Dissertations "Poésie"

samedi 20 avril 2013
par  BM

« Poésie, c’est délivrance. »

- Goethe :
« Poésie, c’est délivrance. »
Comment lire et analyser une telle citation, et en tirer une problématique pour un sujet de dissertation ?

- Les questions à poser.
Qui délivre qui ?
Qui se délivre de qui ou de quoi ?
Quel moyen de délivrance ?
Quel résultat ?
Quelle différence avec d’autres genres littéraires ?

- Quelques arguments et exemples.
L’auteur se délivre d’un mal, d’un souci, sous une forme imagée, implicite, il transforme une douleur en expression personnelle tout en respectant des formes, des codes, des contraintes.
L’auteur dit des émotions, ou des sentiments, par le biais d’images ou de tournures ou d’un lexique différent de la parole de communication ordinaire.
Exemple : Ronsard parlant de sa mort proche.
Exemple : Éluard évoquant sa vie après le décès de son épouse Nush.
Exemple : Guillevic exprime le sentiment d’horreur sans en faire un discours revendicatif ou un plaidoyer, simplement par l’ironie tragique de sa description des charniers.

La poésie se délivre des formes banales de l’expression, se délivre du langage plat ou narratif.
Exemple : Villon, dans la Ballade des pendus, dit le sentiment de crainte devant la mort au moyen d’une prosopopée, un discours adressé par les pendus aux vivants.
La poésie invente un langage particulier, qui contient davantage que le simple sens littéral de tous les mots qui la composent.
Exemple : « La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas », par Éluard.
L’écriture poétique est une libération des tabous ou des contraintes de la langue prosaïque : invention verbale, « à en râle-mourir » par exemple chez Apollinaire.

La poésie délivre le lecteur en lui permettant d’interpréter un texte sans être bridé par la simple lecture littérale.
Exemple : l’absence de ponctuation, chez Apollinaire, ou chez Éluard, laisse toute liberté d’entendre des significations différentes.
La richesse de l’implicite et de l’image permet une multiplicité de sens.
On retrouve l’étymologie du mot “poésie”, ποίησις, qui signifie “création”.

- Une problématique ?
Pour éclairer cette affirmation de Goethe, et aboutir à une meilleure compréhension de ce qu’est la poésie, on pourrait se poser la question paradoxale de l’écriture selon des règles fortes, comme la versification, la rime, les formes fixes, et chercher si la contrainte est libératrice, ou plutôt comment on peut innover, créer librement, tout en se conformant à ce genre de règles.
On pourrait aussi explorer une série d’exemples, faire un plan analytique, et montrer ce qui est libérateur, ou libéré, dans les textes d’un corpus, ou dans d’autres textes étudiés en classe.

- Un plan ?
On montrera d’abord que les poètes, tout en respectant des formes assez contraignantes, parviennent à une grande originalité et beauté, par le fait qu’ils sont justement obligés de contenir le nombre de mots dans une forme fixe, ou par le choix de mots, de phrases, d’une grammaire, d’un lexique, qui ne sont pas ceux de la langue courante, mais qu’ils se font comprendre, et que cette création est plus riche que le seul contenu de l’idée exprimée.
On montrera ensuite que cette manière de dire leur permet d’ouvrir vers des significations plus nombreuses, ce qui donne au lecteur l’occasion de comprendre ce qui est peut-être caché par l’auteur, ou ce que cela lui révèle en lui-même.
On montrera aussi que les émotions et sentiments (implicites ou explicites) exprimés dans un poème sont peut-être la trace d’une libération chez son auteur, et parfois l’occasion d’une libération chez un lecteur.
Ainsi, on aura légèrement avancé dans l’élucidation de cette phrase assez provocatrice du poète allemand.

« Poète est celui-là qui rompt avec l’accoutumance. »

- Cette phrase de Saint-John Perse (1887-1975) vous permet-elle de comprendre des particularités de l’écriture poétique ?

Lecture et analyse de cette phrase.

La poésie aurait-elle comme caractéristiques de changer les manières de décrire les objets, les sentiments, ou de les recréer en leur donnant une forme surprenante, déstabilisante pour le lecteur ?
La poésie ressentie consisterait alors en un effet de surprise, de dépaysement ?
Suffit-il de changer le point de vue, ou la manière de dire, pour produire de la poésie ? Pour Saint-John Perse, apparemment, oui. Il faut donc discuter de cela : l’effet poétique.
Saint-John Perse lui-même a écrit des poèmes ... à lire.
Un premier exemple, intitulé “Chanson”, un deuxième, intitulé “Berceuse”, un troisième, en prose, intitulé “Neiges”.
Quelques autres, sur cette page.

Que signifie "rompre" avec l’accoutumance ?
Langage nouveau ? Lexique, images, mise en forme, rythmes, etc.
Thème nouveaux ? Modernité, renouvellement des clichés, etc.
Fonctions et intentions novatrices de la poésie ? Dans un monde de poésie descriptive, faire de la poésie intellectuelle ? Dans un univers de poésie sentimentale, faire de la poésie sensuelle ?

« Oui ! mille fois oui ! la Poésie est un cri, mais c’est un cri HABILLÉ ! »

- Vers quelles caractéristiques de la poésie cette phrase de Max Jacob ouvre-t-elle ?

Lecture et analyse de cette phrase.
- La notion de cri peut avoir plusieurs significations :
cri = révolte ? Alors, on approche de la notion de poésie engagée.
cri = manifestation d’une émotion forte, d’une douleur ? Alors on pourrait penser à la poésie lyrique, élégiaque, à fonction de catharsis.
- L’adjectif “HABILLÉ” implique des contraintes formelles :
recherche de la beauté ? Alors, poésie artiste, élégante ?
obligation d’une forme reconnaissable ? Alors, versification, rimes, rhétoriques, etc.
refus de l’expression “nue” du contenu ? Alors, nécessité d’un travail, d’une réflexion, sur soi, sur ses émotions et sentiments, sur le contenu qu’on veut transmettre, faire éprouver ?
- La deuxième partie de la phrase implique peut-être une priorité poétique ?
La beauté serait donc supérieure au contenu ?
L’expression poétique “mal habillée” perdrait de la valeur ?

- On pourrait donc se diriger vers différents types de problématiques et de plans.
À chercher ...

Réflexions à poursuivre


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