Groupement de textes poétiques

mercredi 20 février 2013
par  BM

Les textes à étudier. (Manuel Weblettres)

Conformément au descriptif des activités et lectures, en voici la liste.

Lectures analytiques :
- Ronsard, Continuation des amours, Sonnet LXV.
- Du Bellay, Les Regrets, Sonnet 36.
- Baudelaire, Les Fleurs du Mal, « Élévation ».
- Baudelaire, Les Fleurs du Mal, « Harmonie du soir ».
- Eluard, Le Temps déborde, « Ma morte vivante ».

Lectures cursives :
- Ronsard, Derniers vers, « Je n’ai plus que les os … ».
- Guillevic, Exécutoire, « Les charniers ».

Bien que ces textes ne soient pas tous libres de droits, on les trouve tous facilement sur Internet.
Ci-dessous, ils ont été regroupés en deux fichiers, dans un format imprimable, et dans un format récupérable pour travailler et faire vos cahiers de citations et vos explications sans saisie fastidieuse au clavier.

Des pistes de lecture
Première série, Renaissance

- Ronsard, « Je veux lire en trois jours ... »
Texte de poésie amoureuse ? Oui.
Prétexte littéraire : lire une œuvre majeure de la littérature, lien avec les préoccupations des humanistes et des renaissants.
Procédé détourné pour parler d’amour : un discours adressé à un domestique supposé.
Composition tripartite, mettant Cassandre au centre des préoccupations.
Établissement d’une hiérarchie des valeurs : lire l’Iliade= se nourrir, mais recevoir un message de la part de Cassandre = vivre à plus haut sens, recevoir un Dieu chez soi = valeur moindre que celle d’un message amoureux.
Composition fondée sur les trois images d’ouverture ou de fermeture d’une porte : signification de la solitude intellectuelle, ou amoureuse.
Humour léger des menaces adressées à ce domestique : la colère du maître est variable, selon les circonstances.
Texte qui met la forme sonnet au service du sens : rupture quatrains / tercets, et rupture des vers finaux 13-14.
Autres éléments à prendre en compte : le lexique de l’urgence, les anaphores du verbe vouloir, l’association de la syntaxe et du schéma du sonnet, la galanterie de l’hyperbole, etc.
Conclusion : poème plutôt artificiel dans le procédé de déclaration amoureuse, qui passe par un détour assez complexe.

- Du Bellay, « Depuis que j’ai laissé mon naturel séjour ... »
Texte de poésie élégiaque sur le thème de l’exil.
Prétexte : une lettre à un ami resté au pays.
Thématique de l’exil : l’éloignement, mais surtout la longueur du temps qui passe.
Lexique de la lenteur, augmenté de quelques effets de prononciation, de rythme, qui contribuent à marquer la lenteur.
Rhétorique du temps qui passe = images zodiacales, lexique du temps du calendrier, comparaison avec une durée célèbre (encore un lien avec les préoccupations des humanistes et des renaissants), rythmes allongés par des procédés de versification, ou des redondances lexicales.
Utilisation abondante des intensifs pour marquer la force du chagrin.
Progression au fil du texte : en parallèle, le “naturel séjour”, puis “Paris”, puis “France”, pour marquer la nostalgie géographique de plus en plus englobante, et l’insertion d’un autre sentiment, le chagrin des séparations entre amis.
Une forme sonnet utilisée différemment par rapport à Ronsard : pas de rupture forte entre quatrains et tercets, mais la fin constitue tout de même un élément à part, dans la dernière moitié du vers 13 et le vers 14, par le rythme et le sens.
Comparaison avec le poème d’Ovide (Les Tristes) : une thématique similaire, des images empruntés aux mêmes références : le fleuve qui s’écoule, la guerre de Troie, le temps zodiacal.
Conclusion : un poème en partie artificiel, imité de l’antique, et un peu personnel, mais sans doute généralisable et universel.

