Essai de question sur corpus

mercredi 14 septembre 2011
par  BM

Questions sur le premier corpus de textes abordés en classe

Corpus

- Montaigne, Essais, II, XII, extrait page 330 du manuel.
- Érasme, Éloge de la folie, chapitre XL, page 316 du manuel.
- Ronsard, Discours des misères de ce temps, vers 115 à 193, page 326 du manuel.

Questions

- En vous appuyant précisément sur des faits d’énonciation dans les trois textes, vous expliquerez les différences d’approche sur la question de l’homme.
Un peu d’aide : « l’homme » est-il considéré comme une notion abstraite ? est-il présenté comme un cas particulier ou général ?

- Les trois textes abordent le thème de la religion. Est-ce le même usage argumentatif qui en est fait par les trois auteurs ? Appuyez-vous sur des faits précis pour justifier votre réponse.

- Pouvez-vous classer ces trois textes selon leur plus ou moins grande agressivité ? leur plus ou moins grande rigueur argumentative ?

- Ces trois textes sont-ils contradictoires entre eux, ou peut-on leur trouver raisonnablement un (ou plusieurs) point(s) commun(s) ?

Proposition de travail

Vous répondez à une ou à toutes les questions proposées, sous la forme d’un commentaire attaché à l’article, accompagné ou non d’un document en fichier joint. Signez votre travail de votre seul prénom.
Vos réponses ne seront publiées qu’après lecture et validation, et deviendront un outil collectif, dans un délai de quelques jours après.

Conseils de prudence

Un grand nombre de sites proposeront des explications de texte toutes faites, des commentaires, etc. Le copier-coller n’est jamais une méthode très efficace.
Voici quelques liens vers des pages dont vous testerez le sérieux et l’efficacité :
- le texte de Montaigne à écouter au format mp3, un schéma sommaire de commentaire du même auteur, sur un site sans garantie particulière.
- un blog de professeur gratuit, un site marchand qui est payant, sur Érasme.
- un site de “passionnés bénévoles” (sic), un autre site ... non vérifié, sur Ronsard.
Et cetera.


La qualité de vos réponses sera évaluée comme un travail scolaire, supplémentaire et volontaire, et vous vaudra une (bonne) note.


Commentaires  (fermé)

Logo de Caroline
samedi 24 septembre 2011 à 17h08, par  Caroline

J’aurais pu encore mettre des éléments dans le II- sur Ronsard, mais je voulais d’abord savoir si cela "ressemblait" tout de même à quelque chose !
Bonne lecture !

Caroline

Question sur Corpus

Ici, le thème fédérateur de la question sur corpus est l’agressivité. Le corpus est composé de trois textes : Celui de Montaigne, Essais suivi d’Erasme l’Eloge de la Folie, et pour finir Ronsard, Discours des misères de ce temps.
Nous pouvons maintenant, nous poser la question suivante, lequel de ces trois textes est le plus agressif et lequel a la plus grande rigueur argumentative.
Dans un premier temps nous allons voir les textes les plus agressifs et les ranger dans l’ordre du plus ou moins agressif, et dans un second temps comment sont construits ces différents textes.

I – Nous allons comparer les textes du plus au moins agressif.

