L’Ingénu : Chapitre 15

vendredi 9 juillet 2010
par  BM

Chapitre XV
La belle Saint-Yves résiste à des propositions délicates

La belle Saint-Yves, plus tendre encore que son amant, alla donc chez monsieur de Saint-Pouange, accompagnée de l’amie chez qui elle logeait, toutes deux cachées dans leurs coiffes. La première chose qu’elle vit à la porte ce fut l’abbé de Saint-Yves, son frère, qui en sortait. Elle fut intimidée ; mais la dévote amie la rassura. "C’est précisément parce qu’on a parlé contre vous qu’il faut que vous parliez. Soyez sûre que dans ce pays les accusateurs ont toujours raison si on ne se hâte de les confondre. Votre présence d’ailleurs, ou je me trompe fort, fera plus d’effet que les paroles de votre frère."

Pour peu qu’on encourage une amante passionnée, elle est intrépide. La Saint-Yves se présente à l’audience. Sa jeunesse, ses charmes, ses yeux tendres, mouillés de quelques pleurs, attirèrent tous les regards. Chaque courtisan du sous-ministre oublia un moment l’idole du pouvoir pour contempler celle de la beauté. Le Saint-Pouange la fit entrer dans un cabinet ; elle parla avec attendrissement et avec grâce. Saint-Pouange se sentit touché. Elle tremblait, il la rassura. "Revenez ce soir, lui dit-il ; vos affaires méritent qu’on y pense et qu’on en parle à loisir ; il y a ici trop de monde ; on expédie les audiences trop rapidement : il faut que je vous entretienne à fond de tout ce qui vous regarde." Ensuite, ayant fait l’éloge de sa beauté et de ses sentiments, il lui recommanda de venir à sept heures du soir.

Elle n’y manqua pas ; la dévote amie l’accompagna encore, mais elle se tint dans le salon, et lut le Pédagogue chrétien, pendant que le Saint-Pouange et la belle Saint-Yves étaient dans l’arrière-cabinet. "Croiriez-vous bien, mademoiselle, lui dit-il d’abord, que votre frère est venu me demander une lettre de cachet contre vous ? En vérité j’en expédierais plutôt une pour le renvoyer en Basse-Bretagne. - Hélas ! monsieur, on est donc bien libéral de lettres de cachet dans vos bureaux, puisqu’on en vient solliciter du fond du royaume, comme des pensions. Je suis bien loin d’en demander une contre mon frère. J’ai beaucoup à me plaindre de lui, mais je respecte la liberté des hommes ; je demande celle d’un homme que je veux épouser, d’un homme à qui le roi doit la conservation d’une province, qui peut le servir utilement, et qui est fils d’un officier tué à son service. De quoi est-il accusé ? Comment a-t-on pu le traiter si cruellement sans l’entendre ?"

Alors le sous-ministre lui montra la lettre du jésuite espion et celle du perfide bailli. "Quoi ! il y a de pareils monstres sur la terre ! et on veut me forcer ainsi à épouser le fils ridicule d’un homme ridicule et méchant ! et c’est sur de pareils avis qu’on décide ici de la destinée des citoyens !" Elle se jeta à genoux, elle demanda avec des sanglots la liberté du brave homme qui l’adorait. Ses charmes dans cet état parurent dans leur plus grand avantage. Elle était si belle que le Saint-Pouange, perdant toute honte, lui insinua qu’elle réussirait si elle commençait par lui donner les prémices de ce qu’elle réservait à son amant. La Saint-Yves, épouvantée et confuse, feignit longtemps de ne le pas entendre ; il fallut s’expliquer plus clairement. Un mot lâché d’abord avec retenue en produisait un plus fort, suivi d’un autre plus expressif. On offrit non seulement la révocation de la lettre de cachet, mais des récompenses, de l’argent, des honneurs, des établissements ; et plus on promettait, plus le désir de n’être pas refusé augmentait.