- Ronsard, Derniers vers, « Je n’ai plus que les os ... »
Lecture cursive.
Un thème très concret : le corps mourant.
Un prétexte très humain : poème testament ?
Thèmes classiques : l’adieu à la vie, au soleil, aux amis.
Forme mixte : autoportrait et discours aux amis dans les deux derniers vers.
Des images de destruction, avec le préfixe “dé-” aux vers 2, 8 et 9.
Un poème symbolisant la mort comme une séparation.
Deux vers finaux ouvrant sur des retrouvailles, dans un autre monde : mélange de religion chrétienne et d’images païennes empruntées à la mythologie.
Conclusion : c’est à la fois un poème personnel et littéraire, qui exprime une vraie souffrance intime, et qui en profite pour dire une foi en la vie éternelle, ou en la persistance de l’amitié humaine.

- Questions sur corpus : un entraînement
Si l’on constitue ces trois poèmes en un petit corpus, on pourrait poser les questions suivantes :
Y a-t-il des procédés similaires, dans ces trois textes, pour exprimer des sentiments personnels et produire une émotion ?
Comment la brièveté du sonnet favorise-t—elle l’expression de sentiments forts ?
Comment le recours à des images très classiques, voire des lieux communs véhiculés par la littérature depuis très longtemps, permet-il tout de même de produire une vraie poésie ?
Etc.

- Une proposition de réponse argumentée, mais simplifiée, à la question n° 2 :
Comment la brièveté du sonnet favorise-t-elle l’expression de sentiments forts ?

D’abord, le schéma du sonnet met en rupture les vers 1-12 et 13-14 (ou approximativement), ce qui permet une conclusion forte :
dans le sonnet de Ronsard page 430, les deux impératifs concluent sur l’infériorité des dieux par rapport à Cassandre, ce qui constitue un renforcement de la déclaration d’amour implicite qui a été faite dans les vers 9-12 ;
dans le sonnet de Du Bellay, la phrase finale est une longue plainte, qui commence au vers 11, se formule en deux propositions introduites par “combien” et “comment”, et la clôture du texte sur le mot “ennuis” constitue bien une manifestation sentimentale, d’ailleurs le terme est beaucoup plus fort à l’époque qu’aujourd’hui ;
dans le poème testament de Ronsard, page 32, l’adieu final aux amis est fortement marqué par le schéma 1-12 / 13-14, et la conclusion qui porte sur un futur proche marque à la fois la douleur d mourir et l’espoir de revoir ceux que Ronsard va quitter.

Ensuite, le système des rimes met en place des groupes de mots qui illustrent et renforcent le thème de la plainte, ou créent une association porteuse de sentiment :
page 431, chez Du Bellay, les vers 2-3 donnent des images de lenteur avec le verbe “ondoie” et le nom “voie”, évoquant le temps qui ne passe pas vite ;
de même, aux vers 5 et 8, la rime “de retour” et “son tour” marque le sentiment de nostalgie liée au principe du temps cyclique ;
enfin, la rime “nuits” / “ennuis” augmente l’impression de tristesse, par l’assimilation de l’obscurité à la tristesse de ne pas voir la pays aimé ;
dans le poème testamentaire de Ronsard, page 32, la forme sonnet et le système de rimes produit une quantité de rimes en “-é”, toutes issues de participes passés passifs, qui expriment la destruction, “dépulpé”, “frappé”, “trompé”, “étoupé”, “dépouillé”, et renforcent elles-mêmes la série de rimes internes (et de synonymes) du vers 2, “Décharné, dénervé, démusclé”.