- On peut remarquer, tout d’abord, que le texte de Montaigne est plus agressif que celui de Ronsard. Montaigne emploie un vocabulaire très agressif : « ridicule », « misérable », « chétive », « méchant », tandis que Ronsard, lui, utilise un vocabulaire moins agressif que Montaigne : « disputent », « monstre », « couteau », « pillerie », « brigandage ».
- Le texte de Ronsard est moins agressif que celui de Montaigne, car Ronsard a une part de pitié, de la tragédie. De plus, on peut remarquer un champ lexical de la misère, de la pitié : « l’abandon », « hélas », « ô malheur ».
Donc l’agressivité entre Ronsard et Montaigne se compare grâce au champ lexical de la pitié de Ronsard.
- Érasme utilise aussi un vocabulaire agressif : « crime », « trahison », « rixes », « parjures ». On peut apercevoir une violence religieuse, il décrit les pratiques religieuses comme absurdes.
Érasme décrit et évoque aussi des défauts, ce qui peut se traduire par l’égoïsme, la cupidité des prêtres car les prêtres, eux, gagnent de l’argent.
- Si on devait ranger les textes de ces auteurs du plus agressif au moins agressif, ceci donnerait le classement suivant.
Érasme pour son agressivité contre l’absurdité des pratiques religieuses, suivi de Montaigne pour la supériorité de l’Homme, et pour finir, Ronsard, mélangeant agressivité et pitié, dont la pitié « adoucit » l’agressivité du texte.

II – Nous allons voir comment les différents textes sont construits.

- Tout d’abord, commençons par le texte de Montaigne. On peut tout de suite mettre en évidence la présence de question rhétorique. Les questions rhétoriques, ou oratoires, équivalent à un ordre ici, qui porte sur l’origine de l’Homme. Les questions rhétoriques sont traduites par la raison de la supériorité de l’homme par rapport au monde général, l’Univers. De plus les questions rhétoriques font comprendre la thèse de Montaigne, soit son opinion. L’opinion de Montaigne, ici, c’est que l’homme n’a aucune raison de se croire supérieur. En général, l’homme n’est rien du tout sans Dieu, et cela est traduit par des argumentations implicites.
En outre, Montaigne fait une analyse par rapport à l’Homme : « Considérons », « Voyons ». Il se met en retrait de l’histoire, et prend une place d’observateur. Le fait qu’il y ait une attitude d’observation et des questions rhétoriques, cela amène à une thèse implicite traduisant que l’Homme n’a aucun droit de dominer le monde.
- Passons au texte d’Érasme maintenant. Érasme dans le texte Éloge de la Folie, touche un thème important : La Folie, la Religion.
On peut comprendre que le thème de Religion et de folie, amène à une thèse de superstition, donc le mal. On remarque un premier procédé utilisé, c’est-à-dire qu’Érasme laisse la parole à la Folie.
On remarque aussi qu’il y a une abréviation « et ainsi de suite », « car », cela montre qu’Érasme a beaucoup de chose à raconter, il y a exagération, Érasme utilise une hyperbole. La Folie décrit l’absurdité « formule », « prière magique ».
- Ronsard, lui, utilise moult champs lexicaux : champ lexical de la famille « père », « frère »… Plus une métaphore de la guerre. Champ lexical du métier, de la société « laboureur », « Écolier »…
On remarque que le champ lexical du métier se transforme en champ lexical d’armes : « couteau », « dague ». Les outils qui permettent de nourrir les Hommes, se transforment en arme pour tuer les Hommes. De la vie, à la mort.

Logo de Mathilde P. et Sarah F.
vendredi 23 septembre 2011 à 21h31, par  Mathilde P. et Sarah F.

- Questions sur corpus : En vous appuyant précisément sur des faits d’énonciation dans les trois textes, vous expliquerez les différences d’approche sur la question de l’homme.
Un peu d’aide : « l’homme » est-il considéré comme une notion abstraite ? Est-il présenté comme un cas particulier ou général ?

Texte 1 : Montaigne,Essais, II, XII, extrait page 330 du manuel.
Texte 2 : Érasme, Éloge de la folie, chapitre XL, page 316 du manuel.
Texte 3 : Ronsard,Discours des misères de ce temps, vers 115 à 193, page 326 du manuel.

- Texte 1 : L’homme n’a aucun droit de se croire supérieur au reste de l’univers, sans secours divin il est très faible. Selon Montaigne il se croit supérieur puisqu’il est différent, il a une supériorité par rapport aux animaux. L’hyperbole décrivant l’univers a pour but de réduire la taille de l’homme. Dans ce texte l’homme croit qu’il est capable de tout comprendre mais il ne se maîtrise pas, donc il ne peut pas gouverner le reste du monde. Il est envahi par l’incapacité de comprendre un monde qui le domine.

