L’Ingénu : Chapitre 9

vendredi 9 juillet 2010
par  BM

Extrait expliqué du chapitre IX (incipit)
Arrivée de l’Ingénu à Versailles. Sa réception à la cour

L’Ingénu débarque en pot de chambre dans la cour des cuisines. Il demande aux porteurs de chaise à quelle heure on peut voir le roi. Les porteurs lui rient au nez, tout comme avait fait l’amiral anglais. Il les traita de même, il les battit ; ils voulurent le lui rendre, et la scène allait être sanglante s’il n’eût passé un garde du corps, gentilhomme breton, qui écarta la canaille. "Monsieur, lui dit le voyageur, vous me paraissez un brave homme ; je suis le neveu de monsieur le prieur de Notre-Dame de la Montagne ; j’ai tué des Anglais, je viens parler au roi ; je vous prie de me mener dans sa chambre." Le garde, ravi de trouver un brave de sa province, qui ne paraissait pas au fait des usages de la cour, lui apprit qu’on ne parlait pas ainsi au roi, et qu’il fallait être présenté par monseigneur de Louvois. "Eh bien ! menez-moi donc chez ce monseigneur de Louvois, qui sans doute me conduira chez Sa Majesté. - Il est encore plus difficile, répliqua le garde, de parler à monseigneur de Louvois qu’à Sa Majesté ; mais je vais vous conduire chez monsieur Alexandre, le premier commis de la guerre : c’est comme si vous parliez au ministre." Ils vont donc chez ce monsieur Alexandre, premier commis, et ils ne purent être introduits ; il était en affaire avec une dame de la cour, et il y avait ordre de ne laisser entrer personne. "Eh bien ! dit le garde, il n’y a rien de perdu ; allons chez le premier commis de monsieur Alexandre : c’est comme si vous parliez à monsieur Alexandre lui-même."

Le Huron, tout étonné, le suit ; ils restent ensemble une demi-heure dans une petite antichambre. "Qu’est-ce donc que tout ceci ? dit l’Ingénu ; est-ce que tout le monde est invisible dans ce pays-ci ? Il est bien plus aisé de se battre en Basse-Bretagne contre des Anglais que de rencontrer à Versailles les gens à qui on a affaire." Il se désennuya en racontant ses amours à son compatriote. Mais l’heure en sonnant rappela le garde du corps à son poste. Ils se promirent de se revoir le lendemain, et l’Ingénu resta encore une autre demi-heure dans l’antichambre, en rêvant à mademoiselle de Saint-Yves, et à la difficulté de parler aux rois et aux premiers commis.

Enfin le patron parut. "Monsieur, lui dit l’Ingénu, si j’avais attendu pour repousser les Anglais aussi longtemps que vous m’avez fait attendre mon audience, ils ravageraient actuellement la Basse-Bretagne tout à leur aise." Ces paroles frappèrent le commis. Il dit enfin au Breton : "Que demandez-vous ? - Récompense, dit l’autre ; voici mes titres." Il lui étala tous ses certificats. Le commis lut, et lui dit que probablement on lui accorderait la permission d’acheter une lieutenance. "Moi ! que je donne de l’argent pour avoir repoussé les Anglais ? que je paye le droit de me faire tuer pour vous, pendant que vous donnez ici vos audiences tranquillement ? Je crois que vous voulez rire. Je veux une compagnie de cavalerie pour rien ; je veux que le roi fasse sortir mademoiselle de Saint-Yves du couvent,. et qu’il me la donne par mariage ; je veux parler au roi en faveur de cinquante mille familles que je prétends lui rendre. En un mot, je veux être utile ; qu’on m’emploie et qu’on m’avance.

- Comment vous nommez-vous, monsieur ; qui parlez si haut ? - Oh ! oh ! reprit l’Ingénu, vous n’avez donc pas lu mes certificats ? C’est donc ainsi qu’on en use ? Je m’appelle Hercule de Kerkabon ; je suis baptisé, je loge au Cadran bleu, et je me plaindrai de vous au roi." Le commis conclut comme les gens de Saumur, qu’il n’avait pas la tête bien saine, et n’y fit pas grande attention."

Présentation

Ce passage est un extrait du chapitre IX de L’Ingénu il se situe au milieu du roman, après que Le Huron a repoussé les Anglais venus attaquer la Basse Bretagne.

