays est concret il s’oppose au discours sentimental de Rodolphe.

- Parallélisme entre les 2 discours.

- L’adjectif "irrésistible" montre que Rodolphe sait qu’il va réussir : cela met en valeur l’attitude de dragueur de Rodolphe.

- Les 2 discours entrecroisés sont un moyen pour dévaloriser le discours sentimental de Rodolphe.

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- 2004 : ES-S Théâtre L Épistolaire
- 2005 : ES-S Poésie L Théâtre
- 2006 : ES-S Argumentation L Poésie
- 2007 : ES-S Argumentation L Biographique
- 2008 : ES-S Roman L Roman
- 2009 : ES-S Théâtre L Théâtre
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En voici une première de Claude Creach, une autre de Sylvie Reboulleau.
Caroline Jegouic, sur son blog, montre deux de ses œuvres, que l’on ne peut pas copier : Antigone et Le cri d’Antigone.
Une sculptrice contemporaine, Michèle Charron-Wolf, a réalisé une Antigone en terre cuite, un sculpteur, Fernand Pouillon, une Antigone en pierre de Bourgogne.

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