- Texte 2 : Les énumérations et les abréviations marquent l’hyperbole et montrent que les gens prennent plaisir à écouter des histoires invraisemblables comme le met en exergue la phrase « D’ailleurs cela sert à merveille non seulement à soulager l’ennui des heures, mais aussi à procurer quelque profit, surtout pour les prêtres et les prédicateurs. »
Une polémique est lancée contre les imbéciles qui croient et les cupides (dans ce texte, les prêtres). Nous avons ici une prosopopée.

- Texte 3 : Dans ce texte de Ronsard, l’homme a pris la liberté de tout saccager. Il est donc vu comme un criminel. La notion abstraite est renforcée avec les deux allégories « Justice » et « Raison » qui sont ici personnifiées. Le champ lexical de la morale renforce cette notion, nous avons un élargissement des champs lexicaux, ce qui permet de dénoncer les crimes commis par les hommes sur la terre et le reste de l’univers.

Logo de Clarisse P. et Betül O.
vendredi 23 septembre 2011 à 21h29, par  Clarisse P. et Betül O.

Réponse de Clarisse et Betül.

Logo de Première S
vendredi 23 septembre 2011 à 14h27, par  Première S

- Les trois auteurs Érasme, Ronsard, et Montaigne abordent dans des extraits de leurs œuvres respectives : Éloge de la folie, Discours des misères de ce temps, et Essais, le thème de la religion.
Est-ce le même usage argumentatif qui en est fait par les trois auteurs ?
Nous commencerons par présenter les visions des auteurs puis dans un second temps nous étudierons les points communs entre les 3 extraits, enfin dans ces mêmes extraits nous en chercherons les différences.

- En premier lieu, Ronsard avec Discours des misères de ce temps, se place du coté des catholiques, il écrit ainsi une poésie engagée pour dénoncer le protestantisme, qui pour lui conduira la France dans un pays de chaos : « Ont sens dessus dessous le monde renversé », où il n’y aura plus aucune règle : « Au ciel est revolée et Justice et Raison », et où la terreur sera maîtresse comme le prouve ce vers : « La force, les couteaux, le sang et le carnage ».
- Érasme, lui ; traite dans Éloge de la folie le sujet religieux de manière très polémique. En effet il révèle les pratiques religieuses absurdes : « si on salue avec les paroles prescrites une statue de sainte Barbe, on reviendra sain et sauf du combat », l’enrichissement de l’église grâce à des croyances magiques et des pardons imaginaires qu’elle fait payer à ses fidèles : « […] sur certaines petites formules ou prières magiques qu’un pieux imposteur a inventées pour son plaisir ou son profit […] ».
- Dans son essai intitulé Essais, Montaigne fait remarquer que l’Homme sans ses croyances n’est rien, ou du moins est très faible : « Considérons donc pour le moment l’homme seul […] dépourvu de la grâce et de la connaissance divines » grâce à l’emploi de questions rhétoriques : « Est-il possible d’imaginer […] que cette misérable et chétive créature […] ».

- De surcroit, les trois auteurs ont la même opinion de l’homme et de son rapport à la religion. On peut noter que pour les trois écrivains, Dieu et les dogmes tiennent une place centrale dans la vie de l’homme, et que sans sa foi, l’Homme (en général) perd de sa suprématie.
- Montaigne énonce que Dieu et les superstitions des humains sont un des éléments de la force de ces derniers : « la grâce et la connaissance divine qui sont tout son honneur, sa force, et le fondement de son être ».
- Par ailleurs, Érasme quant à lui, rapporte que les hommes sont prêts à croire et à faire n’importe quoi, même les choses les plus fantasques : « C’est tout juste s’ils n’adorent pas son cheval très pieusement paré de phalères et de bulles » pour obtenir les faveurs de Dieu.
- Dans son poème, on observe que Ronsard prend position pour sa religion (catholicisme), on le voit notamment lorsqu’il qualifie le protestantisme de « monstre ». On peut aussi comprendre que pour l’auteur la France ne redeviendra paisible que lorsque les hommes seront à nouveau catholiques.
- En effet, Montaigne prend le statut de juge tandis que Ronsard a un regard plutôt critique, comme s’il faisait « un rapport à la France », on retrouve la même idée d’observation chez Érasme.

