La nature dans l’Odyssée

Un exposé fait par Emmanuel, Greyce et Emeraude
mardi 5 octobre 2010
par  F. Cahen

La nature est définie, par exemple, par un ensemble de ce qui n’apparait pas comme transformé par l’homme. Elle est aussi définie par les 4 éléments fondamentaux : l’eau, le feu, la terre et l’air. La nature est très importante pour les Grecs, nous allons donc nous intéresser à la nature dans les chants 5 à 13 de l’Odyssée, d’Homère. En effet, nous pouvons affirmer que la nature a plusieurs fonctions très importantes. Autrement dit, la nature dans l’Odyssée est comme un personnage secondaire adjuvant et opposant au personnage principal. Ainsi, peut-on dire que la nature est un obstacle ? Il s’agit de le démontrer en trois parties en montrant dans une première partie que la nature est abondante, puis dans une seconde partie qu’elle est capricieuse, voire dangereuse et enfin dans une troisième partie que la nature est protectrice.

Tout d’abord, on peut voir qu’il y de grandes ressources naturelles dans l’Odyssée. Dans le réel comme dans l’imaginaire, la nature est très abondante. Les chants où il a le plus d’évocations sur la nature sont les chants 5 et 9. Certaines fois les dieux ne font qu’un avec elle. À la page 84, vers 21 « Celui qui sait rallier les nuages lui répondit [...] » on voit bien le pouvoir qu’ont les dieux sur la nature. Il y a aussi une comparaison entre l’eau et les animaux « […] de l’azur il fondit ; puis le voilà, rasant les flots, comme le goéland […] ». Les dieux vivent aussi dans la nature, comme on peut le voir à la page 85, vers 57 « et il atteignit une grotte, où la nymphe aux belles boucles demeurait […] ». Enfin, on peut voir l’unité entre les dieux et la nature est évidente à la page 87, vers 132 « […] après que Zeus, de sa foudre aveuglante [..] ». La nature, ses couleurs, ses odeurs et ses animaux sont aussi fréquemment évoqués. Page 85, vers 56 « […] quittant la mer de couleur violette […] » Homère décrit les couleurs de la mer, puis à la page suivante, vers 59 à 61 « […] et l’odeur très loin du cèdre et du thuya bien sec se consumant parfumait l’île. » on voit qu’Homère décrit non seulement les paysages, mais aussi les parfums qu’il y a sur l’île. Toujours à la même page, le vers 63 « Un bois avait poussé près de la grotte aux richesses […] » montre qu’il y a beaucoup de végétation. Plus loin, vers 65 à 67 « Là, des oiseaux de vaste envergure nichaient, des chouettes, des éperviers, des criardes corneilles, oiseaux de mer dont les travaux sont sur la mer […] » montrent qu’il y a un bon nombre d’animaux. Puis enfin les vers 72 et 73 « […] fleurissaient des tendres prés de violettes et de persil. » indiquent que des fleurs, des fruits et des légumes poussent sur l’île.

Cependant, la nature peut aussi se montrer très capricieuse, voire dangereuse pour Ulysse et ses compagnons. En effet, durant tout le long de ses péripéties, il sera confronté à toutes sortes d’épreuves imposées par la nature (ou plus largement les dieux, qui contrôlent plus ou moins la nature). Il y a des dangers en mer, généralement des tempêtes envoyées par un dieu en colère (comme Poséidon qui n’aime pas Ulysse). On en retrouve une au page 92, vers 291 à 293 « Ce disant il rallia les nuages, troubla la mer, trident en main ; des quatre coins de l’horizon il déchaîna les quatre vents […] » où Poséidon envoie de rage une tempête à Ulysse, lorsqu’il apprend qu’il a pu quitter l’île où il était retenu par Calypso. Il y a une autre tempête au chant 10, mais cette fois-ci déclenchée par l’équipage d’Ulysse qui a ouvert le cadeau offert par Eole, le gardien des vents : une outre contenant les vents « […] ils défirent le nœud, tous les vents sautèrent dehors […] ». Il y a une dernière tempête chant 12, toujours par la faute de l’équipage d’Ulysse. Les hommes d’Ulysse ont en effet volé les bêtes sacrées d’un dieu, qui par vengeance va leur envoyer une tempête à laquelle seul Ulysse survivra « Zeus suspendit une nuage noirâtre par-dessus le navire profond, et la mer en fut obscurcie . » (Page 209, vers 5 et 6). Toutefois, Ulysse n’est pas confronté qu’à des tempêtes. Il devra aussi faire face à de nombreuses bêtes, ou à des monstres. Il y a au chant 9 la très célèbre rencontre entre Ulysse et le Cyclope Polyphème « Nous atteignîmes un pays hors-la-loi, les Cyclopes, faisant confiance aux Immortels […] » (page 145, vers107 et 108). On retrouve aussi Charybde et Scylla, le monstre qui a dévoré 6 des compagnons d’Ulysse et qui a effrayé tout l’équipage « Nous avançâmes vers la passe en gémissant : d’un côté attendait Scylla, et de l’autre Charybde […] » (page 204, vers 234 et 235). La nature a donc fait beaucoup obstacle à Ulysse tout le long de l’Odyssée, dans son voyage jusqu’à Ithaque. Beaucoup de ces éléments naturels étaient malgré tout contrôlés par les dieux.

Cependant, la nature peut aussi se révéler protectrice et bienfaisante pour Ulysse. Cette partie peut se diviser en deux, la nature qui protège un endroit, et la nature qui protège un individu. En effet, on peut dire que la nature protège la Phéacie. Pour pénétrer sur l’île, il faut passer une barrière naturelle « […] il nagea le long de la côte en regardant la terre pour trouver une grève en pente douce ou une crique. » (page96, vers 439 et 440). On remarque aussi qu’elle est boisée « Et si, gagnant cette hauteur aux bois touffus, je m’étends à l’abri d’un buisson, et que cèdent la fatigue et le froid […] » (page 97, vers 470 à 473 »). Tout cela nous prouve donc que la nature est protectrice et empêche quiconque d’accéder à l’île. Cependant, elle permet aussi à Ulysse de se protéger lorsqu’il y accoste, elle lui permet de s’y abriter « […] il y avait des feuilles en abondance suffisante pour abriter deux ou trois hommes en la saison d’hiver […] » (page 97, vers 483 à 485). Elle forme un berceau naturel pour Ulysse. L’île protège donc ses habitants, mais également les hommes qui y échouent. On remarque également que la nature recèle des grottes qui servent d’habitat à Calypso ou au Cyclope. Cela peut aussi être interprété comme une de ses fonctions protectrices, même si ces grottes ont aussi un côté effrayant pour l’homme.

En conclusion la nature n’est pas qu’un obstacle pour Ulysse. Même si elle peut se montrer très dangereuse, voire mortelle, elle a aussi sauvé Ulysse et lui a permis plus d’une fois d’échapper à la mort. En revanche, il apparaît que la nature est souvent dangereuse quand un dieu s’en mêle, tandis qu’elle est protectrice uniquement grâce au savoir faire d’Ulysse ou lorsqu’aucun dieu n’intervient. Une chose est sure, la nature est constamment présente tout au long de l’Odyssée et Ulysse interagira très souvent avec, dans toutes sortes de situations.


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