Le personnage du duc

mercredi 29 mai 2013
par  BM

Question à 8 points

Un personnage et un aspect particulier de Lorenzaccio .
- Alexandre pourrait-il être un personnage doté de valeurs qui emportent l’adhésion du spectateur ou du lecteur ?

Quelle problématique conviendrait le mieux ?
- Raisonnement thèse-antithèse, avec commentaire final sur l’intérêt d’une ambiguïté par rapport à l’idée d’un personnage d’une seule pièce.

- Thèse : certes Alexandre est un monstre, un brutal, un sanguinaire, un débauché, un bâtard, un tyran, un macho, et il représente le mal absolu (?).
Pour chacune de ces "accusations", un appui sur le texte, une scène, une réplique, et une petite synthèse provisoire :
est-il un usurpateur ? C’est difficile à prouver, mais Lorenzo aurait pu devenir Duc, et Alexandre ne l’est que parce que fils (supposé ?) du pape ;
il lui arrive de tuer ;
il s’appuie sur Giomo et ses gardes du corps pour faire régner une sorte de terreur sur la cité ;
il aime le vin, les femmes, il en fait une consommation effrénée, et ne recule pas devant la violence, le rapt, l’achat ;
son infidélité ne le gêne pas, il ne tombe pas amoureux des femmes, il les désire, c’est tout, et veut les faire céder ; il souhaite se débarrasser de sa liaison avec la marquise Cibo, qui l’ennuie parce que trop politique, et se moque complètement des sentiments de Ricciarda ;
certaines ambiguïtés le feraient taxer d’homosexualité (voir certaines mises en scène), ou de bisexualité, ce qui ne le discrédite pas nécessairement aux yeux de sa cour et de sa société.
Donc Alexandre est bien un monstre, détesté d’ailleurs mais craint, donc respecté.

- Antithèse : c’est un homme politique, conscient de sa situation de bâtard, conscient de ses responsabilités vis-à-vis de l’impôt, du calme public, conscient qu’il est le jouet de la papauté et de Charles Quint, mais aussi conscient de l’incapacité des républicains à agir, donc un homme de pouvoir efficace, méfiant et qui sait espionner les adversaires ;
il sait donc louvoyer et se maintenir au pouvoir ;
d’autre part, il a des qualités de courage personnel, de la force physique, il incarne la puissance masculine, c’est donc une sorte d’idéal un peu grossier, mais solide ;
il est inusable, même ivre, il aime la chasse, l’escrime, l’exercice physique ;
il a aussi du courage politique devant ses courtisans, il ne mâche pas ses mots, il ose affronter ses adversaires, dire des mots forts au cardinal Cibo, à sire Maurice ;
il a le sens de l’honneur, du déshonneur, notamment lors de la scène de l’épée, et montre une vraie fierté ;
il est capable d’ironie intelligente, face à Venturi et Bindo par exemple ; il a parfois de belles répliques, violentes mais bien envoyées ;
il aime la vie, la chanson, la convivialité : bal masqué, fêtes en tout genre ;
enfin, il a des qualités humaines : il aime réellement Lorenzo, il est capable de compassion, de confiance et de dévouement.

- Concession / transition : certes il est naïf, mais il faut dire que Lorenzo est un redoutable menteur, qu’il a su se faire un masque par l’imitation de son cousin.

- Analyse de deuxième partie : donc Alexandre n’est pas un homme totalement mauvais, et de toute manière, c’est intéressant car cela donne de la consistance à la pièce.
- En effet, même si on sait assez vite le projet de Lorenzo, l’intérêt dramatique réside dans les difficultés qui se poseront, et l’intérêt psychologique réside dans la confrontation de deux êtres exceptionnels.
- Le plaisir pris par le spectateur/lecteur à voir Alexandre peut parfois prendre la forme de la répulsion :
répulsion admirative pour tant de canaillerie et d’effronterie devant un peuple de lâches et de courtisans désireux de garder leur place, accompagnée d’un mépris pour certains personnages veules ;
répulsion compassionnelle, devant la ruse tortueuse qu’emploie Lorenzo pour le tuer.
- On peut même juger que sa mort et son remplacement par un Côme effacé, jouet de Cibo et des Huit, fait regretter la force brutale d’Alexandre.

- Conclusion : donc, même s’il ne plait pas forcément, comme on est dans une pièce de théâtre destinée à la lecture et à la réflexion (drame romantique, valeur historique, intellectualisme de Musset), on peut raisonnablement dire que ce personnage a au moins la valeur de faire réfléchir sur la notion d’homme d’état.
Cela permettrait de faire transition vers une question plus large, plus vague aussi : les personnages de théâtre à forte personnalité.
C’est aussi l’occasion de rappeler l’importance du thème du double : Lorenzo = Alexandre ... et réciproquement.

Un tel sujet, paradoxal ou provocateur, peut être dérivé vers une réflexion sur l’intérêt de personnages forts, ou violents, dans une œuvre.

Pistes à compléter, illustrer, infirmer, sous forme de messages de forum ci-dessous.


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