Il porte sur l’intention de l’Ingénu de demander Mlle de Saint Yves en mariage au Roi comme récompense de sa bravoure.

Questions sur le texte

Comment Voltaire critique-t-il la hiérarchie de l’administration ? Grâce à la naïveté de son personnage, et aux procédés comiques.

Éléments de réponse et appui sur le texte

1°) Le Huron, personnage naïf

Dès La première question de l’Ingénu « Il demande aux porteurs de chaise à quelle heure on peut voir le roi », Voltaire cherche à faire comprendre au lecteur que la hiérarchie n’a pas de sens et qu’il sera impossible pour le Huron de voir la personne qu’il espère rencontrer.

Les procédés de répétition et d’accumulation d’expressions comme « c’est comme si vous parliez.... », suivie d’une série de titres entraînent le désespoir de L’ingénu et son incompréhension, visible au moyen d’un relevé de champ lexical.

De même, l’opposition entre la connaissance des défaillances du système et le fait que personne ne fasse rien pour qu’il change (soumission des différents échelons de la hiérarchie au système hiérarchique) engendre un sentiment de révolte naïf de la part du Huron. La fréquence des points d’interrogation est aussi remarquable et traduit l’étonnement de celui-ci.

L’ingénu a également un fort caractère idéaliste naïf, visible dans son opposition au fonctionnement de la cour.

Une personne sauvage comme l’Ingénu qui ne connait aucun des principes de la Cour et permet de montrer les défauts du système, grâce à son objectivité et à un œil critique.

2°) Le comique présent pour le lecteur.

Le texte présente plusieurs aspects comiques, comme le comique de situation provoqué par la naïveté de l’Ingénu et son ignorance du système hiérarchique décrit par Voltaire. Pour le lecteur, des phrases naïves telles que « je viens parler au Roi ; je vous prie de me mener dans sa chambre » paraissent absurdes au lecteur et prennent un caractère comique.

Autre comique présent, le comique de répétition, car l’Ingénu est toujours obligé de passer plus bas dans la hiérarchie afin d’accéder à la personne qu’il désire rencontrer, ainsi le lecteur peut observer qu’il revient au même de parler au premier commis de M. Alexandre qu’au Roi grâce aux occurrences des mots « c’est comme si » qui signifient en terme d’équation que le premier commis de M. Alexandre est égal à M. Alexandre qui est égal à monseigneur de Louvois qui est égal au Roi. Au final, l’Ingénu ne peut même pas avoir accès à la seule personne qu’il désire rencontrer, et Voltaire critique l’incapacité de la cour à faire son travail par le biais des paroles du personnage principal : « Est-ce que tout le monde est invisible dans ce pays-ci ? ».

Le système hiérarchique décrit par Voltaire apparaît au lecteur comme illogique et provoque un comique de décalage par plusieurs oppositions, comme le fait que l’Ingénu veuille être utile alors que ce n’est pas le cas des gens hauts placés. Exemple : M. Alexandre qui « était en affaire avec une dame de la cour » au lieu d’être à son poste. Voltaire provoque le comique par des sous-entendus.

Un autre aspect comique, introduit par le registre ironique et indigné, réside dans le contraste entre le fait que l’Ingénu reçoive, pour toute récompense de ses services, le droit de payer : « Que je paye le droit de me faire tuer pour vous, pendant que vous donnez ici vos audiences tranquillement ? ».

Conclusion

Dans ce chapitre, Voltaire critique la hiérarchie de l’administration au moyen du regard objectif et naïf de l’Ingénu, trait de caractère exprimé dans l’attitude inadaptée de celui-ci face au système hiérarchique, par exemple lorsqu’il s’exclame « Je viens parler au Roi ; je vous prie de me mener dans sa chambre ». Son incompréhension face au manque de cohérence du système permet la critique de celui-ci. Voltaire utilise également plusieurs procédés de rhétorique visant à créer d’autres registres comiques, comme le comique de situation provoqué par le fait que l’Ingénu doit passer par tous les échelons de la hiérarchie afin de pouvoir parler au roi, de décalage (provoqué par le fait que l’Ingénu veuille davantage se rendre utile que les dirigeants du pays), ainsi que de répétition (par le fait que le Huron soit obligé de courir à droite et à gauche afin d’enfin trouver quelqu’un qui ne soit pas en « affaire personnelle », car le système est aussi présenté comme illogique par Voltaire, lorsque celui-ci montre au lecteur par le biais des explications du garde que les personnes ayant les plus basses responsabilités sont égales aux gens les plus hauts placés).

