Sémio-poétique

Sémio-poétique du carré (extraits)
mardi 4 avril 2017
par  BM

Une des "bonnes pages" de l’ouvrage de Herr M.C. ALDEBARAN, Untersuchungen über die theoretische Dichtkunst, Berliner Universität, 1996.

Angle droit (L.E.P.)  [1]

- L’angle droit, l’angle droit, l’angle droit, l’angle droit !

Ce monostiche anonyme (L.O.P.E.)  [2] sans doute dû à un disciple inspiré de Mallarmé  [3] et/ou de Brassens  [4], est l’un des rares exemples d’un mètre assez difficile, le vers carré, et plus précisément ici l’alexandrin carré à rime masculine interne, qui obéit aux règles suivantes :
4 côtés égaux
4 angles droits
structure autonome sans rejet ni enjambement.

Le « côté » (L.G.P.G.)  [5] correspond à la notion de « mesure » (L.O.P.E.), la notion « égalité » (L.G.P.G.) correspond à la notion d’égalité numérique syllabique (L.O.P.E.) et peut déboucher, asymptotiquement, sur une notion d’égalité numérique typographique ou caractérielle (S.M.I.G.)  [6] : mesure centimétrique, millimétrique, ou dénombrement des caractères typographiques, voire des points d’impression Mac Intosh.
Mais on ne fera jamais entrer en ligne de compte la ponctuation, puisqu’elle ne se prononce ni ne s’entend dans la plupart des cas, mais permet simplement de marquer les reprises de souffle sémantiques (L.O.P.E.) ou les bifurcations angulaires (L.E.P.).
On classifie ordinairement les variétés de ce mètre en grandes catégories.

Les vers carrés, de métrique régulière interne, ou iso-endomètres (L.G.P.G.)

- Quatre-vingt-dix degrés, quatre-vingt-dix degrés, quatre-vingt-dix degrés, quatre-vingt-dix degrés !

Tétra-icosyllabe carré à rime masculine interne (L.E.P.)

- π/2, π/2, π/2, π/2 !

Alexandrin carré parfait (L.G.P.G.), et qui offre l’intérêt de poser, littérairement et a-littéralement, le problème de la quadrature du cercle  [7] avec beaucoup plus d’élégance que les élucubrations médiévales.

- Cent grades, cent grades, cent grades, cent grades !

Hendécasyllabe carré à rime féminine interne (L.G.P.G.), cas intéressant de vers impair à 4 mesures égales, grâce à la loi du e muet.

- π/2 radian, etc. (x 4) !

Icosyllabe carré à rime masculine interne (L.G.P.G.)

Les vers carréoïdes (B.O.P.)  [8], de métrique irrégulière ou aléatoire interne, ou chao-endomètres (L.G.P.G.), ou de métrique régulière sémio-asymptotique, ou crypto-mètres (L G.P.G.)

Ces formes restent peu tolérables aux yeux des Purotins  [9] (S.S.P.E.)  [10], bien que les Puritains  [11] (S.S.P.N.E.)  [12] les souffrent.

- Sans grade, un angle droit, π/2 radian, 90° !

Octodécasyllabe (L.G.P.G.) à 4 angles droits et 4 côtés inégaux, au rythme typiquement essoufflé (3 syllabes, puis 4, puis 5, puis 6) évocateur de la précipitation mentale d’un apprenti géomètre faible en orthographe lors d’une I.E.R.  [13] (S.E.N.)  [14].

- Droit, Carré, Orthogone et Perpendiculaire !

Alexandrin sémantico-carréoïde (L.G.P.G.L.)  [15], mais non-euclidien et non non-euclidien, dont le rythme évoque la marche triomphale et majestueuse d’un esprit élevé qui vient de découvrir le tracé d’un carré.

- Coin Coin Coin Coin !

Tétrasyllabe carréoïde iso-auto-holorime (L.A.P.G.)  [16] à rime masculine interne.

- π/4, un angle droit, π/4 encore !

Alexandrin triangulaire carré à rime féminine (L.E.P.), dont le rythme symbolise la construction du triangle rectangle, en rappelant la loi du carré de l’hypoténuse, puisque ses 3 mesures (L.O.P.E.) représentent exactement les dimensions des côtés du plus petit triangle rectangle constructible en nombres entiers (L.G.G.)  [17] : 3 – 4 – 5, et contiennent sémantiquement les trois angles d’un triangle rectangle isocèle, dans l’ordre canonique  [18]. La majesté ascendante du rythme, ainsi que la césure inhabituelle, en font sans conteste l’un des plus beaux vers dorés (L.E.P.) de la pédagogie (S.E.N.) mathématique (L.G.G.).

Les strophes carrées, ou carréoïdes, à structure régulière bi-directionnelle, ou iso-polymètres (L.G.P.G.), ou poly-iso-endomètres (L.G.P.G.L.).

- L’angle droit,
L’angle droit,
L’angle droit,
L’angle droit.