Une autre rupture de construction, entre les quatrains et les tercets, amène un renforcement de la tristesse page 32, puisque les premiers expriment et décrivent la destruction physique du corps et la mort prochaine, les seconds évoquent la perte des amitiés.
Page 430, c’est la même rupture, qui coupe le poème pour faire comprendre trois degrés de valeur sentimentale : la lecture de l’Iliade, 1-8, l’attente d’un messager de Cassandre, 9-12, et l’hypothèse rejetée de la visite d’un dieu : le sentiment est gradué, du plaisir intellectuel à l’amour ;
Page 431, la rupture est moins nette, et Du Bellay a construit son sonnet sur une argumentation répétitive, mais la brièveté l’oblige à exprimer fortement sa nostalgie, de manière progressive, du “naturel séjour” à “Paris” puis à “France”, et l’annonce d’un destinataire “Morel” au vers 7 amène sa reprise au vers 12, ce qui fait le lien entre les deux exils, l’éloignement de la patrie et des amis, un peu comme chez Ronsard, qui quittait à la fois la vie et ses amis.

D’une façon générale, donc, la brièveté et les principes de composition du sonnet vont dans le sens d’une plus grande concision, donc le choix de termes plus forts, et toutes les ressources techniques de la poésie sont mises en œuvre : rime, rythme, césures, assonances, images explicites et implicites, etc.

Des pistes de lecture
Deuxième série, Baudelaire

-  Élévation
Forme strophique régulière, continuité, enchaînements d’une strophe à l’autre = impression d’un discours organisé.
Énonciation parfois injonctive, souvent narrative ou descriptive : un monde se décrit peu à peu, et des destinataires y sont impliqués.
Deux destinataires ? L’esprit du poète, au vers 5 à 12, et l’être humain en général, évoqué dans les vers 13 à 20 sous la forme d’une louange, ou d’une “béatitude”.
Des procédés voisins pour exprimer la supériorité ou la puissance : images nombreuses et variées de nage, d’envol, de parcours infini, de vision d’ensemble, donc une certaine majesté.
D’autres procédés voisins pour exprimer l’infériorité : images de la terre considérée comme une surface (même les montagnes) ou un point de départ, images de maladie, de salissure, de sentiments négatifs = un mélange de concret et de sentimental.
Ces deux séries de procédés, emmêlés assez intimement, ou enchaînés, montrent une conception dichotomique du monde = le poète propose une libération, un arrachement à une partie de ce monde, pour aller dans l’autre partie, celle de la vie, de la supériorité, celle de la poésie ?

Une sorte de définition ou illustration de ce qu’est l’esprit poétique ?
Décrire le monde (strophe 1) ;
Une pensée agile (strophe 2) ;
Une pensée audacieuse, qui approche des sujets que tout le monde ne perçoit pas (strophe 2) ;
Poésie et inspiration semblent liées (strophe 3) : celle-ci provient des lieux supérieurs, apporte une sorte d’ivresse, vient donc peut-être des dieux ? Peut-on parler de mysticisme ?
Poésie = une pensée calme, sereine, apaisante, même lorsqu’elle évoque les miasmes ou le mal ? (cf. Fleurs du Mal en général) ?
Donc, poésie = beauté ?
Poésie = arrachement à la bassesse (strophe 4) ;
La poésie permettrait de comprendre le monde ? Le poète le peut, en tout cas.

Conclusion : Poésie = un langage entendu par le poète, ou reçu par inspiration = un langage transmis au lecteur, un message d’un monde à un autre.
Écriture poétique et quête du sens : l’intitulé de l’objet d’étude prend tout son sens ici.

Synthèse :
- Le poète = la puissance de l’esprit => l’élévation de la pensée et de l’écriture => le lecteur reçoit la vision d’un univers auquel il n’a pas ordinairement accès.
- Le poème = la production d’un esprit puissant => une incitation au lecteur à se laisser guider, entraîner, par le texte => un accès à un plus haut sens, une vie supérieure, faite à la fois de sens (signification) et de sensations ou sentiments.
- Le poème Élévation = une sorte de manifeste, ou de définition du travail du poète ? Plutôt une illustration par l’exemple, implicitement.
Comparaison à faire avec Verlaine, Art poétique, page 59 sur le manuel.

