Acte II, scène 5, vers 670-698

dimanche 7 novembre 2010
par  BM

Cette fois, c’est dit : « Je t’aime »

ACTE II, SCÈNE V.

Phèdre.

Ah ! Cruel, tu m’as trop entendue.

Je t’en ai dit assez pour te tirer d’erreur.

Hé bien ! Connois donc Phèdre et toute sa fureur.

J’aime. Ne pense pas qu’au moment que je t’aime,

innocente à mes yeux, je m’approuve moi-même ;

[...]

Foibles projets d’un cœur trop plein de ce qu’il aime !

Hélas ! Je ne t’ai pu parler que de toi-même.

Quelques pistes pour analyser le phénomène de la passion et de l’emportement :

Qu’est-ce qui constitue le tragique ?

- Les indices de lutte, de tentative : examinez la valeur des temps verbaux, et le lexique.
- Le désir de mort, d’expiation, marquant la certitude de commettre une faute grave, qui mérite châtiment : cherchez les images, le lexique.
- L’aspect moral d’un grand nombre d’expressions : recherchez le vocabulaire du bien et du mal, et plus précisément du jugement de valeur.
- La soumission aux dieux, ainsi qu’à une force plus terre à terre : cherchez plus loin que le vers 690 ...
- Y a-t-il du pathétique ? A chercher peut-être dans le lexique de la souffrance, mais aussi dans l’énonciation personnelle.

L’amour passion ?

- Le vers 673 !
- La description de ses effets ?
- Le lexique de l’entraînement, du besoin, de la nécessité.
- Le changement de personne dans l’énonciation pronominale.
- Le lexique contradictoire de l’amour et de la haine, sa valeur paradoxale, et peut-être un ou deux effets rhétoriques ?
- La reprise de l’historique fait à Oenone à l’acte I, mais avec des variantes dues à la simplification.

Y a-t-il du lyrisme ?

A chercher.

Quels axes de lecture pourraient être choisis pour construire un commentaire organisé de ce passage ?

Vos propositions ci-dessous ...

Quelles belles images littéraires peuvent être mémorisées en vue de l’épreuve orale, ou écrite ?

Faites-vous votre cahier de citations ...


Commentaires  (fermé)

Logo de Sanaa A.
dimanche 22 mai 2011 à 18h53, par  Sanaa A.

On a ici l’aveu direct de Phèdre de son amour pour Hippolyte.

1/ Pathétique de cette déclaration.

« cruel » est employé trois fois v. 671 v. 681 v. 684.
→ Phèdre essaye de trouver des excuses sans y arriver.
On a l’augmentation de la violence et la manifestation du désir de mourir de Phèdre.
Sentiment de honte de Phèdre : elle veut être punie.
→ amplification de la déclaration 1 (aveu indirect) à la déclaration 2 : _ Dans l’historique de la Crète, l’épée a servi à tuer le Minotaure. Ici, la violence est explicite, Phèdre réclame l’épée pour mourir. Elle est donc assimilée à un monstre.

Phèdre se présente comme une faible : _ « une faible mortelle » v. 682
→ humiliation devant celui qu’elle aime (victime)
Le refus d’Hippolyte de tuer sa belle-mère reflète le fait que Phèdre ne mérite pas d’être Victime : elle est plus bas
→ Suicide = échec.

Les questions rhétoriques v. 687, 694 montrent que Phèdre ne sait plus ce qu’elle dit, elle ne sait plus où elle en est.
v. 678 « je m’abhorre encor plus que tu ne me déteste »
→ elle perd toute dignité, elle dit qu’elle a honte et se méprise.
v. 697 « Faibles projets d’un cœur trop plein de ce qu’il aime »
→ Souffrance, impression d’inutilité.
« J’ai langui, j’ai séché... » = Chiasme.
Énonciation exclamative ou interrogative : « Hélas » ...

2/ Tragique de cet aveu

Le mot « Dieux » revient trois fois v. 681 682 ...
Phèdre ne vouvoie plus Hippolyte, elle le tutoie ce qui prouve qu’elle est désorientée, elle est contrôlée par une force trop grande pour elle. Elle aime malgré elle, c’est-à-dire par la faute des Dieux.

v. 698 « Je n’ai pu parler que de toi-même »
Elle a voulu demander de l’aide à Hippolyte mais a oublié, trop préoccupée par la passion qui la détruit.
Phèdre explique pourquoi elle a fait cette déclaration ; c’est l’affirmation tragique de quelqu’un qui subit une force trop grande.
Tragique qui empêche Phèdre de faire ce qu’elle veut. Elle ne se maîtrise pas.
Phèdre montre qu’elle a tout fait pour lutter et ne pas aimer Hippolyte. En disant tout cela, elle avoue sa culpabilité et demande une sanction.
Phèdre est obsédée, elle marque le pouvoir d’Hippolyte sur elle-même.

Elle est sous la domination de 3 forces :
→ Les Dieux (métaphore de l’amour (immatériel, sentimental))
→ Hippolyte
→ son enfant : symbole du drame politique.

3/ Images de la passion et lyrisme

v. 677 « objet infortuné de vengeance céleste »
v. 680 « le feu fatal... »
v. 688 « de nouveaux charmes »
v 690 « dans les feux, dans les larmes »
v. 695 « tremblante »
v. 697 « cœur trop plein »
v. 673 = LA DÉCLARATION avec deux fois le verbe "aimer"
v. 675-676 « le poison » du « fol amour qui trouble ma raison »
v. 678 « abhorre » et « déteste » en opposition avec le v. 688 : « haïssait » et « aimais ».
v. 682 « séduire le cœur »

Champ lexical de la guerre / haine :
« abhorre » v. 678 ; « la haine » v. 686 ; « haïr » v. 688 et 696.
+ champ lexical de l’amour :
« aime » *2 v. 673 ; « amour » v. 675 ; « le feu fatal » v. 689, « aimais » v. 688.

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