Les couleurs

vendredi 5 novembre 2010
par  BM

Pistes proposées pour l’exposé destiné à Zoé, Marlène et Floriane

Recensement désordonné à compléter, et débuts d’analyse, dans le désordre

- Visages blancs ou rouges, mouchoir blanc taché de rouge, yeux blancs d’aveugle derrière des lunettes noires ... ce sont des contrastes.
- Chien noir, appelé blanc par Clov : problème de la vérité ou du mensonge ?
- Noir / blanc = possibilité de contrastes à signification psychologique ?
- Attention toutefois de ne pas trop psychologiser sur cette pièce.
- Rapport avec les fenêtres, obturées puis laissant passer un peu de jour.
- La mer est du plomb : c’est gris. Y a-t-il des nuages ? A vérifier.
- Temps présumé de l’action : une fin de journée.
- Blanc : le fond du lac de Côme lors de la faillie noyade, dans le souvenir de Nell.
- Noir : visage de l’homme qui est venu voir Hamm il y a très longtemps.
- Noir = obscurité de l’aveugle, ou refus de voir le monde.
- Les couleurs du costume de Clov à la fin ?

Ensuite, des pistes pour une possible problématique : à classer, à réorganiser, à reformuler

- Puisque Beckett attachait beaucoup d’importance à ce qu’on respecte sa mise en scène, il faut partir de là : le peu de couleurs explicites a du sens.
- Soit symbole, soit création d’une atmosphère pour le spectateur.
- D’autre part, les couleurs implicites sont nombreuses, soit qu’elles puissent servir de didascalies internes pour un metteur en scène, soit qu’elles soient tirées de la description des objets : par exemple, un rat, c’est gris ; une mouette, c’est blanc, le sang, c’est rouge. La verdure, c’est la campagne inexistante, soit détruite, soit invisible, soit dans la mémoire.
- Paradoxe d’un théâtre où l’on nous donne à voir plus de choses hors champ que sur scène, par le regard de Clov, qui les dit à Hamm avec des mots que son cerveau d’aveugle doit interpréter pour en avoir compréhension ... ou par le discours nostalgique des deux vieux empoubellés, qui se remémorent les couleurs de leur jeunesse, ce qui devrait faire apparaître la signification du titre ...
- Si Fin de partie c’est la fin d’une partie d’échecs, noirs contre blancs, le roi noir (aveugle) est pat et ne peut plus bouger puisque le fou qui roulait son chariot s’en va, le roi blanc et la reine blanche sont morts dans les poubelles, ou bien sont en position de défense absolue puisqu’ils ne bougent plus ? Il reste un échiquier presque vide, le roi noir est vainqueur par abandon mais ne règne plus sur rien, etc.

Conclusion à faire complètement ?

Les couleurs participent à faire comprendre une "vision" pessimiste du monde, vision dérisoire, négative ; et la scène, c’est-à-dire le plateau de la représentation théâtrale (ce qui s’actualise, soit en vrai et visiblement, soit de manière intellectualisée, pour le cerveau et l’émotion du spectateur), va dans le même sens.

Plusieurs problématiques simplifiées pourraient être proposées, avec des plans.

- La carte heuristique associée sera peut-être utile.

Résumé de l’exposé fait par Zoé, Marlène et Floriane

Beaucoup de didascalies permettent de voir, ou de se représenter le décor et/ou l’environnement scénique.

Élaboration d’une atmosphère psychologique

- Le gris : oppression, prison.
- Les oppositions blanc/noir : innocence/culpabilité (penser au jeu d’échecs, et au principe de la lutte entre deux camps).
- Accord avec la volonté affirmée au début : « Finir ».
- Le temps/le moment : une fin de journée, semi-lumière, semi-obscurité (p. 46).
- La lumière a plusieurs fois le sens de la vie (La mère Pegg), et l’obscurité le sens de la mort. Le gris serait un entre-deux ?

Rupture entre monde intérieur et extérieur

- Pas de pénétration de la lumière à l’intérieur = perte de l’idéal ?
- Certaines couleurs sont imaginées, comme p. 55 : comique de la couleur du chien en peluche.
- Différence entre le monde vu sur scène et le monde vu (en souvenir) ou imaginé par Hamm, et suggéré par Clov : de la verdure, des forêts.

Couleurs à signification secondaire

- Le teint rouge de Hamm contraste avec le ton général plutôt gris ou pâle : Nell et Nagg ont un teint cadavérique.
- Couleurs reflet du monde : c’est un monde fini, ou finissant, ou détruit.

Certaines couleurs servent à élargir le lieu de l’action

- Couleurs en rapport avec le souvenir : p. 36, p. 54.
- Le noir et le blanc sont les couleurs du jeu d’échecs, le rouge représente le sang : images d’un monde d’affrontement, séparation en deux camps ou clans, lutte implicite, avec un gagnant et du sang versé. Certaines couleurs ont donc peut-être des significations symboliques ?
- Ces mêmes couleurs représentent-elles des notons morales ? Le bien contre le mal ? Le passé contre le présent ? Le passage du temps ?
- En tout cas, la cécité de Hamm, bien que ce soit une infirmité, est aussi un refus de voir le monde, une marque de pessimisme, une “vision” négative.

Conclusion

- Couleurs intenses ou ternes ? Il est difficile de faire une distinction entre les couleurs réelles ou imaginées, entre la vérité et l’illusion.
- Est-ce une mise en doute de la réalité du monde ? Pour le moins, une certaine subjectivité dans sa représentation.
- Et c’est un monde dérisoire, mais aux yeux de qui ?

Additions après l’exposé

- Penser au peintre qui voyait tout en gris p. 61 : « Il n’avait vu que des cendres ». Et pourtant Hamm lui avait montré le « blé qui lève » et les « voiles des sardiniers ».
- Penser au tableau retourné contre le mur : négation de la représentation, et visibilité de sa seule surface arrière, c’est-à-dire la toile écrue.
- Penser aux couleurs de certains animaux, comme la puce, le rat, la mouette, ou aux couleurs implicitement évoquées lorsque Hamm veut voguer vers d’autres cieux, vers le sud, sur un radeau.


Une carte heuristique sur les couleurs

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