-  Harmonie du soir
Quelle impression donne la forme particulière du pantoum approximatif, jamais revendiqué par Baudelaire comme tel ? (Pour une fois, voir Wikipedia.) Répétitions, vertiges, modifications successives, mais très ténues, du sens, et une syntaxe qui reste lisible.
Importance de la ponctuation ?
Destinataire connu seulement au vers final : comment le sens se modifie-t-il subitement par cette rupture, qui est aussi la marque que ce n’est pas un pantoum ?
Quel est l’intérêt de l’énonciation verbale et pronominale ? Temps verbaux, personnes de la conjugaison, marques de la personne, modalités exclamatives.
La construction du texte : quels sont les champs qui s’entremêlent ? Champs lexicaux, thèmes : les sens, les éléments de la nature, les éléments à signification temporelle, ou à connotation religieuse.
Importance des rimes, des effets d’écho ou d’assonance.
Peut-on faire un rapprochement entre la forme répétitive et entrelacée, et le sens global qui évolue et se constitue peu à peu ?
Un lexique recherché, et particulièrement les rimes en “-oir” : thématique religieuse, et exploitation des sensations physiques.
Abondance des images, dans un texte finalement très court, puisqu’une partie des vers est dite deux fois : quel effet en résulte ?
Images très contrastées : comment peut-il y avoir harmonie ?
Comment les images visuelles ou auditives s’harmonisent-elles aux évocations sentimentales, et avec le titre ?
Comment ce titre peut-il être compris ? Pourquoi le “soir” ?
Par exemple, quel est l’intérêt des images de soleil couchant ?
Peut-on voir des symboles dans ce poème ?

- Petit catalogue rhétorique, à confirmer ou infirmer.

Comparaisons :
“ainsi qu’un encensoir” : le parfum des fleurs = une odeur de religion ou un acte d’adoration ?
“comme un cœur qu’on afflige” : une musique = l’expression d’un sentiment ?
“comme un grand reposoir” : le ciel = un décor, une toile de fond, sur laquelle s’offre à la vue un objet d’adoration ?
“comme un ostensoir” : un élément immatériel, le souvenir = un objet du culte à signification symbolique ?

Métaphores :
“Chaque fleur s’évapore” : fleur = liquide ?
“Le ciel est triste” : ciel = être humain ?
“Les sons et les parfums tournent” : sons et parfums = objets matériels ?
“Le violon frémit” : violon = être humain ?
“Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige” : soleil = être sanguin ? soleil / chaleur + noyade = mort ? sang qui se fige = meurtre ? suicide ?
“Un cœur tendre [...] Du passé lumineux recueille tout vestige” : cœur= personne humaine douée de mémoire ? passé = temps = lumière ?
“le néant vaste et noir” : illogisme de ce qui n’existe pas et qui serait doté de propriétés physiques ?
“Ton souvenir en moi luit ” : mémoire = lumière ?

Des hypallages :
“Valse mélancolique” : attribution à la danse du sentiment du danseur ?
“Le violon frémit” : attribution à l’instrument de la sensation éprouvée par l’auditeur, ou le musicien ?
“Le ciel est triste” : attribution à l’objet regardé du sentiment éprouvé par le spectateur ?

Des champs lexicaux :
“mélancolique”, “langoureux”, “afflige”, “triste” : les sentiments ?
“encensoir”, “reposoir”, “ostensoir” : le culte religieux de l’adoration ?
“vibrant”, “sons”, “Valse”, “violon” : la musique ?
“s’évapore”, “parfums”, “l’air”, “ciel ” : l’air ?
“ciel”, “noir”, “soleil”, “lumineux”, “luit”, “ostensoir ” : la couleur, l’éclat de la lumière ?

Etc.

