Le rire est-il une solution ?

dimanche 5 décembre 2010
par  BM

Écriture personnelle

Beaumarchais fait dire à Figaro : « Je me presse de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer. »

Le rire est-il une solution ?

Pour envisager une réponse à ce genre de question, fondée sur une citation, il faut d’abord commencer par trouver une problématique, mais surtout délimiter la réflexion.

- Si l’on parle de solution, c’est qu’il faut envisager la notion de problème ...
- Si l’on part de quelques définitions du rire (Baudelaire, Bergson, entre autres), et si l’on admet que le rire est la résultante, ou l’indice, d’une tension entre des contraires, des inconciliables, des différences, et si l’on part du principe qu’un problème est une situation dans laquelle on se trouve face à une difficulté, une interdiction, une contradiction, le rire peut d’abord se présenter comme une réaction normale, mais on ne prouve pas qu’il s’agisse d’une solution ...
- D’autre part, traiter du rire dans des situations joyeuses amènerait l’erreur logique de redondance, et de hors-sujet.
- Il faut donc essayer autrement. Proposition en plusieurs pistes, non développées, non illustrées, éventuellement à reconstruire :

1°) Le rire peut être un éclat qui résout une tension, un conflit, une crise.

- On peut trouver des exemples dans des situations de ce genre, que l’on appellera des problèmes :
- un danger qui fait peur (maladie, angoisse, stress, etc.).
- un affrontement qui serait inutile et dangereux (agressivité, injure, menace, etc.).
- un sentiment de malaise intérieur (honte, complexe, timidité, contrariété, etc.).

- Dans ces cas, c’est une solution efficace et à long terme, on a désamorcé un risque de conflit, on a séduit un adversaire, on a remporté une victoire contre soi-même, ou bien l’éclat de rire a permis de faire baisser la tension, et on affronte les faits dans un autre état d’esprit.

- Ce genre de rire rejoint celui que les thérapeutes tentent d’obtenir dans les clubs de rire, assimilables à des séances de yoga : on rit pour se détendre physiquement, pour apprendre à se détendre, pour anticiper des tensions.

2°) Le rire peut aussi être un moyen d’éviter une crise, ou de la refuser temporairement en cessant de la regarder : c’est une échappatoire, un anesthésique.

- On peut évoquer des situations très variées :
- la consolation d’un enfant, pour lui faire oublier son mal, sa souffrance, c’est une manière de faire patienter, dans l’oubli, et ensuite de faire prendre conscience que c’est fini, qu’on n’a plus mal.
- le rire humour noir, face à des situations incurables, qu’elles soient graves ou non, de la constatation de sa misère ou de son infortune à la connaissance de sa mort proche.

- Dans ces cas, on ne résout pas un problème, on ne change pas une situation, mais on prend (ou on fait prendre) du détachement face à cela, on comprend qu’il faut relativiser la gravité d’un fait. Le rire s’intériorise et s’intellectualise, fait réfléchir, et c’est l’esprit qui est amené à envisager qu’il n’y a pas de solution,donc qu’il n’est pas nécessaire de s’affliger, on rejoint une forme de stoïcisme (sauf quand on amuse un enfant qui s’est fait mal, le temps de lui faire oublier sa douleur : on pourrait aussi bien lui offrir un bonbon, un divertissement quelconque, et le rire est une diversion).

3°) Le rire peut aussi être un moyen de lutter contre l’intolérable.

- C’est le cas particulier du rire de dérision ou de critique :
- rire des bourreaux est un moyen de les dominer, de leur montrer qu’ils ne nous atteignent pas,le rire est une arme défensive.
- rire (et faire rire) des politiques qui nous gouvernent mal ou nous font souffrir est un moyen de lutter, la caricature est bien une arme offensive, non une diversion. On peut penser à l’humour à propos de la Shoah, aux dessins d’humour dans les journaux ou les émissions radiophoniques ou télévisées.

- Dans ces cas, on ne résout pas nécessairement un problème, mais on l’affronte.

Comment conclure ?

- Il apparaît que le rire n’est jamais vraiment une solution complète et définitive à des problèmes, puisque la solution de la misère se trouve dans l’enrichissement, celle de la maladie dans la guérison ou la mort, la douleur se résout dans l’apaisement, celle du chagrin dans le temps ou l’oubli, etc.
- En revanche, le rire apparaît comme un adjuvant intéressant, voire comme une thérapie par anticipation, et dans tous les cas il semble qu’apprendre à rire est un préalable, tandis que refuser de rire ne résout rien du tout.

Le syndrome de la queue du chien, et son développement selon le programme du BTS

- Est-ce que le chien remue la queue parce qu’il est heureux ?
- Est-ce que le chien est heureux parce qu’il remue la queue ?

- Est-ce qu’on rit pour être heureux ?
- Est-ce qu’on rit parce qu’on est heureux ?
- Est-ce qu’on est heureux parce qu’on rit ?


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En voici une première de Claude Creach, une autre de Sylvie Reboulleau.
Caroline Jegouic, sur son blog, montre deux de ses œuvres, que l’on ne peut pas copier : Antigone et Le cri d’Antigone.
Une sculptrice contemporaine, Michèle Charron-Wolf, a réalisé une Antigone en terre cuite, un sculpteur, Fernand Pouillon, une Antigone en pierre de Bourgogne.

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