La Saint-Yves pleurait, elle était suffoquée, à demi renversée sur un sofa, croyant à peine ce qu’elle voyait, ce qu’elle entendait. Le Saint-Pouange, à son tour, se jeta à ses genoux. Il n’était pas sans agréments, et aurait pu ne pas effaroucher un cœur moins prévenu ; mais Saint-Yves adorait son amant, et croyait que c’était un crime horrible de le trahir pour le servir. Saint-Pouange redoublait les prières et les promesses : enfin la tête lui tourna au point qu’il lui déclara que c’était le seul moyen de tirer de sa prison l’homme auquel elle prenait un intérêt si violent et si tendre. Cet étrange entretien se prolongeait. La dévote de l’antichambre, en lisant son Pédagogue chrétien, disait : "Mon Dieu ! que peuvent-ils faire là depuis deux heures ? Jamais monseigneur de Saint-Pouange, n’a donné une si longue audience ; peut-être qu’il a tout refusé à cette pauvre fille, puisqu’elle le prie encore."

Enfin sa compagne sortit de l’arrière-cabinet tout éperdue, sans pouvoir parler, réfléchissant profondément sur le caractère des grands et des demi-grands qui sacrifient si légèrement la liberté des hommes et l’honneur des femmes.

Elle ne dit pas un mot pendant tout le chemin. Arrivée chez l’amie, elle éclata, elle lui conta tout. La dévote fit de grands signes de croix. "Ma chère amie, il faut consulter dès demain le père Tout-à-tous, notre directeur ; il a beaucoup de crédit auprès de monsieur de Saint-Pouange ; il confesse plusieurs servantes de sa maison ; c’est un homme pieux et accommodant, qui dirige aussi des femmes de qualité. Abandonnez-vous à lui, c’est ainsi que j’en use, je m’en suis toujours bien trouvée. Nous autres, pauvres femmes, nous avons besoin d’être conduites par un homme. - Eh bien donc ! ma chère amie, j’irai trouver demain le père Tout-à-tous."

Présentation

Le premier paragraphe débute par une présentation de la situation : Melle de Saint-Yves se rend chez Mr. De Saint-Pouange accompagnée de sa dévote amie dans le but de libérer son amant de prison.

Ensuite Saint-Pouange tente par de multiples moyens de la séduire et de l’amener à lui céder. Pour la convaincre il lui présente les lettres de dénonciation rédigées par le Jésuite et le Bailli contre l’Ingénu. Pour l’inciter à répondre à ses avances, il lui offre multiples récompenses (révocation de la lettre de cachet, prix, honneur…), la menace, puis la fait chanter.

Questions sur le texte

Comment l’auteur dénonce-t-il l’abus de pouvoir ?

Quelle perception des dévots nous est données dans cet extrait ?

Mademoiselle de Saint-Yves est-elle ou feint-elle d’être une Ingénue ?

Éléments de réponse et appui sur le texte

Première question

Dans les chapitres IX et XIII, Voltaire montrait déjà les gens de la cour occupés avec des femmes ; ici aussi, un homme puissant, un "sous-ministre", semble très attiré par les belles femmes. C’est un homme de pouvoir.

La dévote amie tient un discours qui sert d’entrée en matière au chapitre. Elle emploie le terme « fera plus d’effet » pour montrer à Melle de Saint-Yves qu’elle doit persuader Saint-Pouange par la séduction. Elle laisse entendre que sa manière de présenter ses arguments compte plus que ses arguments en eux-mêmes. On peut repérer trois caractéristiques chez Melle de Saint-Yves : ses yeux tendres, sa jeunesse et ses charmes qui sont employés dans le texte comme un sous-entendu grivois. Ces caractéristiques la réduisent à un simple objet car seul son physique compte.

Alors que Melle de Saint-Yves est l’idole personnifiée de la beauté, Saint-Pouange est l’idole du pouvoir : « Chaque courtisan du sous-ministre, oubliant un moment l’idole du pouvoir pour contempler celle de la beauté. ». Voltaire utilise donc une allégorie du pouvoir et de la beauté. Pour les courtisans, Saint-Pouange est vu comme une idole du pouvoir. Ils prennent exemple sur lui, ce qui est critiqué par Voltaire. (Ils sont soumis au pouvoir).

L’auteur dénonce dans cet extrait les abus de pouvoir notamment celui exercé par Saint-Pouange. En effet, en recourant aux promesses de récompenses et d’honneurs « On offrit non seulement la révocation de la lettre de cachet, mais des récompenses, de l’argent, des honneurs, des établissements. » Le sous-ministre espère par cette méthode persuader Mlle de Saint-Yves à « lui donner les prémices de ce qu’elle [réserve] à son amant ». Mlle de Saint-Yves est perçue ici en tant que simple objet, que Saint-Pouange peut obtenir moyennant une certaine somme.

