Montaigne, Essais

dimanche 13 juin 2010
par  BM

Comment se préparer à l’explication du texte de Montaigne (Essais, I, L)

Supposons une question : comment ce texte définit-il ce qu’est un « essai » au sens argumentatif du terme ?

Proposons une réponse : par la métaphore même de l’essai, liée au sens du verbe essayer, et les images employées dans ce passage par Montaigne.

Comment travailler le texte ?

Première approche du texte
- Partir des images, nombreuses : images de la marche, de la progression, de l’erreur, images de l’aventure, de l’imprévu, images de l’attaque d’un sujet par différents angles, montrant toutes que la pensée procède par approximations, rapprochements, abandons, etc.
- Ces séries d’images se complètent.
- On peut aussi montrer qu’un essai est obligatoirement subjectif, même si d’autres que Montaigne sont passés déjà sur ce chemin, ils ne voient pas les mêmes choses, et il aborde le sujet autrement.

Autre approche
- On montrera que l’écriture même, et la grammaire, qui emploie des à-peu-près, des retours en arrière, des séries parallèles ou opposées, correspond à la définition de l’essai et à la description de la pensée.
- On pourra s’appuyer sur l’image de la page 227,qui montre les ratures, les modifications, par rapport au texte fini qui est page 226 : la pensée évolue avec le temps, l’écriture aussi, on retouche ce qu’on a écrit parce que cela ne correspond plus à ce que l’on pense aujourd’hui, ou bien on a modifié son opinion grâce à des lectures, des rencontres, etc.

Pour conclure
- Vous montrerez que votre approche du texte de Montaigne est assez semblable à l’approche des sujets de réflexion qu’il décrit dans ce passage : vous observez le lexique, les images, la thématique, la logique, et vous aboutissez à la compréhension qu’un essai est une tentative intellectuelle de s’approcher d’un sujet de réflexion, après d’autres, en tenant compte de ce qui a déjà été dit, et vous tournez autour jusqu’à avoir une vision plus claire, ou jusqu’à renoncer, mais avec des arguments.

Quels éléments concrets peut-on relever dans le texte pour appuyer sa lecture ?

Les images de la marche
- « sondant le gué de bien loin, et puis le trouvant trop profond pour ma taille, je reste sur la rive »
- « que je ne peux pas passer de l’autre côté »
- « Tantôt je le mène en promenade »
- « le chemin étant si frayé, qu’il ne peut marcher que sur la piste d’autrui »
- « choisir la route qui lui semble la meilleure »
- « entre mille sentiers, il dit que celui-ci, ou celui-là a été le mieux choisi »

Les images de l’attaque ou de la pénétration ou de la préhension
- « parmi les cent membres et visages, que possède chaque chose j’en prends un tantôt pour le lécher seulement, tantôt pour l’effleurer et par fois pour le pénétrer jusqu’à l’os. »
- « Je lui donne un coup de scalpel […] le plus profondément que je puis »
- « saisir par quelque aspect inusité »

Les images de la variété
- « j’emploie toutes sortes d’occasions »
- « Tantôt dans un sujet vain, un sujet de rien »
- « Tantôt je le mène en promenade vers un sujet noble et rebattu »
- « de mille sentiers »
- « celui-ci, ou celui-là a été le mieux choisi »
- « parmi les cent membres et visages »
- « Semant ici un mot, là un autre »

Les tournures grammaticales qui montrent la variété
- « Tantôt […] tantôt »
- « celui-ci, ou celui-là »
- « Tantôt […] tantôt […] et parfois »
- « non pas […] mais »
- « ici un mot, là un autre »
- « je ne suis pas tenu de traiter sérieusement […] ni d’y adhérer moi-même »
- « au doute et à l’incertitude »
- « Cette même âme de César, qui se fait voir […] se fait voir aussi »
- « non seulement à […] mais encore à […] et même à »


Si vous avez des remarques complémentaires, des reliquats de prises de notes qui pourraient compléter cette analyse, déposez-les en fichier joint dans un petit commentaire attaché à cette page.


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Montaigne, le texte dans sa langue originale
Montaigne, le texte dans sa langue originale

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