La force physique dans l’Odyssée

dimanche 3 octobre 2010
par  F. Cahen

Dans l’Antiquité, la force physique était plus adulée qu’elle ne l’est de nos jours. L’homme se devait d’être d’une grande physionomie et glorieux dans le domaine de la lutte, des jeux sportifs. C’est ainsi qu’on s’est posé la question suivante : Comment est représentée la force physique dans l’Odyssée  ? Tout d’abord nous verrons la force physique au niveau de l’héroïsme puis au niveau esthétique.

L’héroïsme est l’ensemble des vertus qui font de quelqu’un un héros, c’est-à-dire le courage, la bravoure, et le sacrifice. Ces vertus additionnées à la force d’Ulysse, permettent à ce dernier de survivre de nombreuses fois. Dans la citation « […] pourtant bien qu’épuisé, il n’oublia pas le bateau : nageant à sa poursuite parmi l’onde, il s’en saisit et remonta dessus, pour éviter la mort. » (p.94 v.324, 325,326). Il est nettement décrit que la survie du héros est due à sa force incomparable : "Bondissant, il saisit la roche des deux mains, s’y agrippa, grognant, jusqu’à ce qu’eût passé la vague." (p.96, v.428-429)

Ainsi, la force physique perçue par le point de vue héroïque montre l’intérêt que présentait la population à cette époque pour le sport, on le constate avec : « […] là-dessus, sans quitter l’écharpe, il bondit, prit un disque plus grand, plus gros et de loin plus pesant que celui dont les Phéaciens s’étaient servis. » (p129 v.186, 187,188), cela montre que c’était un moyen d’exposer sa force et sa vaillance à la vue de tous. « Le meilleur des coureurs fut Clytonnée l’irréprochable, de la longueur que couvrent les mulets dans la jachère, il devançait les autres quand il rejoignit la foule. », (p.127 v.123, 124,125) cette citation indique que l’accomplissement des tâches dures permettait de se distinguer les uns des autres. Entre autre la force physique qui procure une forme d’héroïsme dans l’œuvre d’Homère était autant adorée que la beauté qu’elle confère.

C’est pourquoi le physique à portée esthétique dans l’Odyssée se traduit par les signes de grâce, de puissance et de séduction, on le remarque avec la citation : « Alors Pallas, fille de Zeus, le fit paraître plus grand, plus vigoureux, déroulant sur sa nuque une toison bouclée comme la fleur de la jacinthe. » (Chant VI, V.229 à 231) Athéna aide Ulysse à devenir plus attrayant aux yeux de Nausicaa.

De plus les modèles de la beauté parfaite étaient sans conteste les dieux, les hommes voulaient leurs ressembler, « Euryale enfin, rival d’Arès, malheur des hommes, et fils de Naubolos, le plus grand, le plus beau. » (Chant VIII, V.115à116) c’était une distinction et un agrément pour les nobles ; c’est pourquoi ils s’observaient entre eux pour savoir qui étaient le plus beau, le plus fort, l’un n’allait pas sans l’autre. La citation où Laodamas s’exprime nous montre qu’il a examiné Ulysse : « A l’étranger, amis demandons s’il connaît peut-être ou pratique l’un de ces jeux : il n’est pas mal bâti, ces cuisses, ces mollets, les deux bras au dessus, ce cou puissant, ce torse large ; il a toute la force de la jeunesse… » (Chant VIII, V.133 à137) Les jeux notamment permettaient d’étaler ses atouts physiques. La civilisation décrite dans l’Odyssée accordait une grande importance aux apparences, et la force physique joue en faveur de l’homme : accorderait-on autant d’intérêt à Ulysse chez les Phéaciens, s’il n’était pas si fort ?

Finalement que ce soit pour affronter l’adversité ou pour l’amour de la gloire, la force physique est très présente dans l’Odyssée. Mais on peut se demander dans quelle mesure, chez Ulysse, la force est naturelle ou bien plutôt un don d’Athéna, qui régulièrement le fait paraître plus attrayant aux yeux des autres, ou l’aide dans les circonstances les plus rudes.

De Kristina, Linda et Nahar.


Brèves

Tous les bacs blancs

vendredi 9 mai 2014

Pour naviguer dans le répertoire de bacs blancs ...
Cliquez sur les bulles pour déplier la carte. Ensuite, les fichiers textes s’ouvriront au clic sur la flèche rouge.
Il y en a déjà 83 ... à suivre. Bonne lecture.

Antigone relue ...

lundi 9 septembre 2013

Une réécriture irrespectueuse

Les boloss des Belles Lettres ont commis un nouvel attentat contre la majesté de l’écriture antique. C’est ici.

Essayez aussi la « Twittérature », pour voir.
La réécriture de Madame Bovary est savoureuse ... c’est ici.

12 années d’EAF en métropole

vendredi 21 juin 2013

- 2002 : ES-S Argumentation L Poésie
- 2003 : ES-S Biographique L Réécritures
- 2004 : ES-S Théâtre L Épistolaire
- 2005 : ES-S Poésie L Théâtre
- 2006 : ES-S Argumentation L Poésie
- 2007 : ES-S Argumentation L Biographique
- 2008 : ES-S Roman L Roman
- 2009 : ES-S Théâtre L Théâtre
- 2010 : ES-S Argumentation L Réécritures
- 2011 : ES-S Roman L Théâtre
- 2012 : ES-S Poésie L Renaissance et Humanisme
- 2013 : ES-S Roman L Réécritures

Et pour la suite, voyez le site de Philippe Lavergne !

Lorenzaziccio en TL ...

samedi 16 mars 2013

Deux réécritures amusantes, mais irrespectueuses.
Zazie ici, Lorenzaccio .
Lorenzaziccio

Antigone, arts plastiques

samedi 16 février 2013

Des peintres contemporains ont représenté Antigone.
En voici une première de Claude Creach, une autre de Sylvie Reboulleau.
Caroline Jegouic, sur son blog, montre deux de ses œuvres, que l’on ne peut pas copier : Antigone et Le cri d’Antigone.
Une sculptrice contemporaine, Michèle Charron-Wolf, a réalisé une Antigone en terre cuite, un sculpteur, Fernand Pouillon, une Antigone en pierre de Bourgogne.

Réécrire : pourquoi ?

mercredi 19 décembre 2012

Statistiques

Dernière mise à jour

dimanche 3 septembre 2017

Publication

502 Articles
Aucun album photo
8 Brèves
Aucun site
15 Auteurs

Visites

462 aujourd'hui
846 hier
1153366 depuis le début
25 visiteurs actuellement connectés