Octobre

dimanche 3 octobre 2010
par  BM

Chaque semaine, une phrase de grec ancien sera mise en ligne, et proposée à votre sagacité. Vous utiliserez le Bailly en ligne, vos lexiques, et vous donnerez une traduction sous la forme d’un commentaire attaché à cet article. Vous n’omettrez pas de vous identifier, si vous voulez avoir la prime au(x) gagnant(s) ...

Semaine du 4 octobre

- Voici une phrase d’un des fondateurs de la démocratie grecque à Athènes, législateur, un des 7 sages de la Grèce.

- Γηράσκω δʹαἰεὶ πολλὰ διδασκόμενος.

Solon, Élégies.

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Solon

Pour vous aider, pensez à la fonction du participe présent, qui peut être apposé au sujet d’un verbe à un mode personnel.

Arrêt des enregistrements jeudi 7 octobre vers 23 heures.

Il est un peu plus de 23 heures, voici la traduction de Jean-Jacques Rousseau, dans Les Rêveries du promeneur solitaire, 1776-1778, œuvre publiée après la mort de Jean-Jacques. Lisez le début de cette Troisième Promenade ici, puis l’œuvre entière, c’est le premier texte littéraire pré-romantique.

"Je deviens vieux en apprenant toujours."

Solon répétait souvent ce vers dans sa vieillesse.

Il a un sens dans lequel je pourrais le dire aussi dans la mienne ; mais c’est une bien triste science que celle que depuis vingt ans l’expérience m’a fait acquérir : l’ignorance est encore préférable. L’adversité sans doute est un grand maître, mais il fait payer cher ses leçons, et souvent le profit qu’on en retire ne vaut pas le prix qu’elles ont coûté. D’ailleurs, avant qu’on ait obtenu tout cet acquis par des leçons si tardives, l’à-propos d’en user se passe. La jeunesse est le temps d’étudier la sagesse ; la vieillesse est le temps de la pratiquer. L’expérience instruit toujours, je l’avoue ; mais elle ne profite que pour l’espace qu’on a devant soi. Est-il temps au moment qu’il faut mourir d’apprendre comment on aurait dû vivre ?

Semaine du 11 octobre

Voici encore une phrase de poésie amoureuse, dont vous trouverez les mots rares très facilement dans le dictionnaire Bailly en ligne. Vous découvrirez les adjectifs possessifs.

- Σὸν γὰρ φθινόπωρον ὑπέρτερον εἴαρος* ἄλλης,

χεῖμα σὸν ἀλλοτρίου θερμότερον θέρεος** .

- (* = ἔαρος)
- (** = θέρους)

Paul le Silentiaire

Arrêt des enregistrements jeudi 14 octobre vers 23 heures.

Semaine du 18 octobre : deux phrases pour le prix d’une

1°) Le plaisir de la vengeance : elle se mange froide et se prépare longtemps d’avance. La morale grecque est très élastique ...

Voici un extrait de poème de Théognis de Mégare. Vous chercherez où se trouve cette ville.

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Théognis de Mégare

- Εὖ κώτιλλε τὸν ἐχθρόν · ὃταν δʹ ὑποχείριος ἔλθη*͵

τῖσαί*** νιν**͵ πρόφασιν μηδεμίαν θέμενος.

- (* ἔλθη = subjonctif aoriste du verbe ἔρχομαι, venir. Avec la conjonction ὃταν cela exprime une temporelle à valeur éventuelle : quand, lorsque)
- (** νιν = αὐτόν)

- Examinez le tableau de conjugaison : il y a deux impératifs dans cette phrase. Le second est plus difficile ... Je l’indique par trois *. Cherchez τίνω dans le Bailly.
- θέμενος est un participe aoriste moyen de τίθημαι signifiant à peu près poser, placer, prendre. C’est son c.o.d. qui vous guidera pour la traduction.

2°) Une phrase beaucoup plus grave, presque tragique, du même auteur.

- Ἂφρονες ἂνθρωποι καὶ νήπιοι, οἳτε* θανόντας

κλαίουσʹ͵ οὐδʹ** ἥβης ἄνθος ἀπολλύμενον.

- (* οἳτε est un pronom relatif complété de -τε, au nominatif masculin pluriel, sujet de κλαίουσʹ = κλαίουσιν, par élision)
- (** οὐδʹ signifie "et ... ne ... pas" et relie les deux c.o.d. de κλαίουσιν)

Tentez un peu de style pour ne pas faire du mot à mot. Il y aura une prime spéciale "Vacances d’automne".

