Devoir maison "Théâtre"

samedi 18 décembre 2010
par  BM

Objet d’étude « Théâtre, texte et représentation »

Devoir à faire à la maison

- Le sujet est téléchargeable ci-dessous (sous deux formats) de manière à ce que vous puissiez plus facilement faire du copié-collé, pour éviter une saisie fastidieuse, dans un devoir rendu sous forme numérique.

- Les questions seront notées sur 8 points au lieu de 4, le travail d’écriture sur 12 points au lieu de 16 : cette modification est destinée à vous faire comprendre l’importance de la question sur corpus.

Consignes et conseils :

- Le devoir sera à remettre en classe le lundi13 décembre dernier délai.

- Vous pourrez utiliser un traitement de texte et remettre le devoir sous forme imprimée, soit en classe, soit en fichier joint dans un message de forum, ci-dessous, dans le délai imposé. Voici les consignes de mise en page :

- Marge de gauche : 5 centimètres.
- Police : Times ou Times New Roman, corps 12, noir.
- Alignement : justifié.
- Interligne : 1,5 ligne.
- Alinéa en début de paragraphe : minimum 1 centimètre.
- Espacement avant paragraphe : 12 points.
- Espacement après paragraphe : 0 point.
- Impression : recto seulement.
- Haut de première page : laisser au moins 10 ou 15 centimètres non imprimés.
- Citations entre guillemets, titres en italiques, noms d’auteurs en caractères droits.

- Vous aurez intérêt à bien utiliser votre correcteur orthographique, même si les texteurs ont des outils peu performants en ce domaine.

- Ceux d’entre vous qui veulent une aide (et pourquoi pas un bonus ?) à la remédiation de la langue écrite penseront à glisser dans leur copie la fiche de suivi orthographique, actualisée en fonction de tous les devoirs déjà corrigés.

Proposition de correction des questions sur corpus

A vous de trouver les indices textuels précis ...

Question 1 : les modalités théâtrales de la parole amoureuse.

Chez Molière, on a affaire à une dispute entre deux personnages, avec des répliques assez vives, du tac au tac, parfois sous la forme de stichomythie ; Arnolphe reproche à Agnès son amour pour un autre, lui demande de l’aimer, et elle refuse tout net, en argumentant.
- Cette parole amoureuse est déclinée avec la reprise permanente du verbe « aimer » qui change de sujet ou d’objet à chaque réplique : Horace, Agnès, Arnolphe.
- Dans cette dispute, Arnolphe ne semble pas avoir d’autres armes que l’autorité ou la menace, tandis qu’Agnès argumente avec des sentiments, et reprend même à son avantage des arguments d’Arnolphe.

Chez Racine, la parole amoureuse prend la forme d’une déclaration très réticente d’Hippolyte à Aricie, déclaration contournée et très imagée, accompagnée de compliments, de questions rhétoriques, de litotes.
- Elle a aussi la forme d’un historique, avec retour en arrière et explications sur la personnalité du déclarant.
- Mais le verbe « aimer » n’est pas prononcé une seule fois, seules les images de la soumission à une force attractive sont employées.
- On a donc une confession d’Hippolyte, en un long discours, devant Aricie étonnée et muette.

Dans la pièce de Musset, la parole amoureuse est plus complexe car on a trois personnages, dont deux (Camille et Perdican) déclarent leur amour pour l’autre, mais sans savoir qu’il (ou elle) est présent(e) et l’entend.
- Ils le déclarent d’abord sous la forme d’aveux, dans deux courts monologues pleins de sentiments de regrets et de repentir : chacun explique à tour de rôle quels obstacles il a cru rencontrer, puis quelle solution il aurait pu trouver, si bien que l’aveu secret se transforme en déclaration réciproque lorsqu’ils prennent conscience de leur présence.
- Une autre modalité théâtrale est utilisée, la présence insoupçonnée de Rosette, qui entend les deux déclarations grâce au principe de la double énonciation (involontaire), et qui comprend donc qu’elle est définitivement exclue du « jeu » amoureux.

La pièce de Becque nous montre une scène de reproche et de jalousie, dans laquelle les deux personnages s’affrontent et se menacent.
- Cette scène comporte une gestuelle très explicite, celle du mensonge de Clotilde et de la jalousie de Lafont, celui-ci exige une réponse claire à sa question mais Clotilde lui répond de façon évasive, sans employer le verbe « aimer », tout en le dominant psychologiquement et en le ridiculisant, puisqu’elle lui fait prendre conscience qu’il est jaloux, mais n’éclaire pas du tout sa propre vérité.
- On un renversement de situation, puisque l’agression verbale de Lafont se transforme en soumission aux mensonges de sa maîtresse.

Question 2 : les registres repérables dans ces quatre scènes.

