Petite synthèse Beckett : les didascalies

dimanche 24 février 2013
par  BM

L’énoncé du travail

- Répondre de façon argumentée (avec l’aide du texte de Beckett), en deux ou trois paragraphes, à la question suivante.
- Comment les didascalies contribuent-elles à augmenter la signification pessimiste de la pièce, et la tension qui règne entre les personnages ?
Chaque argument devra être appuyé sur des indications précises et des renvois au texte, ou à la représentation théâtrale dont des extraits vous ont été montrés.

Propositions de réponses : petit catalogue

La tension entre Hamm et Clov

- Certaines didascalies ralentissent l’action : Clov oublie l’escabeau, va le chercher, revient, a oublié autre chose, va le chercher, etc.
Elles ont pour effet de montrer un serviteur épuisé, ou qui n’a plus sa tête (et le dit), harcelé par un maître despotique qui lui donne ordres et contre-ordres.
Elles contribuent donc à augmenter la tension, les sentiments d’irritation, entre les deux personnages principaux.
- D’autres didascalies montrent cette tension : "(avec violence)", "(avec colère)" ; ces marques d’intonation signifient le cri, ou l’exaspération, alors même que la réplique nue consiste seulement dans une question ou une exclamation marquée par la ponctuation.
Ce niveau sonore, rarement indiqué, contribue, dans la mise en scène de Charles Berling, à marquer une extrême violence psychique.
- L’usage du sifflet augmente cette impression de harcèlement.
- Une didascalie très insignifiante en apparence "(Nagg réagit)" lorsque Hamm prononce le mot "bouillie" dans son récit est révélatrice à la fois de la tension qui existe entre le père et le fils, et de la situation de famine qui s’applique à l’ensemble des personnages.

Le pessimisme, ou le tragique

- Pendant les monologues de Hamm (son "roman"), les nombreuses coupures "(Un temps)" et les indications de fatigue, d’hésitation, de renoncement à trouver ce qu’il voulait dire, font voir un personnage qui n’a plus d’idées, ou qui a si souvent joué/répété son récit qu’il ne sait plus comment le varier.
- L’usage du mouchoir par Hamm révèle un laisser-aller à la limite de la répugnance pour le spectateur : l’impression de délaissement, de renoncement à toute dignité, provoque le pessimisme, puisque rien ne vaut la peine d’être fait comme il convient.
Les bâillements de Hamm montrent aussi ce même manque de tenue, ou de pudeur : la dignité humaine n’a plus de sens.
Cela renforce l’opinion qui se dégage de la situation familiale et humaine décrite dans la pièce : chacun attend de mourir, le reste du monde a disparu ou ne compte pas, les comportements sont purement individualistes.
- De même, à chaque fois que Clov monte sur l’escabeau, dans la mise en scène de Charles Berling, on voit qu’il évite de poser le pied sur la première marche, ce qui le contraint à un geste fatigué, accompagné de gémissements : cette fatigue du personnage pourrait provoquer un sentiment de pitié que les répliques ne disent pas à ces moments précis.
Clov a ainsi une allure plus handicapée que ne le laissent comprendre ses allusions à l’impossibilité de s’asseoir, ou les accusations de Hamm contre la lourdeur de sa marche.
- Le "rire bref" indiqué à plusieurs reprises, lorsque Clov regarde à l’intérieur des poubelles, par exemple, ajoute au texte (ou au silence) une dimension de dérision, ou d’ironie, qui rend peu à peu compréhensible la nullité de l’existence, ou la situation désespérante / désespérée de tel ou tel personnage.
Le lecteur comprend ainsi mieux la situation qu’à la lecture d’un texte dépouillé.
- De la même manière, les didascalies accompagnant le premier épisode du chien font nettement comprendre que la cécité de Hamm - connue dès le début - est une douleur humiliante, qui l’oblige à demander de l’aide à Clov, en même temps que cela irrite celui-ci, ce qui génère parfois des tensions dans leurs échanges.


Portfolio

Signifier quelque chose ? Elle est bien bonne (...) Père et fils

Brèves

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vendredi 9 mai 2014

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Antigone relue ...

lundi 9 septembre 2013

Une réécriture irrespectueuse

Les boloss des Belles Lettres ont commis un nouvel attentat contre la majesté de l’écriture antique. C’est ici.

Essayez aussi la « Twittérature », pour voir.
La réécriture de Madame Bovary est savoureuse ... c’est ici.

12 années d’EAF en métropole

vendredi 21 juin 2013

- 2002 : ES-S Argumentation L Poésie
- 2003 : ES-S Biographique L Réécritures
- 2004 : ES-S Théâtre L Épistolaire
- 2005 : ES-S Poésie L Théâtre
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- 2011 : ES-S Roman L Théâtre
- 2012 : ES-S Poésie L Renaissance et Humanisme
- 2013 : ES-S Roman L Réécritures

Et pour la suite, voyez le site de Philippe Lavergne !

Lorenzaziccio en TL ...

samedi 16 mars 2013

Deux réécritures amusantes, mais irrespectueuses.
Zazie ici, Lorenzaccio .
Lorenzaziccio

Antigone, arts plastiques

samedi 16 février 2013

Des peintres contemporains ont représenté Antigone.
En voici une première de Claude Creach, une autre de Sylvie Reboulleau.
Caroline Jegouic, sur son blog, montre deux de ses œuvres, que l’on ne peut pas copier : Antigone et Le cri d’Antigone.
Une sculptrice contemporaine, Michèle Charron-Wolf, a réalisé une Antigone en terre cuite, un sculpteur, Fernand Pouillon, une Antigone en pierre de Bourgogne.

Réécrire : pourquoi ?

mercredi 19 décembre 2012

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