Proposition de traduction pour ces deux phrases

1°) Flatte bien ton ennemi, et quand il vient à portée de main, frappe-le, sans prendre aucun prétexte.

2°) Pleurer les morts est chose et vaine et insensée,

Quand la fleur de la jeunesse, elle, n’est pas pleurée.

C’est la traduction de Robert Brasillach. Mais franchement, je préfère celle de Cécile.


Commentaires  (fermé)

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mercredi 3 novembre 2010 à 22h50, par  B Maréchal

Le point de vue du professeur

La traduction d’Élise, arrivée avec un peu de difficulté dans des tuyaux informatiques complexes, est bonne.

Pour la première phrase, l’expression "quand il arrive, soumis" ne rend pas bien l’image d’avoir quelqu’un sous la main, ou à portée de main.

Pour la seconde phrase, "puérils" est intéressant, et le choix d’une tonalité plus abstraite pour le reste est acceptable aussi.

Note : 16/20

Traduction de Camille pour la première phrase du 18 Octobre.

C’est bien, même si c’est un peu maladroit de traduire "à tes pieds" une expression qui veut dire plutôt "à portée de ta main".

Note : 16/20

Traduction de Cécile pour les deux phrases du 18 Octobre.

C’est excellent, style vif et précision.

Note : 19/20

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mercredi 3 novembre 2010 à 21h32, par  Élise Ch.

Voici les deux traductions que je propose (je n’ai pas pu les envoyer avant car mon ordinateur était en panne) :

Première phrase : "Séduis bien l’ennemi : quand il arrive, soumis, punis-le sans donner aucun motif".

Deuxième phrase : "les hommes sont insensés et puérils, eux qui déplorent la mort et non la rose de jouvence qui se fane..."

(commentaire personnel : carpe diem)

Élise Ch.

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mercredi 20 octobre 2010 à 19h49, par  Cécile B. 1S4

Bonsoir,

Ayant trouvé un peu de temps pour la faire, je vous soumets ma modeste traduction pour la deuxième phrase :

Insensés sont les hommes et les femmes qui pleurent leurs morts, au lieu de pleurer la fleur de leur jeunesse passée.

Bonne soirée.

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mercredi 20 octobre 2010 à 19h08, par  Camille

Je tente ma chance pour la première citation :

Séduis bien celui que tu détestes mais quand il te sera soumis, fais lui payer en ne posant aucun prétexte.

=

Séduis ton ennemi mais quand il sera à tes pieds, punis-le en ne cherchant aucun prétexte.

(Pour la deuxième je n’ai que le mot à mot mais je n’arrive pas à la reformuler)

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mercredi 20 octobre 2010 à 15h59, par  Cécile B. 1S4

Voilà ma proposition pour la première phrase :

Aie l’art de flatter ton ennemi ; et, lorsqu’il sera sous ta coupe, châtie-le sans chercher de prétexte.

La deuxième viendra peut-être ce soir...

Bonne fin d’après midi.

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jeudi 14 octobre 2010 à 22h34, par  B Maréchal

Jeudi soir, 22 h 30 : arrêt du jeu du 11 octobre

Le point de vue du professeur sur les quatre traductions

Traduction d’Adeline
« En effet ta fin d’automne est préférable au printemps, et ton hiver est plus chaud qu’un autre été. »

- ἄλλης n’est pas traduit ?
- ἀλλοτρίου pourrait être plus explicite.
- C’est très bien tout de même. Note 16/20.

Traduction de Mathilde L
« Ton automne est mieux que le printemps d’une autre,
Ton hiver est plus brûlant que son été. »

- C’est très bien, mais « mieux » est un adverbe et convient mal pour traduire en bon français l’adjectif ὑπέρτερον qui est une sorte de comparatif de la préposition ὑπέρ (au-dessus).
- ἀλλοτρίου non plus n’est pas rendu avec assez d’exactitude. Pourquoi introduire un possessif qui suppose qu’on parle de la même personne, qui n’est d’ailleurs pas définie ?
- Note 17/20.

Traduction d’Élise
« Ta fin d’automne est supérieur au printemps d’un autre, ton hiver est plus chaud qu’un été étranger »
- ἄλλης est un féminin !!! Comme le mot « fin », d’ailleurs, donc « supérieure » ?
- ἀλλοτρίου ici non plus n’est pas rendu avec assez d’exactitude.
- Note 15/20.

