Le réalisme dans Lorenzaccio

mercredi 29 mai 2013
par  BM

Question à 12 points :

Une réflexion théorique et générale sur la pièce de Musset.
- Qu’est-ce qui fait le réalisme de Lorenzaccio  ?

Quelle problématique conviendrait le mieux ?
- Question de nature plus analytique, recensement d’indices construits en progression ?

- Rapide délimitation de termes acceptables :
Réalisme et vraisemblance ?
Réalisme et fidélité à l’Histoire : l’assassinat du duc de Florence par son cousin ?
Réalisme n’est pas naturalisme.
- Une concession / antithèse :
ce n’est pas vraisemblable, ce n’est pas jouable, mais c’est pourtant une reconstitution d’un fait historique réel et précis.
- Élimination des remarques dangereuses et stériles :
Musset a inventé des personnages, avancé de onze ans la mort de Lorenzo, modifié les âges, les statuts ;
il commet des anachronismes ;
et il représente aussi bien la société de 1834 que celle de 1537.
Ces derniers arguments ne constituent pas un raisonnement assez fort pour nier le réalisme.

- Recensement préliminaire :
Présentation théorique ou illustrée de ce qui est réaliste, ou de ce qui donne un peu de réalisme, en commençant par les indices les plus évidents, et peut-être les moins probants aussi :
Présence du peuple ?
Mouvement, tableaux variés, présence de la ville de Florence (église, place, marché, couvent, palais, salles familiales, chambre de Lorenzo, terrasse, etc.)
Onomastique italienne et fidélité à l’histoire ?
Reprise de George Sand et de Varchi, simple scénario de drame romantique avec des bases vérifiées.
Ce premier argument ne doit pas être trop développé, et mène sans doute à une impasse.
- Le choix de ne pas respecter la règle de temps ou d’action ou de lieu donne tout de même une plus grande vraisemblance.

- Analyse plus approfondie : la question des intrigues
- L’existence de plusieurs intrigues, à la différence du théâtre classique, donne mieux l’impression de la vraie vie.
Rien n’est simple ou schématique, ou univoque, ou caricatural, et l’imbroglio entre ces intrigues, le fait que l’une agit sur une autre, et ainsi de suite.
Intrigue Cibo, à base sentimentale et prolongement politique et familial ; si la Marquise réussit, le meurtre aura une justification de moins ; si le cardinal réussit, Alexandre sera moins protégé.
Intrigue Strozzi, à composante clanique, avec de fortes personnalités, des sentiments violents (vengeance, honneur, sens de la famille), à prolongements politiques, à ramifications du fait de l’amitié entre Philippe et Lorenzo.
Intrigue criminelle et tyrannicide, à composante fortement émotionnelle, sentimentale, voire psychanalytique, sorte de catharsis pour Lorenzo, mais purement politicienne aux yeux des républicains et du cardinal.
Ce qui fait le réalisme aussi, c’est la solidité de l’intrigue principale, et le lecteur/spectateur s’y implique.

- Suite de l’analyse : les caractères et les idéologies
- La complexité de certaines psychologies, qui empêche le manichéisme psychologique tout bon / tout mauvais, est une marque plus forte de réalisme, assez proche du réalisme romanesque du XIXème siècle : roman d’analyse, théâtre d’analyse.
La possibilité d’une interprétation axée soit sur la pure politique, soit sur la psychologie ou la psychanalyse, soit sur la sexualité et ses difficultés, ses ambiguïtés, permet une introspection du lecteur / spectateur, et rend les questions morales ou existentielles de Lorenzo très crédibles, son abattement ou ses feintes exultations aussi.
L’acte III, scène 3, est à cet égard un passage fondamental.

- On trouve aussi dans Lorenzaccio des réflexions assez précises sur des notions politiques et sociales compréhensibles, dans lesquelles les vertus traditionnelles (honneur, héroïsme, passion) et le destin entrent très peu en jeu :
une famille veut venger la mort de sa fille ;
un frère veut empêcher l’enlèvement de sa sœur ;
des hommes de main ou gardes du corps protègent le Duc dans ses agissements ;
des étudiants manifestent contre un pouvoir autoritaire ;
des citoyens manifestent leur haine de l’occupant étranger ;
des commerçants disent leur goût pour la stabilité politique et économique ;
Etc.

- Et surtout (retour aux pistes laissées de côté volontairement) c’est une histoire transposable :
on peut y lire la France de 1834 ;
on y retrouve les caractères et les comportements typiques (clichés ?) de la Corse ou de la Sicile éternelle, avec maffia, clans et règlements de compte ;
certains metteurs en scène y ont vu l’Occupation allemande en France ;
on peut y lire aussi la bisexualité, le lien Éros / Thanatos, le désir de mort, qui deviennent sur scène des entités concrètes et non des notions abstraites, morales, intellectuelles du théâtre classique.

- Essai de conclusion :
On peut juger que cette pièce possède une valeur émotionnelle qui augmente l’impression de réalité, par sa richesse et le nombre des directions dans lesquelles elle peut toucher ou agir.

Pistes à compléter, illustrer, infirmer, sous forme de messages de forum ci-dessous.


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