Corrigé sur corpus de fables

mercredi 24 février 2010
par  BM

Question sur corpus de textes. Travail du mardi 22 septembre 2009 en Première S1

Le pouvoir des fables, de La Fontaine, Fable ou Histoire, de Victor Hugo, et La vive d’Anouilh, sont tous trois apparentables à la définition de « fable ».

En effet, ils comportent tous un récit au passé, avec des personnages (un Orateur de l’antiquité grecque, des animaux, des humains contemporains) et ces personnages sont dans un récit qui comporte un début et une fin, marqués par des événements :

- la situation politique d’Athènes provoque la nécessité de faire agir le peuple, et l’Orateur s’y emploie en racontant des histoires puis en morigénant ce peuple « enfant » ;
- la faim pousse un singe à revêtir la peau d’un tigre, et il croit devenir tigre à son tour en commettant des exactions ;
- la piqûre infligée à un enfant provoque attroupements, discussions, désaccords.

Ces trois textes conduisent une histoire, avec ou sans rebondissements ou chute finale.

Un autre aspect qui les rattache au genre de la fable est qu’ils comportent un enseignement, plus ou moins directement exprimé :

- chez La Fontaine, cet enseignement est très lourd, le registre didactique est marqué à la fois par la leçon donnée aux Athéniens par l’Orateur, et par la « moralité » ironique ou humoristique que le narrateur-auteur exprime à la fin ;
- chez Hugo, c’est plus ambigu, mais le « belluaire » a tout de même le rôle de faire voir une réalité, et même s’il ne la fait voir qu’au seul singe qu’il a dépouillé de son déguisement, c’est dans un discours qui s’adresse implicitement au lecteur de la fable : à supposer que ce lecteur soit privilégié, du fait que Les Châtiments sont une œuvre polémique dirigée contre Napoléon III, c’est alors le poète lui-même qui donne une leçon ;
- dans La vive, c’est le poisson lui-même qui délivre une moralité finale. Le point commun est donc que les trois moralités, plus ou moins explicites, sont toutes données par l’intermédiaire d’un personnage et d’un discours ; la fable de La Fontaine y ajoute une moralité dite par le narrateur.

On a donc les deux caractéristiques de la fable : un récit court, avec peu de personnages, qui débouche sur la délivrance d’une courte leçon de morale :

- La première nous dit que les fables doivent être plaisantes pour être efficaces,
- la deuxième qu’on ne doit pas se laisser abuser par les apparences,
- et la dernière donne une leçon de tolérance.

On voit donc trois domaines totalement différents : la littérature morale, la politique, et la vie de tous les jours, ce qui fait bien comprendre la polyvalence de cette forme littéraire.


Commentaires  (fermé)

Logo de B Maréchal
dimanche 7 novembre 2010 à 19h38, par  B Maréchal

Votre question comporte sa réponse.

Rousseau est le facteur commun aux trois autres textes, qui sont des fables.

Rousseau critique en effet la vertu des fables, disant (sans doute, puisque vous ne précisez pas exactement quel est le passage que vous étudiez) que les enfants peuvent mal comprendre la moralité, se mettent du côté du plus fort, n’ont pas à réfléchir puisqu’on leur impose une morale préfabriquée, etc.

Vous pouvez donc analyser la valeur argumentative des trois fables, montrer en quoi consiste leur force, et, en face, montrer que Jean-Jacques est un peu de mauvaise foi, que le poème de Hugo est en partie implicite, que les deux textes de La Fontaine ont un intérêt littéraire, etc.

La morale de ces trois textes n’est pas imposée au lecteur, on peut aussi les lire comme des histoires.

La passivité des lecteurs est donc toute relative, et le plaisir du texte est un atout non négligeable, qui requiert au contraire une activité, dans le but de percer à jour les éléments implicites.

Cela dit, il est impossible de traiter à distance une telle demande, ce n’en est pas davantage le lieu. Mais après correction de votre devoir par votre professeur, vous pourrez toujours venir apporter une nouvelle contribution à cette page. Vous pourrez même proposer un fichier joint.

BM

Logo de Marine
dimanche 7 novembre 2010 à 16h00, par  Marine

Bonjour,
Tout d’abord, votre corpus corrigé m’a été d’une grande aide. Je suis en première L, et j’ai un devoir de corpus demain, je dispose déjà des textes que je devrais rassembler dans ce corpus, ils sont au nombre de quatre. Cependant, en plus d’avoir Le Pouvoir des Fables de La Fontaine, Fable ou Histoire de Hugo, Les Obsèques de la Lionne de La Fontaine, je dispose d’un extrait de Emile ou de l’Education de Rousseau ou ce dernier dénonce le fait que la morale soit explicite dans la plupart des fables de La Fontaine et préconise une méthode pédagogique qui fasse de l’enfant non un sujet passif mais un acteur de sa formation. La fable et sa morale, lectures à but éducatif, sont donc logiquement objet de sa réflexion. Le problème est que je ne sais pas comment m’y prendre dans ce corpus sachant que trois d’entre ces textes sont des fables, et que seul le texte de Rousseau fait parti du genre de l’essai. Le seul point commun qu’il a avec les autres textes repose sur le cadre de l’enseignement qu’apporte la fable. Mais comment dois-je organiser mon corpus ? Dois-je analyser le texte de Rousseau à part ?
Je vous en prie, Monsieur, de bien vouloir tenir compte de ce commentaire et de, si possible, apporter des solutions à mon problème.
Merci d’avance,
Marine.

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