Traduction de Camille
« Ta fin de l’automne est en effet mieux que les matins , mais par contre, ton hiver est comme la chaleur de l’été »
(=Ta fin de l’automne est en effet mieux que les matins, contrairement à ton hiver qui est comme la chaleur de l’été)
- εἴαρος c’est le printemps ; il y a ici un jeu sur les quatre saisons, les quatre âges de la vie … Si on traduit par "matin", on casse l’effet poétique.
- « mais par contre » est lourd.
- Mais surtout θερμότερον n’a pas été compris : c’est le comparatif de l’adjectif θερμός qui signifie chaud.
- Pas de note pour cette fois : inutile de noter en dessous de quinze, n’est-ce pas ?

Proposition de traduction
« J’aime mieux ton automne que le printemps d’une autre,
ton hiver brûle plus que les autres étés. »

- On avait ici un petit poème des paradoxes, une déclaration d’amour à une femme d’un certain âge, plus attirante que les jeunettes traditionnellement évoquées dans la poésie élégiaque ou amoureuse.

Logo de Camille C.
mercredi 13 octobre 2010 à 18h51, par  Camille C.

Ta fin de l’automne est en effet mieux que les matins , mais par contre, ton hiver est comme la chaleur de l’été

(=Ta fin de l’automne est en effet mieux que les matins, contrairement à ton hiver qui est comme la chaleur de l’été)

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mercredi 13 octobre 2010 à 13h37, par  Elise

Ta fin d ’automne est supérieur au printemps d ’un autre , ton hiver est plus chaud qu’un été étranger .

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mardi 12 octobre 2010 à 14h02, par  Mathilde L

Ton automne est mieux que le printemps d’une autre,

Ton hiver est plus brûlant que son été.

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dimanche 10 octobre 2010 à 19h08, par  Adeline

Traduction :

En effet ta fin d’automne est préférable au printemps, et ton hiver est plus chaud qu’un autre été.

Bonne soirée !

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jeudi 7 octobre 2010 à 23h10, par  B Maréchal

Traduction d’Élise : le point de vue du professeur

- Grammaticalement juste, mais pourquoi n’avoir pas mis de ponctuation, pour faire sentir le jeu d’opposition entre vieillesse et apprentissage ?
- Laissez le mot « choses » de côté dans tous vos devoirs, à l’exception de « quelque chose » ou « autre chose » ou « pas grand-chose » ...

Note : 15/20.

Logo de B Maréchal
jeudi 7 octobre 2010 à 22h57, par  B Maréchal

Traduction d’Albane : le point de vue du professeur

- C’est un peu lourd, mais grammaticalement bien trouvé.

Note : 14/20.

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jeudi 7 octobre 2010 à 22h54, par  B Maréchal

Traduction de Camille : l’avis du professeur

- C’est bien. Le choix de ne pas traduire πολλὰ par "choses" est judicieux.
- L’opposition est acceptable aussi.

Note : 16/20.

Logo de Elise
jeudi 7 octobre 2010 à 19h09, par  Elise

Je vieillis toujours en apprenant beaucoup de choses.

Reflexion personnelle : Phrase que je médite tous les jours ...

Bonne soirée .

Logo de Albane
mercredi 6 octobre 2010 à 13h42, par  Albane

Γηράσκω δʹαἰεὶ πολλὰ διδασκόμενος.
Je veillis en étudiant/ en apprenant de nombreuses choses.

Logo de Camille
dimanche 3 octobre 2010 à 23h43, par  Camille

Γηράσκω Nominatif Vieillir
δʹ (δε) d’un coté,mais
αἰεὶ (viens de αεὶ) toujours
πολλὰ beaucoup
διδασκόμενος. apprendre

ma réponse est :
“Je vieillis mais j’apprends toujours beaucoup.

Sites utilisés : http://helios.fltr.ucl.ac.be/lexique/
http://home.scarlet.be/tabularium/bailly/index.html

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vendredi 9 mai 2014

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lundi 9 septembre 2013

Une réécriture irrespectueuse

Les boloss des Belles Lettres ont commis un nouvel attentat contre la majesté de l’écriture antique. C’est ici.

Essayez aussi la « Twittérature », pour voir.
La réécriture de Madame Bovary est savoureuse ... c’est ici.

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Lorenzaziccio en TL ...

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Deux réécritures amusantes, mais irrespectueuses.
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Antigone, arts plastiques

samedi 16 février 2013

Des peintres contemporains ont représenté Antigone.
En voici une première de Claude Creach, une autre de Sylvie Reboulleau.
Caroline Jegouic, sur son blog, montre deux de ses œuvres, que l’on ne peut pas copier : Antigone et Le cri d’Antigone.
Une sculptrice contemporaine, Michèle Charron-Wolf, a réalisé une Antigone en terre cuite, un sculpteur, Fernand Pouillon, une Antigone en pierre de Bourgogne.

Réécrire : pourquoi ?

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