- Images à consulter
Qu’est-ce qu’un encensoir ?
Qu’est-ce qu’un reposoir ?
Quest-ce qu’un ostensoir ?

Conclusion : poème amoureux et mystique ? Poème seulement esthétique ?
Synthèse possible entre les deux buts.

Des pistes de lecture
Troisième série, XXème siècle, poésie moderne

- Éluard, Ma morte vivante, lecture analytique.

- Première approche.
Texte de poésie amoureuse ? Oui.
Quel sens poétique a l’image du titre du recueil Le temps déborde ? le titre du poème lui-même Ma morte vivante ? Énonciation : discours ? Adressé à qui ? Quel intérêt pour le lecteur ?
Écrire un poème destiné à une morte, c’est tenter de la considérer comme vivante, alors même que le poète se décrit comme un mort ; lui dire que ses yeux étaient sa lumière (vers 6) ou « Ma vie en ton pouvoir » (vers 17), rappelle que c’est elle qui était source de vie. On a le paradoxe de l’écriture donnant la vie par le récit et la dédicace.
Emploi des temps, comment l’usage des temps verbaux produit-il une impression de désespoir ? Les passés composés suivis de présent marquent un rapport cause-conséquence, passé révolu et présent d’actualité ; les futurs ont pour but de faire comprendre à la fois une projection dans l’avenir du poète, et de marquer le désespoir. De même, dans le vers final, l’imparfait suivi d’un présent d’actualité, avec l’explicitation de la conséquence, augmente cette impression : l’inutilité de toute tentative de vivre.
Particularité de la mise en vers, en strophes, en phrases : pas de ponctuation, mais une lisibilité syntaxique très claire. Pourquoi ? Chaque vers constitue une unité de sens qui modifie la précédente : c’est particulièrement visible dans la strophe 1, et la strophe 3.
Détail concret : comment lire ce texte à l’oral de l’EAF ? À quel endroit faire des pauses ? des enchaînements ? Cas du vers 2 : « J’attends personne ne viendra » ...

- Rapport avec la biographie réelle d’Éluard : voir l’image ci-dessous, le texte original écrit de la main du poète.

JPEG - 70.3 ko

Le poème entier est le suivant :
Vingt-huit novembre mil neuf cent quarante-six
Nous ne vieillirons pas ensemble.
Voici le jour
En trop : le temps déborde.
Mon amour si léger prend le poids d’un supplice.

- Travail sur les procédés poétiques.
La composition en strophes répond-elle à un mouvement de la pensée, ou du sentiment ?
Strophes 1 et 4 plus brèves : la dernière explicite une conséquence, avec le rapprochement de l’imparfait et du présent. Brutalité de la mort et de ses conséquences ?
Le passage d’un vers à un autre : se fait-il par association d’idées ? par glissement de sens ? par glissement d’image ?
La strophe 2 est particulièrement remarquable : parcours progressif des parties du corps, des yeux à la bouche, puis aux mains et aux pieds, direction menant vers le bas, le sol,le tombeau. Les parallélismes sont aussi importants : les structures composées du verbe “se séparer”, avec à chaque fois un changement de partie du corps, ou de signification, comme l’assimilation implicite entre la bouche et le plaisir.
Les manières de dire la séparation : images, répétitions, parallélismes rompus, énonciation pronominale et marques de la possession, et importance des temps verbaux.
La force du dernier vers : d’où provient-elle ? De son paradoxe, du renversement de sens à l’hémistiche, avec le basculement de l’imparfait au présent, avec aussi la valeur symbolique du couple-monde, impossible à reconstituer avec des pluriels indifférents. C’est la force tragique de cette évocation finale qui est importante.
- Peut-on parler de lyrisme ? Comment les sentiments sont-ils dits, ou sous-entendus ?
Par les images d’union (au passé) qui évoquent le sentiment amoureux, et explicitement pour les sentiments négatifs. On peut noter le procédé d’antiphrase du vers 19 « Et l’avenir mon seul espoir c’est mon tombeau » : le terme espoir signifie son contraire, la juxtaposition des deux premiers substantifs qui anticipent le sujet apparent du verbe être, et ces deux mots s’opposent au sens même de « tombeau »,qui résume le thème non dit de la mort de Nush.
Le vers 20, qui évoque l’hypothèse d’un tombeau « Pareil au tien », a pour but de manifester une tentative de reconstituer le couple.