Le Huron se trouve en incompréhension totale du système, et le lecteur s’associant au personnage principal ressent lui aussi cette impression d’illogisme. Ces divers procédés entrainent une dévalorisation de la hiérarchie de l’administration.

Cassandra, Alicia et Claire

Fin du chapitre IX

Ce même jour, le révérend père La Chaise, confesseur de Louis XIV, avait reçu la lettre de son espion, qui accusait le Breton Kerkabon de favoriser dans son cœur les huguenots, et de condamner la conduite des jésuites. Monsieur de Louvois, de son côté, avait reçu une lettre de l’interrogant bailli, qui dépeignait l’Ingénu comme un garnement qui voulait brûler les couvents et enlever les filles.

L’Ingénu, après s’être promené dans les jardins de Versailles, où il s’ennuya, après avoir soupé en Huron et en Bas-Breton, s’était couché dans la douce espérance de voir le roi le lendemain, d’obtenir mademoiselle de Saint-Yves en mariage, d’avoir au moins une compagnie de cavalerie, et de faire cesser la persécution contre les huguenots. Il se berçait de ces flatteuses idées, quand la maréchaussée entra dans sa chambre. Elle se saisit d’abord de son fusil à deux coups et de son grand sabre.

On fit un inventaire de son argent comptant, et on le mena dans le château que fit construire le roi Charles V, fils de Jean II, auprès de la rue St Antoine, à la porte des Tournelles.

Quel était en chemin l’étonnement de l’Ingénu, je vous le laisse à penser. Il crut d’abord que c’était un rêve. Il resta dans l’engourdissement, puis tout à coup transporté d’une fureur qui redoublait ses forces, il prend à la gorge deux de ses conducteurs ; qui étaient avec lui dans le carrosse, les jette par la portière, se jette après eux, et entraîne le troisième, qui voulait le retenir. Il tombe de l’effort, on le lie, on le remonte dans la voiture. "Voilà donc, disait-il, ce que l’on gagne à chasser les Anglais de la Basse-Bretagne ! Que dirais-tu, belle Saint-Yves, si tu me voyais dans cet état ?"

On arrive enfin au gîte qui lui était destiné. On le porte en silence dans la chambre où il devait être enfermé, comme un mort qu’on porte dans un cimetière. Cette chambre était déjà occupée par un vieux solitaire de Port-Royal, nommé Gordon, qui y languissait depuis deux ans. "Tenez, lui dit le chef des sbires, voilà de la compagnie que je vous amène" ; et sur-le-champ on referma les énormes verrous de la porte épaisse, revêtue de larges barres. Les deux captifs restèrent séparés de l’univers entier.

Notes sur le texte

« L’Ingénu débarque en pot de chambre dans la cour des cuisines »
Le pot de chambre est une voiture de Paris à Versailles qui ressemble à un tombereau couvert. L’image est sans doute un peu burlesque ici.

« Il demande aux porteurs de chaise à quelle heure on peut voir le roi. »
Cette question posée par l’Ingénu est naïve, ce qui met en évidence un comique de personnage : L’Ingénu ne connaît pas le fonctionnement de la cour.

« Le garde, ravi de trouver un brave de sa province, qui ne paraissait pas au fait des usages de la cour ».
La périphrase est comique au premier degré, faisant voir l’Ingénu comme un homme sans cervelle ou sans culture, mais au second degré elle ridiculise la superficialité des courtisans.

« C’est comme si vous parliez au ministre. [...] Allons chez le premier commis de monsieur Alexandre : c’est comme si vous parliez à monsieur Alexandre lui-même. »
On a une sorte d’anaphore : Voltaire utilise ici le comique de répétition et de situation pour critiquer l’illogisme des influences à la cour. L’Ingénu a l’impression qu’il n’arrivera jamais à parler au roi.

« Ils restent ensemble une demi-heure dans une petite antichambre »
Il s’agit du Huron et du garde qui attendent pour parler au commis de Monsieur Alexandre, puisqu’il n’arrive pas a rencontrer les personnes supérieures à ce commis. Il s’impatiente et s’ennuie dans cette pièce. Explication : c’est une chambre qui précède la pièce principale, l’équivalent d’une salle d’attente. Cela montre le mépris envers les visiteurs que l’on ne veut pas recevoir trop vite.

