Ulysse, figure de la condition humaine : un devoir d’élève

mardi 25 janvier 2011
par  BM

Assma est en TL au Lycée Saint-Exupéry, à Mantes la Jolie, et permet la publication de son devoir.

En quoi Ulysse est-il une figure de la condition humaine ?

L’Odyssée d’Homère constitue l’épopée du héros grec Ulysse, de son périple depuis le peuple des Cicones à son retour victorieux à Ithaque, sa patrie. Tout au long de son périple, il est confronté à divers maux, obstacles, dangers et il est dépeint dans les états les plus divers. Aussi, en quoi le personnage d’Ulysse peut-il être considéré comme une figure de la condition humaine ?
Presque tout au long de son périple, Ulysse est un personnage qui souffre autant physiquement que mentalement. De plus, il est conduit souvent par des sentiments qui peuvent ou lui nuire ou l’aider dans la poursuite de périple. Enfin, Ulysse se considère lui-même comme un homme, soumis au destin et souhaitant seulement revoir les siens.

Ulysse, grâce à sa victoire lors de la guerre de Troie, est un héros reconnu et admiré par les hommes. Pourtant confronté à tous les maux, il est montré comme sensible. Au chant V, Ulysse, retenu contre son gré par la nymphe Calypso, est décrit comme pleurant « sur le promontoire où il passait ses jours / le cœur brisé de larmes, de soupir et de tristesse » (vv82-83).
Confronté à la mort de ses compagnons, au désir de revoir les siens et à ses propres limites, Ulysse est présenté comme un être souffrant et gémissant pour toutes les pertes qu’il a subies. A la fin du chant IX, après s’être échappé de l’île des cyclopes, Ulysse déclare être « heureux d’être vivant, mais pleurant [ses] compagnons morts ». Il montre ainsi l’image d’un héros pathétique, dans sa faiblesse d’homme.
Ulysse fait également preuve de fragilité physique. L’enchaînement des épreuves l’épuise. Cet état de lassitude physique est mis en lumière durant l’épisode de la tempête déchainée par Poséidon au chant V : « J’ai déjà tant souffert, j’ai déjà tant peiné, / à la guerre et terre ». Ceci démontre en effet l’abattement et le découragement qui gagne le héros. Ce statut de héros ne le préserve donc pas de la souffrance que peut subir un homme.

De plus, tel qu’un être humain ordinaire, Ulysse est à de nombreuses reprises conduit par des sentiments et des qualités qui le poussent à agir. Ces sentiments peuvent l’aider dans son périple, face à divers obstacles. En effet, il est pourvu de qualités certaines, comme le montrent les nombreux épithètes homériques qui le désignent : il est « l’industrieux » (V, v. 203), « patient » (V, 31), « l’endurant » (V, v.171), « l’ingénieux » (V, v. 215), « le subtil sage » (VII, v. 168) et « le généreux » (V. v. 150).
Le courage dont a fait preuve Ulysse lui permit plusieurs fois de s’extraire de situations complexes. Au chant XII, lorsque son navire s’approche des créatures Charybde et Scylla, il décide de braver le danger en se mettant au devant du navire. Il se surpasse et expose ainsi l’image d’un homme courageux. La “mètis” est également l’une des principales caractéristiques d’Ulysse. Lorsqu’il est retenu prisonnier dans l’antre de Polyphème au chant IX, il élabore tout un stratagème afin de tromper le cyclope en l’enivrant et en lui crevant son unique œil.
Pourtant, Ulysse est tout autant conduit par des sentiments et des défauts qui peuvent lui nuire. Par exemple, Ulysse fait plusieurs fois preuve de faiblesse par ses erreurs, son orgueil, sa curiosité.
C’est ainsi que sur l’île des Cyclopes au chant IX, il insiste pour rencontrer le cyclope, n’écoutant pas ainsi les conseils avisés de ses compagnons. Cette curiosité lui vaudra d’être enfermé dans l’antre de Polyphème et causera la perte de plusieurs de ses compagnons.
Son excès d’orgueil lui sera également néfaste. En effet, lorsqu’il quitte l’île des Cyclopes, Ulysse ne peut s’empêcher de se moquer du cyclope qu’il a blessé et l’informe de son identité. Connaissant son identité, Poséidon, le père de Polyphème, souhaite se venger et poursuivra Ulysse tout au long de son périple.

Ulysse n’est qu’un homme, malgré le fait qu’il est à de nombreuses reprises comparé aux « Dieux Bienheureux ». En effet, lors de son arrivé sur l’île de Phéacie au chant VII, Alcinoos, le roi, s’émerveille de la beauté d’Ulysse et considère le fait que cet étranger venu de très loin peut être un dieu. Ulysse le contredit immédiatement et lui annonce : « Je ne suis qu’un mortel, l’homme le plus chargé de misère que vous sachiez » (vv210-211). Il fait donc preuve de modestie, il refuse qu’on le compare à ce qu’il n’est pas et a conscience de sa condition d’homme.
De plus, Ulysse, tel que tous les hommes, est soumis au destin. Il ne peut s’y soustraire. En effet, il n’est pas maître de son avenir. Certes, nous savons que son destin est de rentrer à Ithaque, cela est annoncé dès le chant I et Zeus l’annonce également lors de l’assemblée au chant V : « Son destin est de revoir les siens, de revenir / en sa haute demeure et sur le sol de son pays ».
Pourtant la connaissance de l’issue ne permet pas de savoir que faire pour y parvenir. A cause de son orgueil, Poséidon le poursuit mais il ne peut rien faire contre le destin qui a réservé une autre issue à Ulysse.
Le but ultime d’Ulysse dans la poursuite de son périple est de parvenir à atteindre Ithaque afin de retrouver sa famille, sa femme Pénélope et son fils Télémaque, qu’il a quittés il y a vingt ans de cela. Au chant XI, lorsqu’Ulysse rejoint le royaume des morts afin de s’entretenir avec le devin Tirésias, il est abattu lorsqu’il aperçoit l’ombre de sa mère qu’il avait pourtant laissée vivante lors de son départ de Troie. Cette dernière l’informe de la situation au palais à Ithaque : sa femme est courtisée par des prétendants peu scrupuleux, son fils tente tant bien que mal de gérer le palais, et son père, Laërte, est abattu par le chagrin. Le souvenir de sa famille et de ce qu’il est à Ithaque est un véritable moteur pour Ulysse. En effet, au chant X, après avoir séjourné un an chez la sorcière Circé, il décide de reprendre la route sur-le-champ lorsque ses compagnons lui rappellent Ithaque et ce qu’il a laissé derrière.

Ainsi Ulysse, à travers toutes ses aventures, peut être considéré comme une figure de la condition humaine. En effet, c’est un personnage qui souffre face à l’adversité quasi constante durant ce périple. Il souvent influencé par des sentiments qui peuvent tour à tour l’aider ou le nuire. Ulysse n’est donc qu’un homme qui cherche seulement à rentrer dans sa patrie afin de retrouver les siens.


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