Voyant ses tentatives échouer et Mlle de Saint-Yves décliner ses avances, il décide donc de recourir au chantage en déclarant que « le seul moyen de tirer de sa prison l’homme auquel elle [prend] un intérêt si violent et tendre » est d’accepter son marché. Il abuse ici de l’autorité que lui confère son statut pour obliger les autres à se plier à ses désirs. Saint-Pouange exerce donc ici ce que l’on appelle un abus de pouvoir. Voltaire dresse une caricature des hommes de pouvoir en utilisant un comique de situation qui montre qu’un ministre peut s’abaisser au point d’en devenir pathétique pour obtenir une fille. Le plaisir personnel est chez lui plus important que le devoir politique.

Deuxième question

Saint-Pouange est un homme de pouvoir, mais la religion n’est pas très loin : c’est une dévote qui l’a indiqué à Mademoiselle de Saint-Yves comme un des deux recours possibles : "Croyez-moi, allez chez monsieur de Saint-Pouange, qui fait le bien et le mal, cousin et favori de monseigneur de Louvois. Ce ministre a deux âmes : monsieur de Saint-Pouange en est une ; madame du Belloy, l’autre ; mais elle n’est pas à présent à Versailles ; il ne vous reste que de fléchir le protecteur que je vous indique."

Toute l’affaire entre lui et Saint-Yves repose sur les sentiments et la manière de persuader, ce qui est justifié par l’emploi des termes « attendrissement » et « se sentit touché », qui témoignent de la mise en place du jeu sur les émotions.

Il demande alors à Melle de Saint-Yves de revenir le soir à sept heures soi-disant parce qu’il y a trop de monde. Mais en réalité, il veut attendre le départ des autres fonctionnaires dans l’espoir de coucher avec elle. On a donc ici un sous-entendu grivois par l’emploi du terme « m’entretenir à fond de tout ce qui vous regarde », c’est-à-dire ce qui la concerne, ainsi que Saint-Pouange lui-même, qui entre dans cette catégorie, c’est-à-dire qu’il la regarde également. C’est une manière de révéler ce qu’il a derrière la tête. Voltaire fait son portrait à travers son discours. C’est un portrait en paroles lors duquel le dévot Saint-Pouange se révèle.

On remarque parallèlement que l’amie de Melle de Saint-Yves, censée être dévote, est en fait au courant de ce qui risque de lui arriver lors de son entretien avec Saint-Pouange. C’est donc une fausse dévote. Ici, Voltaire veut nous faire comprendre l’hypocrisie présente chez l’amie « dévote » et, dans un sens plus large, dans la société en général. Il critique dans ce paragraphe cette hypocrisie.

C’est un tableau péjoratif et critique des dévots. Le personnage visé ici est la dévote amie que Mlle de Saint-Yves a rencontrée à Versailles. Elle se fait passer pour une dévote mais n’a pas les pensées d’une personne pieuse puisqu’elle n’a aucun scrupule à amener Mlle de Saint-Yves chez Saint-Pouange, connaissant son engouement pour les jeunes filles.

On soulignera le sous-entendu grivois (« Mon Dieu ! Que peuvent-ils faire là depuis deux heures ? ») exprimé par la dévote, se rapprochant presque de la question rhétorique, puisque celle-ci se doute parfaitement des intentions de Saint-Pouange. On retrouve ici la même thématique que dans le Tartuffe de Molière, mettant en scène un dévot hypocrite. Voltaire cherche à critiquer la mentalité des dévots, qui se disent pour la plupart pieux mais ne le sont finalement pas.

Troisième question

Au début de l’entretien, Mlle de Saint-Yves semble ne pas comprendre les avances de Saint-Pouange et lui demande maintes fois d’être plus précis. On pourrait croire que, à l’instar de son amant, elle est naïve et ne saisit pas le sens des propos du sous-ministre. Mais en précisant qu’ « elle [feint] longtemps de ne de pas comprendre », Voltaire prouve au lecteur que ce n’est qu’un stratagème pour gagner du temps et pour forcer Saint-Pouange à avouer explicitement ce qu’il attend d’elle, lui donnant ainsi la possibilité de refuser une telle offre, considérée par l’Église - alors très influente - comme un péché.