« Il était en affaire avec une dame de la cour, et il y avait ordre de ne laisser entrer personne. »
Comique de situation par sous-entendus grivois. Ce comique prouve que les personnes influentes utilisent leur pouvoir pour « faire affaire avec des dames » alors qu’ils sont censés occupés à travailler.

« Est-ce que tout le monde est invisible dans ce pays-ci ? »
On a ici une question rhétorique : Voltaire utilise l’ironie pour montrer l’incapacité de la cour à faire son travail.

« Ces paroles frappèrent le commis. »
C’est une hyperbole : Les paroles ne frappent pas, c’est exagéré, et cela montre à quel point l’Ingénu est étrange, ou étranger au monde de la Cour.

« Que je paye le droit de me faire tuer pour vous, pendant que vous donnez ici vos audiences tranquillement ? »
La question rhétorique du Huron montre ici son agacement et son indignation vis-à-vis des autorités supérieures et de la situation.

« on lui accorderait la permission d’acheter une lieutenance ».
Le commis, après avoir lu les certificats de L’Ingénu lui dit cela, l’Ingénu est choqué de la proposition et demande beaucoup plus. La lieutenance est une charge d’officier (de lieutenant) qui s’achète. Sous l’Ancien régime, un grand nombre d’emplois dans l’armée et dans la magistrature s’achètent ; on parle de la vénalité des charges.

« Je veux parler au roi en faveur de cinquante mille familles que je prétends lui rendre »
Voir le chapitre VIII : l’Ingénu a rencontré des protestants qui lui ont raconté leurs malheurs.

« L’Ingénu comme un garnement qui voulait brûler les couvents et enlever les filles. »
Par cette comparaison, l’Ingénu est vu comme un enfant par le bailli qui représente l’ordre et la justice. Cette comparaison est dévalorisante vis-à-vis de l’Ingénu, et c’est un raccourci inexact des événements du chapitre VII.

« Il se berçait de ces flatteuses idées »
Par cette métaphore Voltaire nous montre que le Huron rêve de ses grandes idées qui vont le tromper (il tombe de haut) et qui, peu à peu, l’endorment. Sa naïveté naturelle sera prise en défaut par l’immoralité du système politique auquel il a affaire.

« la maréchaussée entra dans sa chambre »
L’Ingénu espère voir le roi le lendemain, d’obtenir Mlle de St Yves en mariage… quand la maréchaussée arrive chez lui. Ici la maréchaussée vient chercher l’Ingénu pour le mener en prison où il rencontrera Gordon. La maréchaussée est un nom équivalent de la gendarmerie. L’effet de surprise est augmenté par le contraste entre les rêves de l’Ingénu et la réalité de cette irruption.

« on le mena dans le château que fit construire le roi Charles V, fils de Jean II, auprès de la rue St Antoine, à la porte des Tournelles. »
C’est une longue périphrase à l’allure de devinette historique, utilisée comme un euphémisme, qui désigne la Bastille, prison réservée généralement aux délits d’opinion.

« Quel était en chemin l’étonnement de l’Ingénu, je vous le laisse à penser. »
Voltaire s’adresse au lecteur de manière rhétorique sous forme de phrase affirmative, intervenant ainsi dans son récit avec humour et interpellant le lecteur.

« transporté d’une fureur qui redoublait ses forces, il prend à la gorge deux de ses conducteurs qui étaient avec lui dans le carrosse, les jette par la portière, se jette après eux, et entraîne le troisième, qui voulait le retenir. »
Par cette énumération, Voltaire insiste sur l’action en cours de déroulement. Il montre l’héroïsme de l’Ingénu face à trois hommes.

« comme un mort qu’on porte dans un cimetière. »
Voltaire compare de façon hyperbolique la prison à un cimetière et le prisonnier à un mort.

« Les deux captifs restèrent séparés de l’univers entier »
On a ici encore une hyperbole pathétique : l’auteur montre que les prisonniers sont totalement exclus de la société, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent plus voir personne à l’intérieur de leur cellule.

Notes de Thomas, Anne-Pénélope, Joséphine et Romuald


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