Acte I, scène 3, vers 153-184

dimanche 7 novembre 2010
par  BM

La passion et l’égarement de Phèdre

ACTE I, SCÈNE III.

Phèdre

N’allons point plus avant. Demeurons, chère Œnone.

Je ne me soutiens plus : ma force m’abandonne.

Mes yeux sont éblouis du jour que je revoi,

et mes genoux tremblants se dérobent sous moi.

Hélas !

[...]

Phèdre

Insensée, où suis-je ? Et qu’ai-je dit ?

Où laissé-je égarer mes vœux et mon esprit ?

Je l’ai perdu : les dieux m’en ont ravi l’usage.

Œnone, la rougeur me couvre le visage :

je te laisse trop voir mes honteuses douleurs ;

et mes yeux, malgré moi, se remplissent de pleurs.

Quelques pistes pour analyser cet échange de répliques entre Oenone et Phèdre :

- Le lexique du malheur, du trouble, tant psychologique que mental.
- L’énonciation de l’émotion.
- La grammaire de la contradiction et de la confusion.
- Les désirs contradictoires : aimer, mourir, sortir, rentrer, etc.
- Un dialogue à fonction analytique : le personnage d’Oenone set à obtenir des explications de Phèdre, c’est le rôle de la confidente, avec son inquiétude, son affection, ses reproches, etc.
- Portrait complexe, à la fois fait par Phèdre et par sa nourrice, ce qui donne un éclairage plus riche.

- La fonction théâtrale d’annonce : une femme aussi perturbée ne peut apporter que du malheur ...

- La question "Texte et représentation" : quels éléments textuels donnent à voir un geste, un mouvement, un regard, donnent à comprendre une attitude psychologique ? Etc.

Quels axes de lecture pourraient être choisis pour construire un commentaire organisé de ce passage ?

Vos propositions ci-dessous ...


Commentaires  (fermé)

Logo de Sanaa A.
jeudi 12 mai 2011 à 23h41, par  Sanaa A.

Absence de Thésée.

Volonté de départ d’Hippolyte pour deux raisons :
→ conflit avec Phèdre
→ Hippolyte aime Aricie et réciproquement
(C’est la situation théâtrale)

CONTENU FORMEL : (= forme théâtrale)
Dialogue Phèdre/Oenone sur le thème du désarroi de Phèdre.
Oenone veut des explications → Phèdre se confie.
Ce dialogue a une fonction analytique car il fait apparaître les raisons d’un comportement.
Phèdre est malheureuse (ton tragique)

Comment le lexique révèle-t-il le trouble ?

Description du désarroi physique :
" douleur " v. 183, "pleur" v. 161, "ma force m’abandonne (...) ne me soutient plus" v. 154, "mes genoux tremblent" v. 156.

Puis du désarroi mental :
" Tout m’afflige " v. 161 → marque d’une atteinte.
" égarer mes voeux et mon esprit " v. 180, " insensée " v. 179, "trouble" v. 171.

Phèdre est en situation de grande faiblesse.
Oenone a un rôle de donneuse de leçon. Elle reproche à Phèdre de manquer de force et d’avoir envie de mourir. Elle confirme le désarroi de Phèdre.
Phèdre se contredit toujours : Cf. v. 162

Quelle est l’énonciation du trouble ?
Redondance au niveau de la première personne : "Je" "mes" "mon"... Phèdre est centrée sur elle même.
Ponctuation excessive qui joue un rôle : Questions rhétoriques, exclamations v. 158 à 161.
→ Enonciation négative qui marque le regret, le désir v. 176 à 178 (Phèdre veut sortir de son palais avec H.
" Hélas " v. 157 marque le trouble.
Forme de prière v 169 à 172

Comment la grammaire de certaines phrases montre-t-elle la confusion ?

Procédé d’acumulation v. 161 "me" + rhétorique.
Obsession de Phèdre : seule contre "tout" (pronom indéfini) ; la tragédie est à la fois interne et externe.
Opposition de verbes passé / présent ► caprices de Phèdre.
Chiasme v. 166 à 168 : on a un désordre grammatical rhétorique et stylistique.
v. 179 → Questions qui montrent le désordre.
v. 184 " Et mes yeux malgré moi se remplissent de pleurs "
→ image hyperbolique (le "malgré moi" montre une sorte de schizophrénie), désir de mort contradictoire avec la volonté de sortir du Palais, ce qui révèle la passion. Phèdre SUBIT son désarroi.

La passion est la force qui domine Phèdre. C’est là que passion et tragique se rejoignent.

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