Pistes de lecture

mercredi 20 avril 2011
par  BM

Pistes de lecture sur Gargantua

Voici de brefs résumés des questions-réponses abordées pendant les cours de français. Il ne s’agit que de repères destinés à faciliter les relectures et les préparations à l’oral, et c’est le résultat de vos réécritures du cours de français : petites synthèses récoltées et remises en forme par quelques-uns d’entre vous, puis réorganisées par mes soins.

Les grands axes de cette lecture intégrale sont les suivants : le comique, l’éducation, la politique (incluant la guerre) et la religion.
Ces trois derniers thèmes font partie intégrante des réflexions menées par les auteurs que l’on qualifie d’humanistes.
Le comique est une caractéristique globale de Gargantua, et la lecture du Prologue doit toujours rester à l’esprit.

Le Prologue : une affaire sérieuse

- L’os à moelle, les boîtes à médicaments, Socrate et la philosophie, les bouteilles de vin, le roman de Rabelais, Alcofribas Nasier : des enveloppes loufoques sous lesquelles le lecteur est averti d’avoir à chercher (ou trouver) du sérieux. Par exemple, le remède contre la soif doit-il être pris au sérieux, ou non ?
« Remede contre la soif ?
Il est contraire à celluy qui est contre morsure de chien : courrez tousjours après le chien, jamais ne vous mordera ; beuvez tousjours avant la soif, et jamais ne vous adviendra. »

Il faut anticiper la soif de connaissance : attitude humaniste ?
- Cette problématique peut servir à lire un grand nombre de passages de Gargantua.
- Cette problématique peut se rattacher à la question de l’humanisme : poser des questions sérieuses, sous de nouvelles formes : le comique, la satire, etc.

Le choix du nom “Gargantua”

- Le comique du gigantisme : « à boire ! », un gros bébé, du lait en abondance, etc. Scatologie et grossièretés, démesure, paillardise sous-entendue ?
- Le sérieux : critique des traditions (donner le nom à l’enfant, respecter des superstitions, etc.)
- La critique des autorités qui jugent des opinions : « et a esté la proposition declairée mammallement scandaleuse ».

Tubal Holopherne et Jobelin Bridé : deux précepteurs très spéciaux

- Le thème : l’éducation, prélude à un grand nombre de chapitres.
- Le calcul des années passées à ne rien comprendre, mais à apprendre : comique et sérieux, critique de la scolastique et des apprentissages “par cœur”.
- Le peu d’intérêt de ces apprentissages pour la formation de l’être humain.
- Le contraste entre l’intelligence naturelle du petit Gargantua et l’éducation abrutissante qu’on lui impose, ce qui l’empêche d’épanouir cette intelligence.
- “Bridé” est un beau nom d’imbécile, ou de bête extraordinaire, comme les “oysons bridez, lievres cornuz, canes bastées” du Prologue, qui font penser aux “ânes bâtés” métaphoriques du fond de classe, les cancres, peut-être ?
- L’humanisme n’est pas très loin ...

Les sorbonagres sous l’œil de Ponocrates

- Les ânes sauvages de la Sorbonne : comique et caricature. Ces ânes-là ne sont pas bâtés : n’auraient-ils aucun bagage à porter ?
- Le calcul des heures de travail et des heures consacrées à autre chose : disproportion, gigantisme tourné uniquement vers l’abrutissement, la paresse, la nourriture, le jeu.
- La place de la religion, et la forme sous laquelle elle est pratiquée : récitations sans pensée ni foi ?
- La méthode de Ponocrates : pour bien guérir, il faut observer la maladie.
- L’humanisme consiste en cette observation, et en l’application d’un projet à un but précis.

Ponocrates à la reconquête du temps perdu

- Le calcul des heures ...
- La place de la religion, et de la spiritualité, la présence de dieu dans l’univers, les façons de manifester sa croyance : passage de la bêtise à l’intelligence. Prévoir une comparaison avec les opinions de Frère Jean, et avec la fondation de Thélème.
- Le gigantisme utopique de cette éducation.
- Un tour d’horizon des sciences importantes aux yeux de Rabelais.
- Une éducation qui s’intéresse aussi au corps, et qui envisage une sortie de l’école, afin de mettre en œuvre les apprentissages.

La bataille des fouaces

- Peu de choses sérieuses, une anecdote, mais de grandes conséquences.
- Le comique de la grossièreté, les listes d’injures, la caricature de l’agressivité bête et méchante.
- Une narration qui présente d’emblée le camp des bons et celui des méchants.

