Théophile Gautier, La Montre.

vendredi 23 janvier 2015
par  BM

Une réflexion légère sur un texte léger, en lecture complémentaire d’un corpus sur le temps et sa mesure.

La métaphore de la montre et de son mouvement qu’il faut remonter occupe presque tout le poème de Gautier. Bien évidemment, il s’agit d’une réflexion sur la question du temps, de son écoulement, et la vie, qui s’écoule aussi.
Mais le poème s’écoule, lui aussi, et il se trouve fini alors que le temps ne s’arrête pas.
Il faut donc essayer de trouver des outils de lecture de ce poème, afin d’en tirer ensuite un parcours de lecture.

Organisation de la réflexion collective, ou fractionnée

- 1°) Mise en route du travail : trois questions pour faire émerger des remarques formelles à exploiter ensuite dans un commentaire.

- De quoi parle le récit ?
- Qui parle ?
- Comment comprendre la chute des deux derniers vers ?

- 2°) Recherche méthodique :
Recenser et éventuellement classer tout le vocabulaire de l’horlogerie, les expressions et images qui montrent strictement la répétition, à la manière dont l’heure se marque de façon circulaire sur un cadran.
Relever et classer les détails descriptifs qui permettent de représenter une image de la montre et d’autres instruments de la mesure du temps.

« Montre,
aiguille,
heure,
pendule,
timbre,
coups,
cadran solaire,
doigt,
chemin,
ombre,
clocher,
chiffre,
beffroi,
clef,
ressort,
balancier,
cercle,
cadran,
couvercle,
pulsation,
vibration,
remonté. »

- Approfondir :
À combien de champs lexicaux ces divers éléments appartiennent-ils ?
Horlogerie, architecture religieuse et civile, mécanique, biologie ?
Autres hypothèses ?
Comment ces domaines se recoupent-ils ?

- Approfondir :
Tous ces éléments sont-ils usuels dans la poésie, ou certains sont-ils triviaux ?

- 3°) Recherche méthodique :
Le corps et l’esprit du narrateur-poète. Est-il très présent dans le poème ?

« je regarde
mes yeux distraits
me raille
m’indiquant
se moquer de moi
Je n’ai pas
je ne vois plus
C’est bien de moi !
je chevauche / L’Hippogriffe
Mon corps sans âme se débauche
je dormais »

- Remarque complémentaire : quelques autres éléments se rattachent à ce relevé, mais ne peuvent être attribués directement au poète, et un long passage s’avère assez ambigu :

« Et le temps, l’oreille au couvercle,
Cherche ce cœur qui remuait ;
Ce cœur que l’enfant croit en vie,
Et dont chaque pulsation
Dans notre poitrine est suivie
D’une égale vibration,
Il ne bat plus, mais son grand frère
Toujours palpite à mon côté. »

- Approfondir :
Qu’apporte le développement sur les croyances de l’enfant à propos du mouvement horloger, et à propos du rapport entre le bruit du cœur et celui d’une montre ?
Quelle tonalité se dégage de cette interférence entre le concret, voire le mécanique ou matériel, et le psychologique, ou l’émotionnel ?

- 4°) Nouvelle recherche :
Y a-t-il des caractéristiques humaines, ou animales, qui soient attribuées au mécanisme de la montre ?

« L’aiguille au même endroit se montre
La figure de la pendule / En rit
le timbre d’argent module
Le cadran solaire me raille / en m’indiquant
Le clocher avec ironie / Dit le vrai chiffre
le beffroi [...] / A l’air de se moquer de moi
la petite bête est morte
cadran muet »

- Approfondir :
Quel lien s’établit entre le poète, narrateur, et les objets qu’il décrit : une montre, une horloge d’église ou de beffroi, un cadran solaire, le temps qui passe ?

- 5°) Recherche finale :
Comment comprendre le passage qui évoque la rêverie du poète, et comment le rattacher au thème du temps qui passe ?
Quels éléments poétiques appartiennent à des lexiques, des thèmes, entièrement étrangers aux thèmes de l’horlogerie, du corps humain, de la vie physique ?

« qu’un papillon d’acier
L’Hippogriffe
pays du Bleu
corps sans âme se débauche
Dieu »

- Quel registre se dégage de cette irruption insolite ?

- 6°) La construction métaphorique et poétique :
Par quelles étapes se fait-elle ?
Par quels glissements ?
Comment ces glissements prennent-ils un sens presque symbolique ?
La versification est à examiner : mesure des vers, système de rimes, rythmes et cadences, sonorités expressives, etc. On y trouvera sans doute la trace de l’esprit “artiste” de Gautier, sa volonté de faire entendre le sens du texte.


- Et ensuite ?
On peut en rester là, et appliquer la tentative à d’autres textes de la rubrique.
On peut tenter une présentation orale du poème, ou la construction d’un plan de commentaire ?
Tout cela peut se faire par le biais d’un message de forum, ci-dessous.
- Le poème de Gautier peut être trouvé sur Internet, notamment ici.
- La première image du logo a été retaillée d’après une planche de gravures du XIXème siècle, celle-ci faite d’après une photo de Gautier par Nadar, vers 1850.


Documents joints

Théophile Gautier, La Montre
Théophile Gautier, La Montre

Brèves

Madame Bovary au cinéma

lundi 25 mai 2015

Pour compléter l’article 39, qui se contentait de quelques pistes autour du film de Claude Chabrol, allez voir la webographie du réseau CANOPÉ sur ce sujet.

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