- Peut-on parler de poème tragique ?
Oui, le vers 15 principalement le dit : « Il m’est donné de voir ma vie finir ». Une force extérieure impose une situation à Éluard.
Le vers 20 peut aller dans le même sens : « cerné d’un monde indifférent ». Cette indifférence augmente la solitude, et l’impose davantage au poète.

- Guillevic, Les charniers, lecture cursive.
Une remarque sur l’illustration du manuel : elle est faussement légendée, et le tableau représenté s’intitule en réalité Danseurs.

- Première approche et questions de base.
Quel est le contexte personnel et national de cette écriture ?
Quelle est la forme du poème ?
Quel est le sens du pluriel dans le titre et dans le poème lui-même ?
L’énonciation : les modes des verbes ? une réflexion personnelle, à destination du lecteur ?
La particularité de la section finale (vers 42 à 47).

- Une question sur le genre : est-ce de la poésie engagée ? L’auteur affirme-t-il une opinion personnelle ?
Une argumentation indirecte, par le biais de l’expression imagée et poétique de l’horreur ?

- Étude de quelques procédés.
L’ironie, la dérision.
Les contrastes, sous diverses figures de style.
La brièveté de la versification, l’usage des rimes et des assonances.
La syntaxe descriptive, à l’apparence de neutralité.

- Quel but peut-on assigner à ce texte ?
Dire l’horreur sans frémir, mais pourquoi ?
Prendre du recul avec la dérision,mais pourquoi ?
Provoquer des émotions ou des sentiments chez le lecteur ?

- En vue de l’oral de l’EAF : s’entretenir sur Guillevic par rapprochement avec Éluard (chagrin, deuil, tragédie, lyrisme élégiaque).
Quelles images privilégier pour parler de l’alliance de la beauté et de l’horreur (ou la laideur) : vers 4, vers 10 à 19, vers 22-23.
Quelles images privilégier pour parler des notions d’émotion et d’engagement : vers 9-10, vers 30 à 34, vers 41 à 47.

Un peu d’aide en prévision de l’oral

Certains textes poétiques de notre programme peuvent être écoutés en ligne. L’écoute attentive de ceux-ci pourra corroborer ou enrichir les pistes de lecture.

- Baudelaire, Élévation.
- Baudelaire, Harmonie du soir, avec deux lecteurs différents.

À vous d’en trouver d’autres, ou de les enregistrer vous-même au format mp3, pour vous entraîner à l’oral.
Vous pourrez les déposer avec un message de forum, en signant vos lectures de votre seul prénom.

Vous pourrez aussi déposer vos propositions d’analyse, des indications sitographiques, et cetera, de la même manière.

Un rappel

Une page de définitions de la poésie, ou de phrases l’illustrant et essayant de la faire comprendre.


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- 2003 : ES-S Biographique L Réécritures
- 2004 : ES-S Théâtre L Épistolaire
- 2005 : ES-S Poésie L Théâtre
- 2006 : ES-S Argumentation L Poésie
- 2007 : ES-S Argumentation L Biographique
- 2008 : ES-S Roman L Roman
- 2009 : ES-S Théâtre L Théâtre
- 2010 : ES-S Argumentation L Réécritures
- 2011 : ES-S Roman L Théâtre
- 2012 : ES-S Poésie L Renaissance et Humanisme
- 2013 : ES-S Roman L Réécritures

Et pour la suite, voyez le site de Philippe Lavergne !

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