Les ambitions guerrières de Picrochole

- La gloire des princes est dans leurs conquêtes ...
- Le gigantisme de la bêtise ? Disproportion des fouaces à la conquête du monde ...
- Procédé de dérision systématique : un récit par anticipation et les illusions de la puissance.
- Un tour d’horizon géographique, hyperbolique, exponentiel.
- La place des conseillers des princes : flatteurs et compagnie, ou sages ?
- Une critique des guerres de conquête ? des guerres de religion ?

Frère Jean

- Un moine peu conventionnel : le comique qui cache un sérieux ? La vraie religion n’est pas dans les prières mais dans l’action. Cf. l’éducation selon Ponocrates.
- Une bataille horrible, comique, démesurée, cruelle.
- Parodie des récits épiques ? L’absence d’esprit chevaleresque de Frère Jean ? Etc.

Le pouvoir politique

- La philosophie au service du pouvoir : l’humanisme redécouvre les auteurs anciens qui ont traité de politique.
- Une théorie du bon voisinage ? Sous le comique de la guerre picrocholine, une leçon de diplomatie ou de sciences politiques ?
- La vertu est dans le pardon, dans la paix, et non dans les conquêtes : Grandgousier est l’inverse de Picrochole.
- Les références à l’Histoire et aux exemples de l’antiquité.

Thélème

- Un sujet sérieux sous couvert de plaisanterie : comment un moine non conventionnel( sans jeu de mots) peut-il proposer une réflexion sur la religion ?
- Le choix élitiste des futurs religieux et religieuses.
- Le symbole de l’absence de clôture.
- La mixité ...
- La liberté : une question se pose tout de même, celle de l’excès de liberté. C’est la vertu qui sert de tempérance à ce risque.

A vous d’ajouter sur cette page des éléments repris de vos cours.


Navigation

Articles de la rubrique

Brèves

Tous les bacs blancs

vendredi 9 mai 2014

Pour naviguer dans le répertoire de bacs blancs ...
Cliquez sur les bulles pour déplier la carte. Ensuite, les fichiers textes s’ouvriront au clic sur la flèche rouge.
Il y en a déjà 83 ... à suivre. Bonne lecture.

Antigone relue ...

lundi 9 septembre 2013

Une réécriture irrespectueuse

Les boloss des Belles Lettres ont commis un nouvel attentat contre la majesté de l’écriture antique. C’est ici.

Essayez aussi la « Twittérature », pour voir.
La réécriture de Madame Bovary est savoureuse ... c’est ici.

12 années d’EAF en métropole

vendredi 21 juin 2013

- 2002 : ES-S Argumentation L Poésie
- 2003 : ES-S Biographique L Réécritures
- 2004 : ES-S Théâtre L Épistolaire
- 2005 : ES-S Poésie L Théâtre
- 2006 : ES-S Argumentation L Poésie
- 2007 : ES-S Argumentation L Biographique
- 2008 : ES-S Roman L Roman
- 2009 : ES-S Théâtre L Théâtre
- 2010 : ES-S Argumentation L Réécritures
- 2011 : ES-S Roman L Théâtre
- 2012 : ES-S Poésie L Renaissance et Humanisme
- 2013 : ES-S Roman L Réécritures

Et pour la suite, voyez le site de Philippe Lavergne !

Lorenzaziccio en TL ...

samedi 16 mars 2013

Deux réécritures amusantes, mais irrespectueuses.
Zazie ici, Lorenzaccio .
Lorenzaziccio

Antigone, arts plastiques

samedi 16 février 2013

Des peintres contemporains ont représenté Antigone.
En voici une première de Claude Creach, une autre de Sylvie Reboulleau.
Caroline Jegouic, sur son blog, montre deux de ses œuvres, que l’on ne peut pas copier : Antigone et Le cri d’Antigone.
Une sculptrice contemporaine, Michèle Charron-Wolf, a réalisé une Antigone en terre cuite, un sculpteur, Fernand Pouillon, une Antigone en pierre de Bourgogne.

Réécrire : pourquoi ?

mercredi 19 décembre 2012

Statistiques

Dernière mise à jour

dimanche 3 septembre 2017

Publication

502 Articles
Aucun album photo
8 Brèves
Aucun site
15 Auteurs

Visites

462 aujourd'hui
846 hier
1153366 depuis le début
29 visiteurs actuellement connectés