La scène est néanmoins ambiguë dans le sens où l’on pourrait considérer que Saint-Yves refuse le plus longtemps possible les offres de Saint-Pouange dans le but d’atteindre le profit maximum.

Conclusion

Voltaire dresse plusieurs critiques par le biais de Mlle de Saint-Yves.

On peut en cela considérer un parallélisme avec le personnage de l’Ingénu, que d’habitude Voltaire prend pour porte-parole. Son idéalisme se heurte aux dogmes de la société. Voltaire veut nous faire comprendre que le monde où l’on est plongé est perverti, seul le pouvoir y règne, et la vertu y est une valeur superflue.

On le voit à l’aide de trois axes de lecture. L’idéalisme de Saint-Yves, qui est en contraste avec les deux autres thèmes : l’abus de pouvoir du sous-ministre qui est généralisé aux hommes influents par leur richesse et leur statut, et l’hypocrisie de la dévote, que l’on retrouve à tous les degrés de la hiérarchie ecclésiastique.

On trouve dans ce chapitre une répétition de l’arrivée de l’Ingénu à Versailles et de celle des Kerkabon à Paris, qui tous trois découvrent les défauts et les contradictions de la société.

Voltaire n’arrête pas là la critique des dévots et la poursuit dans les chapitres suivants lorsque la dévote prend parti pour Saint-Pouange et pousse Mademoiselle de Saint-Yves à accepter sa proposition, en avouant n’avoir aucun scrupule à jouer de ses charmes afin d’obtenir quelques privilèges ; en effet elle l’exprime clairement dans son propos : « je vous avouerai que si j’avais été aussi difficile que vous l’êtes, mon mari ne jouirait pas du petit poste qui le fait vivre ; il le sait, et loin d’en être fâché, il voit en moi sa bienfaitrice, et il se regarde comme ma créature. »

Adèle, Anne-Pénélope, Joséphine et Marylène

Notes sur le texte

« Elle fut intimidée ; mais la dévote amie la rassura. »
Dévote : dévouée à Dieu. Cela désigne l’amie de Mademoiselle de Saint Yves, et il faut y voir une antiphrase car celle-ci ne se montrera pas très pieuse (Petit Larousse).

« Soyez sûre que dans ce pays les accusateurs ont toujours raison si on ne se hâte de les confondre. »
On ne se hâte de les confondre : de les démasquer. Voltaire utilise ici le vocabulaire de la justice (Petit Larousse).

« Pour peu qu’on encourage une amante passionnée, elle est intrépide. »
Elle est intrépide : elle ne craint pas le danger, ne se laisse pas décourager par les obstacles (Petit Larousse).

« Ensuite, ayant fait l’éloge de sa beauté et de ses sentiments, il lui recommanda de venir à sept heures du soir. »
L’éloge de sa beauté : ayant fait la louange de sa beauté, l’ayant complimentée. Cela désigne les compliments que Saint-Pouange fait à mademoiselle Saint Yves. Voltaire se moque de la perversité de Saint-Pouange (Petit Larousse).

« On offrit non seulement la révocation de la lettre de cachet, mais des récompenses, de l’argent, des honneurs, des établissements ; et plus on promettait, plus le désir de n’être pas, refusé augmentait. »
La révocation : l’annulation. On voit ici qu’une loi peut être défaite, qu’une décision de justice peut être annulée, sur un simple caprice ou une nouvelle décision (Petit Larousse).

La lettre de cachet : lettre close spéciale par le moyen de laquelle on envoyait, sans jugement, un particulier dans une prison d’État ou en exil. Ce procédé de dénonciation est révélateur d’une politique autoritaire, et de l’arbitraire royal.

Offrir des établissements : des situations dans la société. Cela montre que Saint-Pouange est prêt à tout pour arriver à ses fins.

« Enfin sa compagne sortit de l’arrière-cabinet tout éperdue, sans pouvoir parler, réfléchissant profondément sur le caractère des grands et des demi-grands qui sacrifient si légèrement la liberté des hommes et l’honneur des femmes. » Tout éperdue : tout égarée sous l’effet de l’émotion. Mademoiselle de Saint Yves est choquée par ce que Saint-Pouange lui a proposé (Petit Larousse).

Notes de Jessica


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