- Cependant alors que Montaigne et Érasme décident d’étaler leurs observations dans un texte, Ronsard, lui, les exprime en vers, en alexandrins plus précisément. On peut ainsi rencontrer l’opposition de la prose et des vers.
- En outre, Érasme camoufle sa pensée sous une prosopopée, Ronsard multiplie les allégories tandis que Montaigne enchaîne les questions rhétoriques, trois procédés différents pour exprimer leur opinion sans pour autant en recevoir les séquelles.
- C’est pourquoi on peut parler de similarité d’opinion entre ces trois textes tout comme de diversité d’expression.

- Pour conclure, on retrouve dans ces trois œuvres le thème commun de la religion, abordé de manière différente, à l’aide de procédés divers mais développés sur une idée commune : les superstitions humaines mènent l’être humain à sa perte.

Site web : 
Logo de Oféline et Amandine
vendredi 23 septembre 2011 à 08h49, par  Oféline et Amandine

Ces trois textes sont-ils contradictoires entre eux, ou peut-on leur trouver raisonnablement un (ou plusieurs) point(s) commun(s) ?

Les trois textes suivants :
- Montaigne, Essais,
- Érasme, Éloge de la folie,
- Ronsard, Discours des misères de ce temps,
ont certains points communs d’une part, car les trois auteurs parlent de la religion, leur point de vue est basé sur la faiblesse de l’homme dans le monde, ainsi que ses défauts.
D’autre part, les auteurs n’utilisent pas les mêmes procédés afin de parler du sujet de l’homme, qu’on a évoqué précédemment.
Ronsard utilise différents champs lexicaux, Montaigne écrit beaucoup de questions rhétoriques et d’arguments implicites, et Érasme utilise des procédés d’énumération, d’abréviation et d’exagération.

Logo de Première S
jeudi 22 septembre 2011 à 22h00, par  Première S

Voici le nôtre !
Pauline G & Marion S

Document joint :  Essais_de_corpus.doc
Logo de Benjamin D.
jeudi 22 septembre 2011 à 19h43, par  Benjamin D.

Travail de Benjamin D.

Logo de Première S
lundi 19 septembre 2011 à 08h39, par  Première S

Voici notre réponse sur la quatrième question.

Document joint :  Question_sur_corpus.odt
Logo de Première S
dimanche 18 septembre 2011 à 13h49, par  Première S

Voici une réponse au sujet n°2 : La religion.

Document joint :  La_religion_corpus_de_textes.doc
Logo de Première S
samedi 17 septembre 2011 à 16h02, par  Première S
Logo de Solenn et Mélanie
vendredi 16 septembre 2011 à 12h17, par  Solenn et Mélanie

Voici notre production sur le cours de ce matin. Bonne journée

Document joint :  Question_sur_Corpus.doc

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- 2004 : ES-S Théâtre L Épistolaire
- 2005 : ES-S Poésie L Théâtre
- 2006 : ES-S Argumentation L Poésie
- 2007 : ES-S Argumentation L Biographique
- 2008 : ES-S Roman L Roman
- 2009 : ES-S Théâtre L Théâtre
- 2010 : ES-S Argumentation L Réécritures
- 2011 : ES-S Roman L Théâtre
- 2012 : ES-S Poésie L Renaissance et Humanisme
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