Dans la pièce de Molière, le registre est comique et se repère à un grand nombre d’indices.
- Comique de situation, d’un vieil homme cherchant à faire changer d’avis une jeune fille amoureuse d’un autre, celle-ci restant obstinément fidèle à ses sentiments pour Horace, si bien qu’Arnolphe est quasiment cocu avant même d’avoir été marié.
- Comique d’action, dû à la vivacité des répliques, qui fusent sous la forme d’un échange très vif, avec invectives, réponses monosyllabiques, ce qui montre un caractère très fort chez Agnès.
- Comique de caractère, puisque la jeune fille est entêtée, mais aussi d’une naïveté et d’une franchise qui contrastent avec les paroles et les sentiments d’Arnolphe ; la colère du vieil homme le rend ridicule, tout comme ses demandes d’amour.

Dans Phèdre, on a plutôt un registre lyrique, et un peu de tragique.
- Le lyrisme d’Hippolyte est marqué par l’abondance de la première personne, par l’emploi de métaphores complexes et alambiquées pour ne pas dire “Je vous aime”, par l’hyperbole de certaines de ses images.
- Le tragique consiste dans la lenteur de cet aveu, comme si le jeune homme essayait de lutter contre des forces l’empêchant de se déclarer : la honte, l’abandon de sa fierté, la situation politique qui fait d’Aricie une ennemie.
- L’absence de toute gestuelle possible rend cette déclaration un peu pathétique, puisque Aricie ne fait aucun effort pour aider Hippolyte dans son aveu, et semble même ne pas ressentir d’émotion.

La pièce de Musset se caractérise surtout par son registre dramatique et tragique.
- L’abondance de mouvements, dans un espace assez grand pour que deux personnages ne se voient pas, la sortie de Camille à la fin, le rapprochement des deux amants puis leur séparation,sont dramatiques : on attend que quelque chose se passe du fait de cette confrontation.
- Les rapides alternances et revirements de sentiments (Camille accepte de retourner au couvent, malgré elle, Perdican regrette de l’avoir éloignée, puis l’un et l’autre se rejoignent) augmentent cette dramatisation.
- La tragédie vient du fait que la scène se passe dans une chapelle, et que les paroles sont d’abord adressées à un dieu qui est censé les prendre en compte, et les valider.
- De plus, Camille se soumet à une décision religieuse à laquelle elle n’adhère pas de plein gré, puis y renonce, et s’y soumet enfin par remords d’avoir contribué à la mort de Rosette, tout comme Perdican a été victime de son orgueil, force à laquelle il n’a pu résister, et qui lui a fait gâcher sa vie et celle des autres.
- De la même façon, le jeune homme prend peur des conséquences de son flirt avec Rosette, et accepte la décision de Camille alors que tout laissait penser qu’ils seraient heureux, ce qui marque l’ironie tragique.

L’incipit de La parisienne est comique et dramatique à la fois.
- Le comique de situation réside dans le renversement des rôles, qui montre un Lafont d’abord dominant et inquisiteur, puis ridiculement soumis aux caprices de Clotilde et à son discours envahissant.
- Le comique de caractère est marqué par la jalousie bête, obstinée, de Lafont, et par le jeu aguicheur et capricieux de Clotilde : un certain comique de répétition est lié à cet effet, avec les nombreuses répliques redoublées, ou triplées.
- La gestuelle du mépris est également comique, lorsque Clotilde jette les clefs et attend que son amant les ramasse et prenne une décision.
- La longue didascalie initiale montre aussi un comique de farce, puisque Clotilde simule d’avoir caché quelque chose dans un tiroir, alors qu’elle a simplement glissé une lettre sous un buvard, et les autres didascalies la montrent aussi menteuse et hypocrite.
- Une certaine dramatisation résulte de cela : l’affrontement devient de plus en plus tendu, jusqu’au moment où Clotilde se drape dans une sorte de dignité offensée, et menace Lafont. Si celui-ci ne cède pas, le risque est grand pour les deux personnages : ridicule de ne rien trouver dans un tiroir vide, découverte du mensonge.
- La tension retombe lentement, mais le thème abordé reste dangereux, puisque la conversation commence à porter sur ce qui fait la jalousie de Lafont, les jeunes gens : la crise ne semble donc pas finie, et on attend maintenant une “exécution” de Lafont par sa maîtresse.


Documents joints

DM "Théâtre" pour le 13 décembre (...)
DM "Théâtre" pour le 13 décembre (...)
DM "Théâtre" pour le 13 décembre (...)
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- 2004 : ES-S Théâtre L Épistolaire
- 2005 : ES-S Poésie L Théâtre
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- 2009 : ES-S Théâtre L Théâtre
- 2010 : ES-S Argumentation L Réécritures
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