- π/2
π/2
π/2
π/2

Strophes carrées, ou carréoïdes selon les imprimeurs S.S.P.E., de trisyllabes auto-holorimes à rime masculine riche (L.G.P.G.).
Typographiquement (S.M.I.G.) cette strophe, pour être strictement carrée et non plus carréoïde, doit occuper (aussi bien pour les Purotins que les Puritains) [19] la forme visuelle exacte d’un carré : le découpage aux ciseaux (B.O.P.), ou au cutter (B.O.P.) ou au massicot (B.O.P.) en limite typographique (S.M.I.G.) est un carré de papier blanc (s’il est regardé à l’envers). Pour ce faire, le nombre linéaire (S.M.I.G.) horizontal de points d’impression de chaque vers, qu’il soit auto-holorime ou hétérorime, augmenté des points virtuels occupés par les espacements, doit être égal à la somme colonnale verticale (S.M.I.G.) des points d’impression augmentée des points virtuels occupés par les interlignes. Au pis aller, on fera un rectangle. Mais les Purotins, décidément plus dogmatiques que les Puritains, qualifient ce genre de strophe de figure pauvre.

- Coin !
Coin !
Coin !
Coin !

Strophe carréoïde (L.A.P.G.) de monosyllabes auto-holorimes à rime masculine.

Herr M.C. ALDEBARAN
Untersuchungen über die theoretische Dichtkunst, Berliner Universität, 1996.
Traduit de l’allemand par B.H.L. Arman-Cardère.

Note du traducteur

Herr M.C. Aldebaran, le célèbre sémioticien westphalien, descendant lointain du Docteur Ralph Pangloss, a ambitionné de recenser la totalité des formes poétiques, existantes, révolues, ou à venir, et d’étudier les plus infimes variations sémantiques de leurs règles, de leurs acceptions, de leurs dogmes. Ne reculant devant aucune difficulté logique, avec un sens de la synthèse et un syncrétisme jamais égalés, il a su faire la part belle aux plus secrètes écoles poétiques, marginales, hérétiques, ou connues d’un petit carré de fidèles. L’appétit de connaissance des lecteurs ne sera donc jamais frustré.

N.B. Le passage choisi pour la publication en langue française n’est que la 2ème partie de l’entrée Vers Géométriques, dans le volume 13 de ses Recherches… Une première partie, Angle Aigu, est en cours de traduction. Elles conviennent parfaitement au public français car Herr M.C. Aldebaran y traite de formes versifiées qui parlent à l’inconscient poétique francophone, nourri de Victor Hugo et des Fables de La Fontaine.

Revue de Sémio-Poétique Géométrique.


[1] (Langage Euclidien Poétique.)

[2] Langage Ordinaire Poétique Élémentaire.

[3] “Il roule par la brume, ancien et traverse
Ta native agonie ainsi qu’un glaive sûr ;
Où fuir dans la révolte inutile et perverse ?
Je suis hanté : l’azur, l’azur, l’azur, l’azur ! ”.
Dernière strophe de L’Azur, in Du Parnasse Contemporain, 1864.

[4] “ Je suis hanté : le rut, le rut, le rut, le rut ! ”.

[5] Langage Géométrique Poétique Général.

[6] Système Mac Intosh Général.

[7] En effet, π/2, etc. (x4) offre la perfection de la circularité, puisque sa lecture peut être palindromique, continue (en boucle), ou aléatoire (commençant à n’importe quel angle du carré). Et puisque du point de vue sémantique il tourne un peu en rond (B.O.P.) (voir note 8), son côté (L.G.P.G.) est son rayon (L.E.P.). Il ne reste plus alors qu’à démontrer, de façon non-euclidienne, que l’aire (S.E.N.) de cet alexandrin carré (π/2)2 est égale à l’aire (S.E.N.) de l’alexandrin circulaire (π x (π/2)2), c’est-à-dire que π = 1. Ensuite, on règle la question de l’égalité des périmètres (N.E.P.), ou circonférences (B.O.P.) : celle de l’alexandrin carré est égale à 2π, ce qui est d’ailleurs la somme de ses angles ; celle de l’alexandrin circulaire est égale à π x 2π/2, soit π2. Si 2π = π2, π = 2. Le système est cohérent de manière interne, bien qu’il ne soit ni euclidien, ni Non-Euclidien Superficiel : il est Non-Euclidien Périmétrique : cf. l’emploi du système N.E.P. à propos de la figure rhétorique Ellipse, vol. 5, et l’emploi conjoint des systèmes S.E.N. et N.E.P. à propos de la figure rhétorique Parallélisme, vol. 10. Voilà des pistes à suivre en sémio-poético-géométrie. Quant à la sémio-poético-analyse, encore naissante, voir les débuts d’analyse théorique à l’entrée Dérivative (Rime), volume 4.

[8] Basique Ordinaire Prosaïque.

[9] Les Académiciens, Puristes, Versificateurs.

[10] Système Socio-Poétique Euclidien.

[11] Les Rimeurs, Rimailleurs, et Versificateurs.

[12] Système Socio-Poétique Non-Euclidien.

[13] Interrogation Ecrite de Révision.

[14] Système Education Nationale.

[15] Langage Géométrique Poétique Général Libéré.

[16] Langage Architectural Poétique Général.

[17] Langage Géométrique Général.

[18] Un angle de 45° de A vers B, un angle de 90° en B, un angle de 45° de C vers A.

[19] Pour une fois les dogmatismes intégristes se rejoignent.


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dimanche 3 septembre 2017

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